Être père ailleurs: papa Aloha

«Loïc sait d'où viennent les fruits parce qu'il... (Photo fournie par André-Nicolas Chené)

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«Loïc sait d'où viennent les fruits parce qu'il les voit pousser, indique André-Nicolas Chené. Il a vu pousser un ananas, des bananes, des papayes, des fruits de la passion...» Sur la photo, ils posent à la maison, après une cueillette d'hibiscus, juste avant de partir pour l'école.

Photo fournie par André-Nicolas Chené

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Astronome, André-Nicolas Chené a vécu en Colombie-Britannique et au Chili avant de s'établir à Hawaii, il y a deux ans. C'est entouré de bananiers et d'ananas que grandit son fils Loïc, qui aura 4 ans en mars. La Presse a joint le Québécois à Hilo, sur l'île d'Hawaii.

Quels sont les avantages d'être père à Hawaii?

Notre fils est né au Chili, pays très conformiste, où être en dehors de la norme attire l'attention. Ici, la culture hawaïenne est très présente, c'est plus relax, décontracté. Il y a un confort à vivre et à grandir ici, parce qu'on a la pleine liberté, on a l'espace physique et moral pour faire ce qu'on veut, de la façon dont on l'entend.

Il y a aussi «l'esprit Aloha», selon lequel comme on est tous sur la même île, on doit être accueillants les uns envers les autres. C'est très agréable, très réconfortant aussi, parce qu'on sait qu'on peut toujours compter sur quelqu'un pour nous donner un coup de main.

Quelles activités faites-vous avec votre fils?

On essaie de faire une expédition par semaine, question de profiter d'Hawaii et de ne pas juste aller de la maison au travail et à l'école. Il y a le parc national des Volcans, qui est absolument magnifique. Il y a aussi deux grandes montagnes, Mauna Loa et Mauna Kea, qui font 4,2 km d'altitude. Mais les enfants ne peuvent pas se rendre aux sommets, ce serait dangereux pour leur système respiratoire, comme leurs poumons ne sont pas complètement formés.

Heureusement, quand il neige au sommet des montagnes, les gens y vont et remplissent leurs pick-up de neige qu'ils rapportent en ville. C'est une tradition, qui permet de faire des bonshommes de neige qui durent à peine la journée. La première fois que mon garçon a touché à de la neige, c'était comme ça, en ville. Pour un petit Québécois, c'est particulier!

Votre fils va-t-il à la garderie?

Il fréquente une prématernelle où il y a carrément un cursus, avec des devoirs. Elle est reconnue comme une des meilleures de Hilo. C'est une école bouddhiste, comme on parle d'écoles catholiques au Québec. Ce sont des gens de confession bouddhiste, principalement japonais, qui dirigent l'école, mais il n'y a pas de cours de religion comme tels. Ce n'est pas subventionné, ça coûte 5000 $US par année. On a dû changer d'appartement pour l'y envoyer, se contenter d'une pièce de moins. On n'a qu'un seul salaire, parce que nos visas ne permettent pas à sa mère de travailler.

Avant, Loïc allait à Keiki Steps, «keiki» étant le mot hawaïen pour «enfant». C'est un programme gratuit, subventionné par l'État, qui offre des activités toutes les matinées de la semaine aux enfants accompagnés d'un parent. J'y suis allé quelques fois et j'ai trouvé ça extraordinaire. Il y a une passation de la culture hawaïenne, avec des chansons, des prières, des activités avec des mots hawaïens, en plus d'apprentissages pour les enfants et les parents. Ç'a été une occasion de rencontrer d'autres parents avec des enfants du même âge, des gens qu'on côtoie encore aujourd'hui.

Y a-t-il des désavantages à élever votre fils à Hawaii?

On espère transmettre la culture québécoise à notre fils, mais on a choisi le pays avec la langue et la culture la plus envahissante. Ma femme est aussi Québécoise d'origine, ça aide, puisqu'à la maison, on parle français. On écoute Le Vent du nord, La Bottine souriante et Passe-Partout. Mais on craint pour la suite. L'anglais est extrêmement efficace pour empêcher une quelconque autre culture de s'installer.

Aussi, vivre ici peut être ennuyant pour un adolescent, c'est un défi qu'on aura dans une dizaine d'années. Pour l'instant, pour un enfant, c'est plein de découvertes possibles, il y a la plage, la forêt, les grands parcs et les amis.

Hawaii

Population en 2013

1,4 million

Taux de fécondité en 2010

2,2 enfants par femme

Congé parental

La loi fédérale américaine accorde 12 semaines sans solde à la mère et au père, sous certaines conditions. L'État d'Hawaii permet aux pères de prendre jusqu'à 10 jours de congé de maladie pour s'occuper d'un nouveau-né, si leur employeur a plus de 100 employés.

Rémunération hebdomadaire moyenne en 2013

857 $US

Sources : Wikipédia, growingfamilybenefits.com et U.S. Bureau of Labor Statistics

Québec

Population en 2014

8 millions

Taux de fécondité en 2012

1,67 enfant par femme

Congé de paternité

Cinq semaines payées l'équivalent de 70 % du revenu (revenu maximal assurable de 69 000 $ par an).

Rémunération hebdomadaire moyenne en 2013

830,44 $CAN

Sources : Institut de la statistique du Québec, Régime québécois d'assurance parentale et Statistique Canada.

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