Génération 100 modes d'emploi

Pendant des décennies, des livres phares ont trôné sur la table des parents.... (Photomontage La Presse)

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Pendant des décennies, des livres phares ont trôné sur la table des parents. Des ouvrages comme Tout se joue avant six ans, qui ont eu un impact majeur sur des générations entières. Or, aujourd'hui, plus question d'une seule méthode éducative : des dizaines de concepts circulent. Pause jette un regard sur l'éducation des enfants... d'hier à aujourd'hui.

La discipline

Autrefois, on parlait d'«obéissance». Aujourd'hui, il est plus question de comportement positif. Voici comment les (grands) enfants de trois époques se sont frottés à l'autorité des adultes autour d'eux.

Années 50

Patricia Savage, 78 ans

Dans les années 50, l'adolescente avait compris qu'il valait mieux ne pas mettre la patience de son père à l'épreuve. «Il était préférable que ce soit ma mère qui me discipline. Je n'avais pas envie que mon père s'en mêle!», raconte-t-elle aujourd'hui. Lorsque les enfants désobéissaient à la maison, ils devaient généralement se retirer dans leur chambre. Parfois, ils allaient dormir sans manger. «C'était assez sévère chez nous, mais mes parents n'ont pas eu à intervenir souvent!»

Daniel Handfield, 69 ans

Enfant, Daniel réussit habilement à éviter les remontrances, à la maison. Il n'oubliera toutefois jamais ce jour où, à l'école primaire, il était arrivé couvert de poussière à l'école. «J'aimais jouer en chemin vers l'école, et j'étais arrivé tout sale, cette journée-là. L'infirmière inspectait les élèves, et elle m'avait renvoyé à la maison pour que je me lave! L'insulte suprême!»

Françoise Gagnon, 74 ans

Lorsqu'un des neuf enfants de la famille désobéissait, il devait souvent «aller dans le coin», raconte Françoise Gagnon en riant. «Il fallait y rester debout environ trois minutes. Ça nous semblait long!» Parfois, sa mère menaçait ses frères de leur donner un coup de «palette de bolo». «Elle ne l'aurait jamais fait!», s'amuse Françoise, aujourd'hui grand-mère.

Les années 80 et 90

Nancy Coulombe, 43 ans

Pas question de négocier ou de discuter chez Nancy, lorsqu'elle était petite. «Je me souviens qu'il n'y avait pas beaucoup de règles dans mon enfance, mais les punitions étaient sévères! Le contraire d'aujourd'hui finalement!» Lorsqu'elle dépassait les bornes, elle passait du temps dans sa chambre («et c'était plate, dans ce temps-là, rester dans sa chambre!»), elle était privée de dessert ou on l'empêchait d'aller jouer dehors.

Hugo Adam-Côté, 34 ans

Lorsqu'il repense à son enfance, Hugo Adam-Côté se souvient d'une autorité parentale «non discutable». «Il y avait des conséquences préétablies, et on savait à quoi s'attendre si on n'écoutait pas. On ne pouvait pas aller dans l'émotif comme on le voit aujourd'hui avec les enfants», raconte-t-il. Même si ses parents «n'étaient pas très rigides», il se rappelle avoir réfléchi dans sa chambre de temps à autre.

Geneviève Jetté, 30 ans

Lorsqu'elle était enfant, Geneviève Jetté se souvient que les règles à la maison étaient plutôt souples. Et si son père haussait le ton, sa mère intervenait souvent pour adoucir les conséquences. «On ne niaisait pas avec mon père. Par contre, ma mère me défendait beaucoup, parce qu'elle voyait que j'étais en train d'apprendre. Elle disait à mon père qu'il en avait fait, lui aussi, des affaires quand il était jeune!»

Les années 2000

Louka et Rémi Morin, 8 ans et 5 ans

Lorsqu'il y a des éléments irritants, la famille Morin organise des «conseils de famille». «Papa, on a une discussion de famille avec Louka, parce que ça ne fonctionne pas», a lancé Rémi à son père récemment. Si les parents des deux garçons se disent «sévères et conséquents», ils demandent surtout aux enfants de faire un geste de réparation, pour qu'ils comprennent les conséquences de leurs actes.

Catherine Belval, 11 ans

Lorsque Catherine ou un de ses frères a un comportement inadéquat, l'enfant doit s'asseoir un moment sur une chaise, le temps de réfléchir et de revenir au calme. «Parfois, on est privé de télé, ou on ne peut pas aller chez nos amis, ajoute la fillette. Mais ce que l'on fait souvent, c'est un geste réparateur. Je vais faire quelque chose de gentil, ou écrire un message d'excuses pour me faire pardonner.»

William Ciupka, 11 ans

De nature plutôt sage, William doit tout de même être remis à l'ordre à l'occasion. S'il est en colère, il est envoyé dans sa chambre pour se calmer. La conséquence suprême demeure cependant l'interdiction de jouer aux jeux vidéo. La durée varie en fonction de la gravité de la situation. «C'est déjà arrivé deux semaines... c'était quand même long», se rappelle-t-il.

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Les déjeuners

Gras trans, sucres ajoutés, OGM: il y a à peine une génération, ces concepts ne pesaient pas lourd dans la balance. L'alimentation occupe aujourd'hui une place beaucoup plus grande dans le grand panier des compétences parentales!

Années 50

Patricia Savage, 78 ans

«C'est mon père qui nous faisait déjeuner, se souvient Mme Savage. Il nous coupait toujours un demi-pamplemousse, coupé en petites sections. Tous les jours.» Les enfants mangeaient aussi un bol de céréales... mais ce dont se souvient surtout Patricia Savage, c'est l'huile de foie de morue obligatoire tous les matins. «On n'avait pas le choix. C'était "ouvre la bouche et prends ça!" Le goût me revient quand j'en parle!»

Françoise Gagnon, 74 ans

Pas de grande variété au menu chez Françoise Gagnon pour le déjeuner. Céréales «de base», pain tranché, beurre d'arachides, confiture et parfois (ô bonheur!) du caramel... «On ne se compliquait pas la vie!», lance-t-elle. Si, l'été, la famille se régalait de fruits saisonniers, le reste de l'année, on mangeait surtout des pommes et des bananes pour compléter le tout.

Daniel Handfield, 69 ans

«Ce n'était pas très différent d'aujourd'hui, sauf qu'on n'avait pas de céréales Capitaine Crunch!», s'amuse M. Handfield, qui se souvient toutefois que, côté fruits, le choix était très limité. «Je me souviens qu'on achetait des oranges d'un vieux monsieur juif, qui passait dans la rue avec son camion. C'est drôle, on ne les achetait pas à l'épicerie... C'était toute une fête de le voir arriver!»

Années 80 et 90

Geneviève Jetté, 30 ans

«Ma mère aimait vraiment nous faire des surprises, et à cette période de l'année, elle achetait des céréales d'Halloween avec des fantômes en guimauves. On en mangeait pendant un mois et, après, on passait aux Rice Krispies de Noël!», raconte Geneviève avec une petite pointe de nostalgie. Les trois enfants aimaient bien les surprises dans les boîtes, mais devoir se partager un seul petit cadeau n'avait rien de très réjouissant!

Nancy Coulombe, 43 ans

Au déjeuner, Nancy mangeait du pain grillé, mais invariablement du «pain blanc». Il n'y avait pas de grande variété au menu le matin, «et surtout pas de smoothies», lance-t-elle. «On mangeait souvent la même chose. Je pense d'ailleurs que j'ai eu les mêmes lunchs pendant trois ans!»

Hugo Adam-Côté, 34 ans

«C'étaient les classiques toasts au beurre de peanuts. Mes parents étaient un peu granos pour l'époque, alors ça devait sûrement être du pain brun!», lance-t-il.

Années 2000

Louka et Rémi Morin, 8 et 5 ans

Quinoa, flocons d'avoine, frappés aux fruits... les déjeuners des deux frères sont préparés chaque matin par leurs parents, avec un grand souci de l'équilibre alimentaire. Pas question de produits achetés tout faits à l'épicerie: puisque leur mère souffre d'une intolérance au gluten, même le pain est fait à la main. Le Nutella arrive sur leur table par l'entremise de leur grand-mère!

Catherine Belval, 11 ans

Chez Catherine, les déjeuners sont variés. Les enfants peuvent choisir ce qui leur plaît dans un grand éventail de boîtes de céréales, ou encore manger du pain grillé, des gaufres ou du gruau. «Mais si on choisit quelque chose de sucré, il faut absolument prendre quelque chose de santé, comme un fruit. Mon père et ma belle-mère regardent vraiment ce qu'on mange.»

William Ciupka, 11 ans

William n'a pas très faim le matin, et pas question pour ses parents qu'il parte pour l'école le ventre vide. Ce qui lui plaît? Des omelettes avec du jambon et des champignons, que lui préparent ses parents même les matins de semaine. Il aime aussi les assiettes de fruits coupés avec du yogourt.

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Les écrans

La gestion des écrans est sans contredit un enjeu majeur pour les familles d'aujourd'hui. Si les inquiétudes s'accroissent sur les effets pernicieux des tablettes et des jeux vidéo, ces soucis traversaient rarement l'esprit des générations précédentes!

Années 50

Daniel Handfield, 69 ans

La famille de Daniel a été la première «de la rue» à acheter une télévision, en 1953. Une véritable fête pour les enfants... et pour les voisins. «On tournait la télévision vers l'extérieur, et je me rappelle que les petits voisins la regardaient par la fenêtre», raconte-t-il en riant. Des limites? Quelles limites? «Zéro restriction! C'était tout nouveau, tout beau!»

Françoise Gagnon, 74 ans

Chez Françoise aussi, la télévision exerçait un immense attrait pour tous les membres de la famille. À l'avant-garde, sa mère limitait dans la mesure du possible ses enfants à un moment d'écran avant le souper. «On écoutait le canal 2, où il y avait des programmes en français et en anglais au même endroit!»

Patricia Savage, 78 ans

Quand la télévision a été lancée, Patricia Savage avait 15 ans. Cette petite boîte attirait certes sa curiosité, mais la culture littéraire bien ancrée dans la famille a été plus attrayante. «J'ai appris très jeune à aimer les livres. Il y en avait partout chez moi. Si j'avais le choix, je préférais lire.»

Années 80 et 90

Geneviève Jetté, 30 ans

Lorsqu'elle était enfant, Geneviève se souvient très bien qu'il n'y avait absolument aucune gestion du temps d'écran chez elle. Mordu de gadgets électroniques, le père de Geneviève s'assurait d'acheter les plus récents appareils, au grand bonheur de ses enfants, qui soupaient devant leurs émissions favorites. «L'achat de la console de jeux vidéo a été le début de la fin, chez nous!», raconte Geneviève en riant.

Hugo Adam-Côté, 34 ans

Les matins de fin de semaine tournaient autour des dessins animés à la télévision, jusqu'à ce que ses parents «se tannent», se rappelle Hugo Adam-Côté. Comme beaucoup d'enfants de sa génération, il a consacré de nombreuses heures à «passer des niveaux» sur sa console Nintendo. «On jouait aux jeux vidéo chez ma mère, qui essayait quand même de mettre des règles, raconte-t-il. Parfois, elle devait quand même nous appeler souvent pour qu'on finisse par aller souper!»

Nancy Coulombe, 43 ans

«Nous n'avions qu'une seule télévision, et mon père en était le maître absolu. On n'avait pas le câble, alors s'il écoutait le canal 2, tout le monde écoutait le canal 2. Finalement, on se ramassait tout le monde à écouter les petits animaux de la Mutuelle d'Omaha ensemble!» Nancy devait alors se rendre chez des amies pour écouter Musique Plus.

Années 2000

Louka et Rémi Morin, 8 ans et 5 ans

Les deux garçons s'amusent sur une tablette, mais seulement lorsqu'ils vont chez leurs grands-parents. À la maison, le téléviseur a disparu récemment. Inquiets devant la dépendance de toute la famille aux écrans, les parents de Louka et de Rémi ont décidé de «décrocher la télévision du mur». Ils regardent des films à l'ordinateur de temps à autre, ou encore ils jouent avec une application de yoga sur le téléphone de leur mère, mais en de rares occasions.

William Ciupka, 11 ans

Lorsqu'il rentre de l'école, William peut regarder une quinzaine de minutes de télévision avant de faire ses devoirs. Une fois ses travaux terminés, il a la permission de jouer aux jeux vidéo. Il possède un téléphone intelligent, une console XBox, une tablette et il a accès à l'ordinateur familial. Même si, à son avis, il «joue souvent», il dit s'arrêter régulièrement pour faire du sport.

Catherine Belval, 11 ans

À moins d'un «spécial», Catherine n'a droit à aucun temps d'écran la semaine. «Ça nous permet de faire nos devoirs et d'avoir du temps pour le sport», explique la fillette. Le week-end, les enfants ont la permission de regarder la télévision, mais généralement uniquement les matins et les soirs. Une routine qui plaît à Catherine. «On est habitués comme ça!»

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