Adoption internationale: la voix des enfants

« On veut d'abord être comme nos parents. On... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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« On veut d'abord être comme nos parents. On est parfois surpris de ce qu'on voit dans le miroir », dit Alexandrine Ubiera-Jonca.

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Les débats concernant l'adoption internationale s'attardent souvent à des enjeux juridiques et aux obstacles auxquels les parents adoptants sont confrontés. Les enfants adoptés à l'étranger qui ont grandi au Québec veulent aussi faire entendre leur voix.

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Alexandrine Ubiera-Jonca croit que l’une des choses que pourrait faire le RAIS, c’est de monter des ateliers de préparation pour ce « retour aux sources ».

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« Oui, chaque adoption est unique, mais il y a beaucoup de points communs dans les expériences que nous avons vécues », fait valoir Alexandrine Ubiera-Jonca, née en République dominicaine et adoptée à 3 ans par une femme de Saint-Eustache.

Avec quelques autres personnes, elle a fondé en 2009 le Regroupement des adopté-e-s à l'international sans frontières (RAIS) dans le but de favoriser les échanges entre enfants adoptés, mais aussi pour ouvrir un dialogue positif avec leurs parents et la société d'accueil. « On avait un réel besoin d'être ensemble et de se raconter nos histoires », dit la femme maintenant âgée de 38 ans.

L'une des caractéristiques des enfants adoptés à l'étranger, c'est qu'ils « vivent sans le savoir une relation interculturelle avec leurs parents adoptifs ».

«On veut d'abord être comme nos parents. On est parfois surpris de ce qu'on voit dans le miroir.»

Alexandrine Ubiera-Jonca

Elle évoque notamment le décalage qui peut être ressenti lorsqu'on a le même accent que ses parents, mais pas la même couleur de peau.

Parler d'adoption internationale du point de vue de l'enfant, c'est aussi s'inscrire en faux contre certains discours. « Les spécialistes de l'adoption parlent du trouble de l'attachement, expose Alexandrine Ubiera-Jonca. Plusieurs d'entre nous le voient d'abord comme un trouble du déracinement. » La nuance compte pour eux : se faire adopter, changer de pays, changer de langue, c'est devoir s'adapter à une foule de choses nouvelles.

Par ailleurs, ne serait-ce qu'en raison de la distance avec la « source », la quête identitaire des enfants venus d'ailleurs peut être parsemée d'embûches. Alexandrine Ubiera-Jonca a peut-être eu de la chance : elle a fait son premier voyage en République dominicaine à 14 ans, avec son grand-papa qui avait travaillé dans ce pays. Elle y est retournée toute seule, « pour connaître le peuple » et retrouver d'autres membres de sa famille.

Elle croit que l'une des choses que pourrait faire le RAIS, c'est de monter des ateliers de préparation pour ce « retour aux sources ». Les adoptés doivent se demander, selon elle, ce qu'ils cherchent et ce qu'ils peuvent espérer trouver en retournant dans le pays qui les a vus naître. Le choc peut en effet être grand. « Quand on retourne là-bas, on réalise qu'on est plus d'ici que de là », juge-t-elle. Ce qui peut toutefois aider à « s'accepter », selon elle.

Pour mieux faire entendre sa voix et offrir des services dans plusieurs régions du Québec, le RAIS tient mercredi une campagne de financement qui prend la forme d'un concert-bénéfice. Bïa, Paul Kunigis, Karim Ouellet et Maritza (du groupe Lisbonne Télégramme et elle-même membre du RAIS) font partie des artistes qui se produiront lors de cette soirée présentée au La Tulipe et mise en scène par Véronique Marcotte.

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