Futurs parents: ah, si j'avais su!

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Dès le départ, Évelyne Martello nous prévient: en matière de sommeil, il est hasardeux de donner un conseil qui s'adresse à tous. L'infirmière experte du sommeil des bébés se fait rassurante: au bout de quelques mois, la majorité des poupons commencent à dormir la nuit.

Photo Bernard Brault, La Presse

La naissance d'un enfant s'accompagne invariablement d'une pléthore de conseils en tout genre. Lesquels devrait-on surtout retenir? Nous avons posé la question à six spécialistes de l'enfance.

Un réseau la porte à côté

Une tante s'offre pour nous aider de temps à autre? Notre belle-soeur nous prépare des réserves de sa fameuse sauce à spaghetti? Génial! Avant l'arrivée de bébé, prenons toutefois le temps de trouver aussi des ressources là, juste à côté de chez nous. «Se créer un réseau dans son quartier, c'est important pour briser l'isolement. On regarde à l'avance ce qu'il y a autour comme ressources, parce que le jour où ça n'ira pas, on n'aura qu'à tendre le bras pour en profiter», souligne Stéphanie Deslauriers, psychoéducatrice et elle-même sur le point de donner naissance à son premier enfant. Certains regroupements de parents sur les réseaux sociaux et des organismes communautaires permettent aux nouveaux parents de s'entraider ou même d'échanger des articles pour une fraction du prix. «Un bon moyen de réduire notre stress!» ajoute Stéphanie Deslauriers, auteure du livre Le bonheur d'être un parent imparfait.

Jamais trop tard pour dormir

Dès le départ, Évelyne Martello nous prévient: en matière de sommeil, il est hasardeux de donner un conseil qui s'adresse à tous. L'infirmière experte du sommeil des bébés se fait rassurante : au bout de quelques mois, la majorité des poupons commencent à dormir la nuit. Une routine apaisante en soirée peut d'ailleurs être intégrée dès l'âge de 2 mois. «On peut donner un bain et des massages, explique Mme Martello. Ces petits gestes vont permettre au bébé d'associer cette routine au moment de s'endormir.» S'il peut être agréable à l'occasion qu'un poupon s'endorme dans nos bras après un boire, mieux vaut éviter d'en faire une habitude. «L'enfant peut en venir à avoir besoin de bras et de téter pour s'endormir», constate l'infirmière, qui souligne néanmoins que l'essentiel demeure d'être à l'écoute des besoins de bébé. Il n'est jamais trop tard pour corriger le tir au besoin, assure la spécialiste.

Gare aux recettes toutes faites

Les méthodes d'éducation abondent, et il peut être tentant d'en mettre plusieurs à l'essai pour aider un enfant qui éprouve certaines difficultés. «Attention aux recettes toutes faites», prévient cependant Solène Bourque, psychoéducatrice et auteure. «Il faut se questionner pour savoir si notre enfant va bien réagir, explique-t-elle. Même si ça fonctionne pour plein de parents, ça ne fonctionnera peut-être pas chez nous.» Plusieurs parents se remettent en question devant l'échec d'une méthode d'éducation. Or, en observant son enfant, on peut souvent prévoir si l'approche sera gagnante ou pas. «Voyons d'abord si on se sent à l'aise avec cette intervention. Il ne faut pas s'obliger à faire des trucs avec lesquels on n'est pas à l'aise. Notre enfant va le sentir.» La psychoéducatrice insiste sur ce point: «Rappelez-vous que la personne qui connaît le mieux votre enfant est vous-même.»

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Certains regroupements de parents sur les réseaux sociaux et des organismes communautaires permettent aux nouveaux parents de s'entraider ou même d'échanger des articles pour une fraction du prix.

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Détendez-vous!

Malgré toute l'énergie que l'on met dans l'éducation de nos enfants, parfois... rien ne va comme prévu. Et c'est normal. «Quand on vise la perfection, on cherche la technique qui va faire que notre enfant va se développer rapidement et écouter toutes nos consignes. C'est là que l'on risque de mettre toute l'énergie sur des techniques d'éducation plutôt que sur la relation que l'on crée avec notre enfant», prévient Francine Ferland, ergothérapeute et auteure du livre Simplement parents - Trucs pour accompagner votre enfant au quotidien. Elle rappelle aux nouveaux parents qu'ils doivent avant tout se faire confiance. «On met beaucoup de pression sur les parents. Comme on connaît beaucoup plus de choses sur l'éducation, on se dit qu'ils devraient réussir encore mieux que leurs parents. Ce n'est pas évident. Détendez-vous! Prenez d'abord le temps d'avoir du plaisir avec votre enfant et de créer un lien satisfaisant avec lui.»

Bébé va pleurer

«Un bébé, ça change la vie, et ça demande de l'adaptation et du temps», souligne d'entrée de jeu Marie Fortier. Infirmière pendant 30 ans, elle conseille aujourd'hui les futurs et les nouveaux parents. «On dirait qu'on voudrait tout savoir en partant. Il faut se donner une chance, affirme-t-elle. Beaucoup pensent qu'ils vont savoir quoi faire, et être capables de comprendre le langage du bébé après deux ou trois semaines, mais on apprend tout le temps.» Ainsi, il ne faut pas voir les pleurs d'un nouveau-né comme l'illustration de notre incompétence parentale, tempère-t-elle. «Certains parents vont penser que si leur bébé pleure, c'est parce qu'ils ont fait quelque chose de pas correct, mais ce n'est pas grave de ne pas tout comprendre. Il faut prendre ça un jour à la fois.»

Tout va changer

Avoir un bébé, ça change une vie. «Pendant plusieurs mois, on va ne faire que ça : vivre au rythme du bébé. Je constate que beaucoup de parents sont surpris par la place que prend l'enfant dans une vie», note Chloé Boehme, accompagnante à la naissance et en périnatalité. Parfois, le choc est grand. «On se dit que jusque-là, on a tout réussi dans la vie. On a réussi nos études, on a réussi notre vie de couple, notre carrière, mais on ne sait pas sur quel bébé on va tomber, et ça, c'est tout un apprentissage», ajoute Mme Boehme. D'où l'importance de demander de l'aide, au besoin. «Je pense que les parents ont tendance à penser que oui, ils vont être fatigués, mais ils ne mesurent pas à quel point. On peut penser qu'on va être capables de s'en sortir seuls, mais il faut à tout prix briser l'isolement.»




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