La vie de famille, d'hier à aujourd'hui

Le taux de fécondité des Canadiennes était de... (Photo Patrice Laroche, Archives Le Soleil)

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Le taux de fécondité des Canadiennes était de 1,61 en 2011, et pour l'instant, rien n'indique qu'il remontera.

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Non, la famille monoparentale n'est pas une «invention» moderne: elle existait déjà dans les années 30, même si ses origines n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui. C'est une des choses qu'on apprend au sujet des différents modèles familiaux dans une nouvelle étude démographique de Statistique Canada sur le mode de vie des enfants canadiens depuis 100 ans. Points saillants. -

On fait moins d'enfants

À l'exception du baby-boom, où le taux de fécondation a frôlé les 4 enfants par femme (3,94 en 1959, pour être plus exact), les familles canadiennes, on s'en doutait, ont beaucoup moins d'enfants qu'auparavant. Les chiffres frappent quand même l'imaginaire: en 1851, la femme canadienne avait en moyenne 6,56 enfants. En 1931, cette moyenne avait chuté à 3,48. Le taux de fécondité des Canadiennes était de 1,61 en 2011, et pour l'instant, rien n'indique qu'il remontera.

On se marie moins

Sans surprise, la proportion de couples vivant en union libre a augmenté au cours des dernières années. Elle a quintuplé entre 1981 et 2011, passant de 2,6% à 13,7%. Elle demeure toutefois inférieure à la proportion d'enfants vivant avec un parent seul, qui est de 21,5%. Dans ce domaine, le Québec demeure une société distincte: 31,6% des couples avec ou sans enfants vivent en union libre. Les auteurs de l'étude de Statistique Canada ont trouvé un manuscrit datant de 1938 dans lequel on proposait l'instauration d'une assurance chômage et d'allocations familiales pour stimuler le taux de natalité.

La maisonnée est plus petite

Il y a quelques décennies, la famille élargie était une réalité pour de nombreuses familles: on accueillait le cousin venu de la campagne pour travailler en ville, l'ouvrier qui travaillait à la ferme pour l'été. En 1901, 30,8% des familles accueillaient sous leur toit une personne qui n'était pas membre de la famille immédiate. Aujourd'hui, cette proportion a baissé à 9,2%.

Avec maman OU papa

On associe naturellement les familles monoparentales au phénomène d'éclatement des familles, mais on découvre dans cette étude qu'il y avait presque autant de familles monoparentales en 1931 (11,9%) qu'en 1981 (12,7%). «La diversité était déjà présente au début du siècle, note Sébastien Larochelle-Côté, analyste à Statistique Canada. Sauf que cela s'expliquait par le veuvage et non par la séparation du couple. Les pères se retrouvaient plus souvent seuls, car les femmes mouraient à l'accouchement.» En 2011, cette proportion est passée à 21,5%, pour d'autres raisons.

Avec grand-maman et grand-papa

Une situation économique précaire, des traditions culturelles bien ancrées, un désir de veiller sur ses vieux parents... Ce sont tous des facteurs qui expliquent que la proportion d'enfants vivant sous le même toit qu'un ou des grand-parents est en progression dans tous les groupes d'âge; elle était de 6,4% chez les 0-4 ans en 2011. Elle est passée de 2,5% à 3,7% entre 2001 et 2011 chez les moins de 24 ans.

Deux papas (ou deux mamans)

Ce n'est que depuis 2001 que Statistique Canada compile les statistiques sur les familles homosexuelles, et les résultats sont donc encore fragmentaires, explique Sébastien Larochelle-Côté, analyste à Statistique Canada. Bien que très médiatisée, cette dynamique familiale est toutefois très minoritaire, puisque plus de 99% des enfants sont issus de familles hétérosexuelles (le nombre d'enfants vivant avec des parents du même sexe a doublé entre 2001 et 2011). Il faudra attendre encore quelques années pour avoir des données plus complètes.

Mda mère, pas mon père

La proportion d'enfants vivant dans une famille recomposée était de 10,5% en 2011. «Les enfants des familles recomposées, ainsi que leurs parents, pourraient être considérés comme des pionniers à la découverte d'un territoire inconnu dans l'univers des relations familiales», écrivent les auteurs de l'étude. «Attention, ajoute Céline Le Bourdais, professeure de sociologie à l'Université McGill. L'étude, faite à partir de recensements, ne nous donne pas le portrait complet. Un père séparé qui a refait sa vie avec une autre femme avec qui il aurait eu un enfant est considéré comme une famille intacte, car on ne prend pas en considération ses enfants nés d'une première union et qui vivent avec leur mère.»

Tanguy un jour...

La proportion de jeunes de 27 ans qui vivent chez leurs parents est passée de 8,6% en 1971 à 23% en 2011. On le dit souvent, les jeunes restent plus longtemps à la maison. Mais ce phénomène est-il vraiment nouveau? Selon Céline Le Bourdais, de l'Université McGill, jusque dans les années 60, les enfants attendaient de se marier avant de quitter le nid familial. «Les baby-boomers étaient plus jeunes lorsqu'ils ont quitté la maison, et ce sont eux qui trouvaient que leurs enfants mettaient du temps à partir, explique-t-elle. Au fond, on revient à des comportements d'avant le baby-boom.»




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