Viande: les Brésiliens font peu de cas de la mise en garde de l'ONU

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Les Brésiliens sont des carnivores invétérés: ils consomment près de trois fois plus de viande que la moyenne des habitants de l'Union européenne.

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Sebastian Smith
La Presse Canadienne
RIO DE JANEIRO

Au Churrascaria Palace, célèbre restaurant de Rio de Janeiro, le grésillement des steaks, le son des couteaux tranchant la viande et les soupirs de contentement des clients attestent bien que l'avertissement de l'ONU contre les dangers de la viande rouge n'est pas pris au sérieux.

«Je mange de la viande pratiquement chaque jour», lance Gilson Gregoris, un informaticien de 59 ans qui n'a pas l'intention de changer ses habitudes alimentaires, malgré l'étude de l'ONU selon laquelle la viande rouge et la charcuterie augmenteraient le risque de cancer.

«Je sais que c'est n'est pas bien pour la santé, mais c'est tellement bon!», ajoute-t-il en achevant un copieux repas.

Les Brésiliens sont des carnivores invétérés: ils consomment près de trois fois plus de viande que la moyenne des habitants de l'Union européenne, selon des chiffres de l'OCDE de 2014, et l'immense pays est le second producteur mondial de boeuf.

Et la mise en garde du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon laquelle la viande rouge est «probablement cancérogène» ne semble pas avoir beaucoup d'écho dans ce pays.

Il suffit de se promener dans Rio de Janeiro ou la plupart des autres villes brésiliennes le vendredi soir pour voir s'élever la fumée des barbecues, depuis les cafés et dans les rues résidentielles.

«C'est une tradition brésilienne», explique David Campos, un agronome de 43 ans.

«Nous avons été élevés en mangeant ça», ajoute Viviane Escaleira, 44 ans.

Un temple des amoureux de la viande

Le Churrascaria Palace, qui a ouvert près de Copacabana, la célèbre plage de Rio, en 1951, est un temple des amoureux de la viande.

Des nappes blanches immaculées aux peintures murales en passant par la musique d'ambiance, le restaurant n'a pas changé depuis, et certains membres du personnel y travaillent depuis des décennies.

Dans la cuisine, les traditions ont résisté à la modernité et les serveurs, dans leur élégant costume noir, portent des brochettes géantes de viande de boeuf, de mouton ou de poulet ou poussent des chariots chargés d'énormes côtes de boeuf.

Le mois d'octobre a été décrété «Festival des viandes exotiques» au restaurant.

Son propriétaire, Antonio Saraiva, 46 ans, affirme que même s'il propose aussi des poissons et des salades, il n'a pas à s'excuser d'offrir de la viande aux clients.

«La viande est très importante dans le menu brésilien», assure-t-il. «La plupart des nutritionnistes estiment que la consommation de viande rouge une ou deux fois par semaine a beaucoup d'avantages. Je crois que c'est comme les fritures ou tout autre aliment, il faut juste un équilibre».

Le restaurateur ne croit pas beaucoup à la dernière étude scientifique sur la viande. «Récemment, une étude au Brésil a conclu que les oeufs étaient mauvais pour la santé; aujourd'hui, on peut dire le contraire. Ils ont dit que le vin était mauvais, ils disent maintenant qu'un ou deux verres par jours sont bons pour la santé».

De l'autre côté de Rio, dans les petites rues autour de la gare Centrale, les amateurs de barbecue, à l'autre bout de l'échelle sociale, affirment également que l'avertissement de l'ONU ne changera pas leurs habitudes.

«Dans toutes les rencontres de Brésiliens, la viande constitue le plat principal, c'est certain», relève Cesar Gabriel, un infirmier de 22 ans qui achète un kebab à un vendeur de rue avant de prendre le bus.

«Ce n'est pas facile» de changer ses habitudes», poursuit-il.

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