The Sparrow/Le Moineau: un délicieux secret

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Photo: André Tremblay, La Presse

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S'appelle-t-il Sparrow ou Moineau ? Pas clair, puisque même l'affiche à la porte n'existe pas. Les serveurs disent Moineau. Les clients parlent du Sparrow. En fait, ce restaurant est si discret, voire à la limite même un peu secret, que je ne suis pas certaine du tout qu'il sera heureux qu'on parle de lui dans le journal.

Imaginez. Il vient à peine d'ouvrir sans tambour ni trompette et, déjà, on fait la queue pour y prendre le brunch le week-end.

Si je vous dis, en plus, que c'est vraiment chouette et délicieux... Et hip à fond.

The Sparrow/Le Moineau, est tout nouveau dans le Mile End.

Pour le moment, c'est un restaurant de brunch et de lunch. Pas de souper. Il n'a pas de permis d'alcool encore et ne cherche même pas à occuper le créneau du soir. Ça viendra plus tard.

J'y suis allée deux fois. Une fois pour le brunch du dimanche et une autre fois durant la semaine. À chaque occasion, j'en suis ressortie comblée.

Un des premiers atouts de ce nouveau venu démarré par un Montréalais ayant appris le métier à New York et un chef d'origine londonienne, est de s'installer dans un genre qui n'existe pas encore ici : le bistro british cool. Autant le menu que le décor font en effet référence à une certaine Angleterre vieillotte, chaleureuse, savoureuse, toute en porcelaine ancienne, en thé bien sucré, en papier peint sombre et en plafonds de métal frappé. On est sur le boulevard Saint-Laurent d'Arcade Fire et de Leonard Cohen, mais on mange chez Agatha Christie.

Menus brunch et lunch

Au menu du brunch, on sort donc le grand attirail britannique : le blood pudding (le boudin), les oeufs, le bacon artisanal (qui ne sort pas d'un paquet de plastique du supermarché)... On refait les classiques, mais en y mettant du soin, de la recherche. Aucun ingrédient n'est banal, que ce soit les pommes de terre au chou ou les oeufs bénédictine impeccablement pochés, dont le jaune bien gras éclate pour mieux enrober des feuilles d'épinard fraîches et juste assez astringentes.

Notre coup de coeur : les beignets de pâte à la banane farcis au chocolat fondant, que l'on sert encore brûlants. C'est sucré, c'est parfumé (on goûte bien les notes riches du fruit tropical), le chocolat est noir et profond. Sublime comfort food.

Au lunch, même succès, que ce soit avec un potage au persil ou une salade de calmars sautés - très tendres - déposés sur une salade de roquette légèrement relevée de copeaux de parmesan. Quelques tomates confites confirment le style italien de cette création qui a quelque chose de l'Angleterre moderne, celle qui adore l'Ombrie ou la Toscane, façon Jamie Oliver.

En plat, coup de coeur pour le sandwich au poisson frit. Une sorte de hamburger au fish'n'chips sans chips, ce plat met en vedette une morue très légèrement, mais surtout parfaitement frite qui craque à peine sous la dent puis fond en bouche, à peine piquée par les notes acidulées de la sauce tartare - mayonnaise maison avec câpres et cornichons. Et le pain que l'on utilise - provenant de la boulangerie Mamie Clafoutis, rue Van Horne - est si moelleux et léger, qu'on dirait des coussins.

On rince le tout avec un verre de thé glacé maison, sucré, frais et bien citronné.

Au dessert, les gâteaux proviennent de chez Cocoa Locale, donc on a choisi, en toute confiance, une torte au chocolat hyper dense et riche et fondante. Elle est servie avec une motte de crème de style Devon, peut-être un peu trop concentrée, cela dit, pour contrebalancer la force du gâteau.

Le retour du café filtre

Ceux qui aiment clore leur repas par un ristretto court à souhait seront surpris d'apprendre que contrairement à tous les restaurants qui se respectent dans la ville, celui-ci n'a pas de machine à espresso. Sauf que, ai-je appris récemment, chez les ultra-branchés du café, le filtre a de nouveau la cote. Out l'espresso ? Pas du tout. Ce qui est out, c'est de lever le nez sur un café traditionnel bien fait, qui peut être délicieux s'il est infusé à la bonne température, avec une quantité raisonnable d'une mouture de qualité, bien tassée. Bref, le café chez Sparrow est filtre et parfaitement bon et savoureux et combien tendance, comme toutes les personnes qui fréquentent ces lieux d'ailleurs. Mais qui doivent toutes, même les grandes vedettes internationales de la musique, attendre leur tour, le dimanche matin, pour avoir une table.

Sympa. Très sympa.

_________________________

Bistro Le Moineau/The Sparrow

5322, boulevard Saint-Laurent

Montréal

514-690-3964

> Prix : Brunchs : plats entre 10 $ et 14 $. Lunch : entrées entre 6 $ et 9 $ et plats principaux entre 7 $ et 15 $. Super beignets bananes-chocolat extra bons ?

3 $ pour deux.

> Genre : À Londres, on appellerait cela un gastro-pub de quartier. Sauf que pour le moment, le restaurant n'a pas de permis d'alcool, donc ce n'est pas un pub. Juste un bon restaurant à l'anglaise contemporain où l'on sert un exquis poisson frit le midi et du boudin au brunch. La formule pourrait changer quand le bar ouvrira.

> Faune : On est dans l'anti-Saint-Laurent-Sherbrooke, et à fond dans le Mile End, avec tout ce que cela comporte de musiciens, artistes et autres communicateurs hips, souvent anglophones et souvent coiffés de tuques de laine ou vêtus de vêtements chinés aux fripes. Aucune griffe en vue. Aucun chichi non plus. Enfants bienvenus et si le week-end, c'est très plein assez tôt, au lunch durant la semaine, c'est plus tranquille.

> Carte de vin : aucun permis d'alcool, mais, apparemment, cela devrait changer cet été.

> On y retourne ? Oui, c'est sûr. Pour le poisson frit, les oeufs bénédictine et les beignets choco-bananes.




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