CandyLabs: plus que du bonbon!

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Lors d'un voyage en amoureux en Espagne, Lin et May sont subjugués par un magasin où l'on fabrique des friandises devant les clients. «On pouvait passer des heures à regarder les artisans. Comme beaucoup d'autres clients, on était obnubilés et on a acheté toutes sortes de friandises», raconte Lin Geng.

À son retour au Québec, le couple songe à ouvrir une franchise du magasin espagnol à Montréal. L'idée s'avère trop onéreuse, alors Lin et May se mettent à la recherche d'un confiseur qui accepterait de les former pour qu'ils puissent ensuite ouvrir leur propre boutique, à leur image.

Le duo se rend en Australie, l'un des rares pays où la technique ancestrale de fabrication de bonbons durs ne s'est pas perdue. Pendant cinq mois, ils apprennent à esquisser des images de fruits, à dessiner des visages d'animaux et à écrire de minuscules messages sur des bonbons pas plus gros que les touches d'un clavier d'ordinateur.

Surtout, ils apprennent à travailler le sucre avec un doigté précis. «On doit d'abord porter un mélange de sucre, d'eau et de glucose à 325 °F. Pendant environ une heure, une personne doit constamment surveiller le mélange. Ça bout à une température tellement élevée que si on chauffe deux minutes de trop ou deux minutes de moins, ça change complètement le résultat», explique Lin.

Dans leur Confiserie CandyLabs qu'ils ont installée rue Guy à Montréal, Lin et May confectionnent leurs bonbons sous le regard amusé des clients. Une fois que le sucre a bouilli, ils refroidissent la solution liquide sur une grande table de granit. C'est à ce moment qu'ils ajoutent des couleurs et des saveurs, la plupart naturelles, à la mixtion.

En refroidissant, le sucre prend la texture d'une tire. Ce qui distingue les friandises artisanales des bonbons industriels, c'est la quantité d'air incorporée dans cette tire. Les bonbons faits à la main sont durs, mais ils restent faciles à croquer parce qu'ils contiennent plus d'air, affirme le jeune entrepreneur de 25 ans.

Pour obtenir cette texture, Lin étire énergiquement la tire colorée. «Après 10 minutes, ça fait super mal aux bras, surtout lorsqu'on fait six kilos de bonbons. Ma blonde ne peut même pas participer à cette étape parce que c'est trop physique, c'est trop difficile. Chaque fois, après 10 minutes, j'ai de la difficulté à parler et je transpire», dit Lin en riant.

Bonbon ou art?

Les deux confiseurs forment ensuite un gros tube d'une vingtaine de centimètres (8 pouces) en juxtaposant différentes couleurs et saveurs. D'un oeil extérieur, tout cela semble bien approximatif. Pourtant, en étirant vigoureusement la masse sucrée, ils obtiennent un plus petit tuyau de la grosseur d'une paille. Puis, avec un couteau, ils taillent la tire en une foule de petits bonbons.

«Chaque bonbon est coupé au couteau. Si on fait 3000 bonbons, on coupe 3000 fois. Ça semble facile, mais c'est l'une des étapes les plus difficiles. Tous nos bonbons ont une coupure très lisse. Quand on s'entraînait, on n'était pas aussi bons», admet Lin.

«Si le bonbon a une encoche, on ne peut pas le vendre parce que quelqu'un risque de se couper la langue.»

Quand Lin ou May taillent les bonbons, un dessin apparaît par magie (ou par talent!) sur chaque pastille. Il peut aussi bien s'agir d'un panda souriant, d'une fraise rouge ou du logo du Canadien de Montréal. Les bonbons qui portent une inscription («Prompt rétablissement», «Bonne fête», «Maman #1») sont d'ailleurs fabriqués en français et en anglais. Les deux jeunes entrepreneurs nés en Chine sont des modèles d'intégration. Pour ceux qui en douteraient, ils fabriquent même un bonbon «J'aime Montréal».

«Il y a des clients qui croient qu'on utilise des ordinateurs pour produire les dessins. Beaucoup de gens ont cette réaction en voyant les coeurs qui sont très proportionnels. Ils croient qu'on les imprime sur chacun des bonbons. Mais non, c'est bel et bien fait à la main», déclare Lin.

Les bonbons de la Confiserie CandyLabs sont beaux et bons. Certains adeptes de la confiserie collectionnent même les friandises plutôt que de les manger. Et quand on connaît le nombre d'heures de travail nécessaires pour fabriquer chaque bonbon, on se dit que cela n'a rien de bien étonnant.

À noter, le CandyLabs fabrique aussi des bonbons sur mesure. Pour voir tous les dessins et acheter des bonbons, visitez leur site internet.

Bonbons à déguster et à contempler

Depuis l'ouverture de la confiserie en octobre dernier, CandyLabs a élaboré plus de 200 bonbons différents. Voici quelques-uns d'entre eux.

CandyLabs s'inspire des fêtes et des saisons pour créer des parfums de bonbons. Par exemple, pour l'été, Lin Geng et May He ont conçu un mélange de bonbons avec des dessins qui rappellent les vacances comme un ballon de plage, un bikini et un voilier. Chaque friandise goûte la crème de menthe, la noix de coco, l'ananas, la pêche ou la limonade à la fraise.

Les bonbons avec des lettres de l'alphabet, comme ceux pourvus d'une inscription «merci» ou «bonne fête», sont les plus longs à concevoir.

«Sur le bonbon le plus fou que nous ayons réalisé, nous avons écrit "CandyLabs" en haut et notre adresse en bas. Au centre, nous avons dessiné un coeur. Pour fabriquer ce bonbon, quatre personnes devaient travailler pendant cinq ou six heures. C'est un bonbon qu'on distribuait aux passants devant la boutique, mais on a réalisé que les gens ne regardaient pas le dessin avant de le manger. On a arrêté de le faire, mais on va sûrement recommencer un jour, pour nos clients», explique May He.

Les bonbons avec des images d'animaux sont les plus populaires de CandyLabs. En fait, les clients tombent sous le charme en reconnaissant les renards, les pandas, les lapins ou les chiens, explique Lin Geng. Ce dernier est d'ailleurs bien satisfait du dernier dessin de chat, qui a été amélioré avec le temps. Au lieu du visage de l'animal, l'artisan a réussi à reproduire le corps du félin.

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