Lawrence: au-delà du néo-rustique

Le Lawrence se veut un resto de quartier... (Photo: David Boily, La Presse)

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Le Lawrence se veut un resto de quartier sans prétention. Et c'est ce genre de plats qui fait tout son charme.

Photo: David Boily, La Presse

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Si je n'avais pas à essayer de nouveaux restaurants chaque semaine, j'en adopterais sûrement quelques-uns où je retournerais régulièrement. Pour le plaisir de devenir une habituée. Pour m'en faire une nouvelle maison. Olive + Gourmando. Le Comptoir charcuteries et vins. Kazu. Des endroits conviviaux avec une bonne carte de vins nature où tout est bien préparé, savoureux, à des prix accessibles, par des gens sans prétention pour qui bâcler n'est jamais une option.

Sur cette liste, il y aurait aussi une place pour un petit nouveau: le Lawrence du boulevard Saint-Laurent, dans le Mile End, ouvert l'automne dernier par le chef Marc Cohen et le maître d'hôtel Ethan Wills, qui oeuvraient, jusqu'à la fin de l'été dernier, au Sparrow, à quelques pas de là (une troisième associée, Sefi Amir, travaille également en salle).

Au Lawrence, on retrouve la même ambiance vaguement rétro, sans clinquant, qui marquait le Sparrow, mais le style néo-britannique façon gastro-pub de la déco n'y est plus. Exit les touches un peu Laura Ashley. À la place, l'environnement anthracite et blanc est ponctué de points de lumière qui construisent une ambiance romantique sur fond post-industriel.

Pour le brunch du week-end, à moins d'arriver avec un groupe de plus de cinq personnes, on ne réserve pas au Lawrence. On attend assis dans un canapé vieillot, en buvant un premier verre de vin choisi par la sommelière Etheliya Hananova. C'est un restaurant de quartier qui dépasse la mode actuelle du néo-rustique. Qui l'amène plus loin. Ce style pub moderne que l'on avait découvert au Sparrow continue d'y évoluer.

En entrée, par exemple, on propose une salade de langue de boeuf, ultra tendre, fondante, avec fenouil bien croquant et amplement de persil, combinaison liée par des lentilles et une sauce verte peut-être légèrement trop abondante que les croûtons ont un peu de difficulté à équilibrer. Les huîtres, petites mais bien goûteuses et fraîches, se nomment Glacier Bay et Lambertini, deux variétés que l'on retrouve sur la côte Ouest.

En plat principal, la tarte aux cèpes plaira aux amateurs, puisque leur saveur typique marque profondément une pâte feuilletée un peu costaude. Morceaux de champignons, oeuf de cane sur le plat et tombée d'épinards complètent cette combinaison végétarienne riche et réconfortante qui ne laissera personne sur sa faim. (Attention d'ailleurs au délicieux pain de chez Mamie Clafoutis offert avant que n'arrivent les plats. On peut aisément en abuser alors que les assiettées demandent un bon appétit.)

La côte de porc, elle, a l'immense mérite de provenir d'un cochon heureux tandis que sa généreuse épaisseur permet une cuisson rosée fort seyante. Lardons et pomme ajoutent des notes fumées et acidulées tandis que des radicchios cuits s'occupent d'apporter au plat une légère amertume. Là encore, un plat solide, mais équilibré qui conserve une certaine élégance malgré sa consistance.

Au dessert, les beignets aux pommes et à la crème glacée n'ont pas la finesse qu'on attend d'un dessert de repas du soir au restaurant - on les voit mieux au brunch. Le Paris-Brest, en revanche, en version un peu rustique, aux francs parfums de noisette bien sucré et bien crémé est délicieux, mais d'une façon un peu maladroite qui pourrait faire sourciller les puristes de la pâtisserie française. Sauf que voilà, on est chez Lawrence, un resto de quartier sans prétention. Et c'est ce genre de plat qui fait tout son charme.

Lawrence

5201 boulevard Saint-Laurent, Montréal

514-503-1070

www.lawrencerestaurant.com

> Prix: Entrées entre 7$ et 9$, plats principaux entre 9$ et 17$ et desserts 7$.

> Carte de vins: Très belle carte de vins choisie par Etheliya Hananova, qui inclut beaucoup d'importations privées soignées, à prix raisonnables. Vins bio, «nature» et proposés par des petits producteurs de France ou d'ailleurs sont privilégiés.

> Style: Gastro-pub d'inspiration britannique réinterprété façon Mile End. On y va pour le brunch du week-end ou pour un repas de soirée, en couple ou avec des amis. Clientèle de hipsters du quartier, de «foodies» en goguette et d'amateurs de vin nouvelle génération.

> À noter: Le menu du Lawrence est en constant changement. Pour savoir ce qui s'y passe on peut d'ailleurs suivre l'équipe sur Twitter, à lawrencefood, où elle annonce les plats de la journée. Pour le brunch du week-end, le restaurant ne prend les réservations que pour les groupes de six et plus.

+ Le soin apporté à la qualité sans chichi du vin et des plats.

- Une petite lourdeur dans certains plats en manque d'acidité, de fraîcheur.

> On y retourne? Dès qu'on peut, pour le brunch du week-end notamment.




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