Aimée Wimbush-Bourque: du Yukon à Jamie Oliver

Dans son blogue, Aimée Wimbush-Bourque parle abondamment de... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Dans son blogue, Aimée Wimbush-Bourque parle abondamment de ses trois enfants et de l'immense défi de leur préparer trois repas par jour, à la fois nutritifs et appétissants, de l'importance de les inclure dans le processus de fabrication des aliments à la maison.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

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Aimée Wimbush-Bourque est née au Yukon où elle a grandi sans eau courante ni électricité. Elle a travaillé au Toqué!, habite à Laval, est mère de trois jeunes enfants et fière propriétaire de six poules pondeuses. Ah oui, et elle invente des recettes pour l'un des chefs les plus populaires de la planète: Jamie Oliver. Portrait d'une jeune femme au foyer qui n'a vraiment rien de banal.

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Quand Aimée Wimbush-Bourque a reçu l'appel de l'agent de Jamie Oliver qui lui demandait d'écrire des recettes pour la superstar, elle a d'abord cru à une arnaque. Comment diable ce géant de la cuisine pouvait-il bien avoir entendu parler d'une blogueuse canadienne nichée à Laval? Parce que sa cuisine accessible et pleines d'astuce séduit... Portrait.

«Après avoir reçu le coup de fil, j'ai fait quelques recherches et j'ai rappelé: on m'a proposé sur-le-champ de publier deux recettes par mois sur le site de Jamie Oliver! J'étais folle de joie», raconte la jolie blonde, dans la cuisine de sa maison discrète du nord de l'île Jésus. Il faut dire que l'association allait de soi. Jamie Oliver multiplie les initiatives en Angleterre pour favoriser la saine alimentation des enfants et l'éducation culinaire; dans son blogue, Aimée Wimbush-Bourque parle abondamment de ses trois enfants et de l'immense défi de leur préparer trois repas par jour, à la fois nutritifs et appétissants, de l'importance de les inclure dans le processus de fabrication des aliments à la maison, et ce, de la graine semée au mois de mars à la sauce tomate cuisinée au temps des récoltes.

«Il y a deux choses qui me distinguent des autres blogueuses: d'abord, le fait que j'ai une vraie formation professionnelle de chef cuisinière, et ensuite, que je ne me prends pas au sérieux, observe Aimée Wimbush-Bourque. Je l'écris quand mes enfants n'aiment pas un plat, quand je ne sais pas quoi faire à souper: je suis une mère ordinaire.»

Ordinaire? 

Chose certaine, l'enfance d'Aimée Wimbush-Bourque n'est, elle, absolument par ordinaire. Elle est née dans un tout petit village du Yukon, où elle a été élevée sans eau ni électricité. Sa mère refusait de faire entrer dans la maison le moindre aliment transformé - oui, même des Corn Flakes.

Le lait, le yaourt et le fromage étaient produits par leurs six chèvres. Les légumes étaient cultivés dans un vaste potager derrière la maison et soigneusement mis en conserve. «Nous n'avions pas de réfrigérateur, alors c'était le seul moyen d'avoir des fruits et légumes à l'année.»

On dirait le récit d'une femme née dans les années 40. Aimée Wimbush-Bourque n'a pourtant que 36 ans! «Nous ne manquions de rien. J'ai eu une enfance comblée», assure-t-elle avec aplomb.

Le week-end, la famille allait vendre à Whitehorse quelques produits du potager, des tartes ou des biscuits faits par la petite dernière de la famille. Car très vite, en apprenant si jeune à produire sa propre nourriture, Aimée a su qu'elle devait mettre ses connaissances à profit pour gagner sa vie. Un samedi soir, quand le sous-chef du meilleur restaurant de la région rend son tablier sans préavis, elle le remplace au pied levé et fait si bonne impression qu'on lui offre illico un emploi. «J'avais ça dans le sang», dit-elle.

À 25 ans, elle suit son amour d'adolescence et futur mari pour venir s'installer à Montréal, dont il est originaire. Elle y fait l'école de cuisine, puis entre chez Toqué! où elle restera trois ans avant de faire ses classes auprès de Philippe de Vienne, qu'elle ne quittera que pour avoir une famille. Et, plus tard, lancer son blogue Simple Bites.

«J'avais eu, pendant les 10 années où j'ai travaillé comme chef, un public qui aimait mes plats et j'aimais ça. J'avais besoin de retrouver le contact avec les gens, je suis une fille très sociale, je n'aurais jamais pu rester à la maison sans cela.»

Sur le web, elle raconte sa vie de «fermière urbaine», son vaste potager, ses poules. Elle dit comment expliquer aux enfants pourquoi on tue des animaux pour manger de la viande. Ou encore, comment, au printemps, elle produit son propre sirop d'érable en entaillant les arbres du bois à l'arrière de sa maison. Chez elle, il faut se pincer pour se convaincre qu'on est bel et bien à Laval: son quartier paisible du nord de l'île n'a rien, mais alors rien à voir avec les quartiers de grosses maisons sans âme ni arbres aux abords des centres commerciaux que l'on associe plus aisément à cette ville-dortoir.

Dans le monde anglophone (son blogue n'est pas traduit en français), elle connaît un succès certain: en 2013, le magazine Saveurs qualifie Simple Bites de «meilleur blogue de cuisine avec les enfants» et elle décroche un contrat avec un éditeur pour un livre, qui vient tout juste d'être publié. Un deuxième opus est déjà en préparation: «J'ai la chance que l'agriculture urbaine soit en vogue, les gens veulent avoir des potagers, faire pousser leurs fines herbes, préparer leurs propres conserves. Pour moi, ce n'était pas une question de suivre une mode: ce sont toutes des choses que je fais depuis que je suis petite.»

Elle encourage tout le monde à développer son petit côté fermier, mais à la mesure de ses moyens. «Il faut vraiment être motivé. Il n'y a rien de glamour à faire de l'agriculture: c'est dur physiquement, il y a des corvées, des insectes. Mais c'est très gratifiant et c'est une superbe occasion de donner de belles leçons de vie aux enfants, de leur parler de la vie, la mort, la perte.»

Comme cet été-là où l'immense peuplier du voisin s'est écrasé en plein milieu du potager, détruisant la moitié de la récolte familiale. «Ils ont été tristes, mais on leur a expliqué que cela faisait partie de la vie. Et l'été suivant, on a eu un potager encore plus productif parce que l'arbre n'était plus là pour lui faire de l'ombre et il y avait plus de soleil.»

Oui, Aimée Wimbush-Bourque a trouvé le parfait bonheur: la Yukonnaise n'avait tout simplement pas imaginé qu'il se terrait dans une cuisine et un potager du nord de Laval.

http://www.simplebites.net/

Brown Eggs & Jam Jars

Aimée Wimbush-Bourque

Éditions Penguin Canada

336 p., 32$

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Pancakes de farine de maïs et sirop à l'orange

Pour 9 pancakes de 15 cm de diamètre environ et 250 ml de sirop

INGRÉDIENTS

Pour le sirop à l'orange: 

  • 250 ml de miel biologique
  • Le zeste et le jus d'une grosse orange
Pour les pancakes: 

  • 125 ml de farine de blé entier
  • 125 ml de farine tout usage
  • 125 ml de farine de maïs
  • 5 ml de bicarbonate de soude
  • 45 ml de miel biologique
  • 60 ml de beurre salé
  • 400 ml de lait de beurre
  • 2 gros oeufs
  • huile végétale pour la cuisson
PRÉPARATION

  1. Sirop à l'orange: dans une petite casserole, fouetter ensemble le miel et le jus d'orange à feu moyen, jusqu'à légère ébullition. Retirer du feu, ajouter le zeste et laisser refroidir avant de servir. (Peut être préparé une semaine à l'avance.)
  2. Pancakes: mêler les ingrédients secs dans un grand bol. Dans la même poêle utilisée pour la cuisson des pancakes, faire fondre le beurre, puis ajouter 45 ml de miel et cuire jusqu'à ce que le mélange soit homogène, puis laisser refroidir.
  3. Mixer le lait de beurre et les oeufs, ajouter au mélange de farines, puis incorporer le mélange de beurre et de miel. Fouetter vigoureusement.
  4. Cuire les pancakes dans une poêle très chaude, badigeonnée d'huile. Le pancake est prêt à être retourné quand son pourtour est légèrement croustillant et que de petites bulles se forment au centre. Poursuivre ensuite la cuisson une minute environ. Recouvrez l'assiette de pancakes d'un torchon propre pour les garder chauds jusqu'au moment de servir, nappés de sirop à l'orange réchauffé.
NOTE

Un brunch entre adultes? Rajoutez 15 ml de Grand Marnier dans le sirop à l'orange.

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Pétoncles glacés, garniture de pomme, poireau et bette à carde

C'est la recette qu'Aimée Wimbush-Bourque réserve pour les soupers en tête-à-tête, quand les enfants sont couchés.

Pour deux personnes

INGRÉDIENTS 

  • 6 pétoncles géants
  • 1 poireau
  • 45 ml de beurre salé
  • 25 ml d'huile d'olive
  • 1 pomme Honeycrisp
  • 125 ml de jus de pomme brut, non filtré
  • 1 bouquet de bette à carde, sans les tiges
  • sel de mer
  • 45 ml de vinaigre balsamique
PRÉPARATION

  1. Retirer les couches extérieures du poireau pour n'en garder que la partie la plus tendre (le reste pourra servir dans un potage). Couper la tige restante en deux, puis en tronçons d'environ 1 cm. Sauter avec 5 ml de beurre et 5 ml d'huile d'olive, pendant 5 minutes environ.
  2. Couper la pomme en quartier pour en retirer le coeur, puis tailler, sur le sens de la largeur, en tranches d'un demi-centimètre. Ajouter les pommes dans la poêle avec les poireaux, cuire 1 minute, puis verser le cidre. Couvrir partiellement et poursuivre la cuisson 7 minutes environ, jusqu'à ce que le poireau et la pomme soient tendres et que liquide se soit évaporé.
  3. Hacher la bette à carde en larges rubans. Tasser le mélange cuit de poireau et pomme dans un coin de la poêle, puis faire fondre 5 ml de beurre avec la bette à carde dans la partie dégagée, avant de mélanger tous les légumes ensemble. Saler, cuire 2 minutes en remuant fréquemment, arroser de 15 ml de vinaigre balsamique puis retirer du feu.
  4. Dans une grande poêle, faire fondre 15 ml de beurre et 15 ml d'huile. Saler généreusement les pétoncles des deux côtés: quand le beurre commence à bouillonner, réduire le feu légèrement et ajouter les fruits de mer. Cuire de chaque côté 3 minutes environ.
  5. Répartir le mélange de poireau dans deux assiettes creuses et garnir de pétoncles. Remettre la poêle des pétoncles sur le feu, verser 30 ml de vinaigre balsamique faire bouillir à gros bouillons, puis ajouter 15 ml de beurre. Laisser fondre avant de verser sur les pétoncles. Servir.

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Parppadelle aux épinards et à la ricotta

Pour 4 personnes

INGRÉDIENTS

  • 30 ml de beurre salé
  • 1,25 L (5 tasses) de bébés épinards
  • Sel et poivre
  • 500 g de pappardelle
  • 2 jaunes d'oeuf
  • 125 ml de fromage ricotta
  • 30 ml de crème de table
  • 60 ml de parmesan râpé
PRÉPARATION

  1. Porter à ébullition une grande casserole d'eau salée. Pendant ce temps, fondre le beurre dans une large poêle, à feu moyen. Ajouter les épinards, saler légèrement et les faire tomber 2 minutes environ (les épinards ne doivent pas être entièrement cuits). Retirer du feu.
  2. Cuire les pâtes. Mélanger, pendant ce temps, la ricotta, les jaunes d'oeuf et la crème.
  3. Égoutter les pâtes et les incorporer immédiatement au mélange de ricotta. Ajouter les épinards, puis le parmesan, mélanger soigneusement. Poivrer et servir.
NOTE

«Cette recette est très facile à faire: mon fils de 9 ans la réussit très bien seul», dit Aimée Wimbush-Bourque.

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