L'Europe se met aux nouvelles tendances culinaires

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La fièvre anti-gluten est déjà passée par les États-Unis, où ses détracteurs y voient simplement un moyen de pousser les consommateurs à dépenser plus d'argent.

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Elizaveta Malykhina
Agence France-Presse
PARIS

Croissants végétaliens, pâtes sans gluten ou steaks sans viande: même dans les paradis de la gastronomie traditionnelle comme la France ou l'Italie, les consommateurs commencent à adopter des «aliments sans», par souci de santé ou pour des raisons écologiques.

Les aliments sans gluten, sans viande ou sans allergènes ont été l'une des tendances phares du Salon international de l'alimentation (Sial), qui a réuni la semaine dernière 105 pays près de Paris.

«Les consommateurs ont changé», résume Elisabeth Leitner, responsable pour l'export de Probios, une compagnie italienne spécialisée dans les produits organiques, qui a lancé des croissants végétaliens.

«De plus en plus de gens choisissent un mode de vie alternatif» et en parlent sur les réseaux sociaux, affirme Mme Leitner, soulignant les préoccupations croissantes concernant les allergies et l'impact de la consommation de viande sur la santé et l'environnement.

En France, 4% de la population dit suivre un régime sans gluten --une protéine qu'on trouve dans le blé, le seigle et l'orge --, comme 8% en Italie, 7% en Allemagne et 6% en Espagne, selon Mintel, une société d'études de marché basée à Londres.

Fièvre anti-gluten

Les aliments sans gluten sont indispensables aux personnes souffrant de maladie coeliaque, une maladie auto-immune caractérisée par des diarrhées, des vomissements et des ballonnements après l'ingestion de gluten.

Mais de nombreux consommateurs achètent ces produits simplement parce qu'ils les considèrent comme plus sains. Une tendance popularisée par le champion de tennis Novak Djokovic.

La fièvre anti-gluten est déjà passée par les États-Unis, où ses détracteurs y voient simplement un moyen de pousser les consommateurs à dépenser plus d'argent.

«Le gluten est pour cette décennie ce qu'étaient les hydrates de carbone aux années 2000 et les matières grasses aux années 80 et 90: la bête noire, le méchant, la cause de tout ce qui vous fait du mal et dont l'élimination (de votre alimentation) peut vous guérir», écrivait l'influent Time magazine dans un récent article.

Vrai ou faux, cette tendance séduit l'Europe, où le marché des produits anti-gluten se développe, selon l'étude de Mintel.

Sur les produits alimentaires et boissons lancés en 2013 en Italie, 10% affirmaient être sans gluten, une hausse de 66% par rapport à l'année précédente. En France, de tels produits ont connu une hausse de 28% pour la même période.

L'engouement est tel que les compagnies qui avaient lancé sans succès des produits «sans» il y a quelques années ont décidé de les réintroduire sur le marché européen.

«Il y a cinq ans, les affaires n'étaient pas bonnes», reconnaît Marcantonio Varinelli, fabricant des pâtes Firma, qui avait lancé au début des années 2000 les pâtes sans gluten.

Mais ces produits sont de retour cette année et leur popularité est en hausse aux États-Unis et en Europe, ajoute-t-il.

Des géants de l'alimentation comme l'italien Barilla offrent également des produits sans allergènes dans des pays où le blé est un aliment de base depuis des siècles.

Pas seulement un effet de mode

Yannick Troalen, un consultant français en tendances et innovation, affirme que le choix du régime sans gluten n'est pas un simple effet de mode, et que «le marché est plus large que l'on ne le croit».

De fait, la plupart des lauréats français de l'innovation au Salon international de l'alimentation étaient des produits «sans»: croissants et pains au chocolat sans gluten, ou pâtes bio sans gluten.

Parmi les autres produits exposés figuraient les alternatives sans viande aux mets populaires, comme les hamburgers et les steaks à base de soja.

Les consommateurs commencent à être inquiets de l'impact négatif sur l'environnement de la consommation de viande, notamment en raison de l'émission de gaz à effet de serre par les animaux.

Même en France, où les végétariens ont souvent du mal à trouver leur bonheur sur les menus des restaurants, les ventes de viande ont baissé de 7% entre 1998 et 2012, selon les consultants Nutrikeo.

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