Auberge Aux 4 saisons: des pros à Orford

Au restaurant de l'auberge Aux 4 saisons, ce... (Photo: René Marquis, La Tribune)

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Au restaurant de l'auberge Aux 4 saisons, ce n'est ni avant-gardiste ni branché, mais on y trouve tout ce qui compte, soit une cuisine bien faite, raffinée sans être chichi, réconfortante sans devenir costaude.

Photo: René Marquis, La Tribune

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Quand j'étais enfant, ski et gastronomie étaient deux mots qui allaient bien ensemble. Après une journée sur les pentes, on partait manger à la Crêperie bretonne de Sainte-Adèle, ou, si on avait envie de se gâter, on bifurquait vers La Sapinière, à Val-David, savourer des escargots à la bourguignonne. L'après-ski dans les petits villages des Laurentides et des Cantons-de-l'Est avait des parfums de sauce béarnaise, de viande grillée, de raclette prête à s'abandonner.

Aujourd'hui, parlez de ski et de nourriture à tout gourmet et il commencera à se plaindre de la poutine vendue dans les centres de ski, des pogos, des ailes de poulet, bref, de la piètre qualité de la nourriture servie à la montagne et dans les pubs néo-tex-mex des villages de bas de pente.

Demandez-lui où trouver une soupe à l'oignon gratinée digne de ce nom, ou une vraie fondue au vacherin servie par un garçon de table qui sait la différence entre un riesling alsacien et un sauvignon blanc néo-zélandais, et il devra y réfléchir de longues minutes.

Je suis toutefois tombée récemment sur une de ces bonnes petites adresses d'après-ski près du mont Orford: le restaurant de l'auberge Aux 4 saisons, sur la route menant vers la montagne, quand on prend la sortie 115 de l'autoroute des Cantons-de-l'Est.

On y mange bien, le service est cordial et professionnel et l'atmosphère, chaleureuse. Ce n'est ni avant-gardiste ni branché, mais on y trouve tout ce qui compte, soit une cuisine bien faite, raffinée sans être chichi, réconfortante sans devenir costaude.

Lorsqu'on choisit la table d'hôte, on commence par une salade ou une soupe. Tout de suite, on comprend qu'on est chez des amateurs de cuisine française, qui travaillent avec des techniques françaises. Une bonne dose de crème enrichit le coulis de poivron jaune, et ail et vinaigre se côtoient élégamment, sans sucre, dans la vinaigrette dont on a enrobé une généreuse montagne de mesclun.

En entrée, les crevettes frites sont très chaudes et croustillantes et on les trempe dans une mayonnaise juste assez relevée. Le foie gras au torchon, très fin, s'offre à nous avec beaucoup de mousse de dattes et des pistaches. On nous recommande pour accompagner ce plat riche et copieux un petit verre de Gaillac doux, plutôt que du Sauternes, et ça marche. La salade aux topinambours fumés s'avère plus légère mais manque un peu d'acidité pour ponctuer notamment les gros morceaux de poireau, trop aqueux.

En plat principal, les tortellinis servis dans une sauce rosée, enrichie d'oignon et de lamelles de porc, sont savoureux, copieux et rassurants. On en a trois fois trop. Qu'importe. On rapporte le tout à la maison pour la boîte à lunch du lendemain au ski.

Même chose avec l'immense morceau de haut de côte de boeuf braisé, tendre, servi avec raviolis aux champignons et pleurotes. Un bonheur pour amateurs de viande et de saveurs boisées.

Le bar sauvage, lui, est plus sec, mais présenté baignant dans un jus de veau très onctueux et rempli de gnocchis et d'escargots. Une combinaison inusitée qui fonctionne fort bien, notamment grâce à la touche de fraîcheur des choux de Bruxelles encore bien croquants.

Au dessert, la croustade de poire manque un peu de vanille pour mieux faire ressortir les parfums du fruit. Les amateurs tomberont toutefois sur le dos de joie devant les profiteroles ou le fondant au chocolat, deux desserts on ne peut plus classiques, vus et revus, mais servis ici exactement comme on le veut, immenses, avec beaucoup de sucre et beaucoup de chocolat de bonne qualité.

Il y a des restaurants qui veulent épater en inventant et en réinventant. D'autres qui veulent plaire en servant des valeurs sûres préparées professionnellement. Le restaurant de l'auberge Aux 4 saisons fait partie de cette école classique. On ne sera pas étonné d'apprendre que le chef, Antoine Rheault, comme plusieurs autres membres de l'équipe, a fait ses classes au Manoir Hovey. Il est jeune et peaufine pour le moment les traditions plutôt que de prendre des risques. Voilà un bon chemin à suivre pendant encore quelques années.

Restaurant de l'auberge Aux 4 saisons

4940, chemin du Parc, Orford, 819-847-2555

Prix: La table d'hôte à trois services, comprenant thé ou café, va de 32$ à 47$. Desserts, vin, taxes et service en plus.

Service: Service professionnel et très courtois offert par des gens qui savent ce qu'ils font et ce dont ils parlent.

Carte de vins: Intéressante sélection bien variée du sommelier Michael, très majoritairement en importation privée. Beaucoup de crus autour d'une cinquantaine de dollars. Les mardis, les bouteilles sont offertes au prix coûtant.

Style et atmosphère: Restaurant accueillant qui n'a pas de prétention côté décor mais offre un bel équilibre entre la chaleur du bois et une certaine fraîcheur moderne (photos d'arbres sur les murs, éclairage bien dosé, beaucoup de tabourets).

+ Un restaurant qui ne frime pas, qui fait les choses avec professionnalisme.

- Des portions énormes, mais qu'on demande d'emballer pour la boîte à lunch du lendemain aux sports d'hiver.

On y retourne? Oui.




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