On bouge en famille

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Hockey, natation, gymnastique : pendant que les enfants passent des heures à bouger, les parents, eux, jouent aux chauffeurs de taxi. Souvent, ils restent assis pendant que Junior s'active. Et si on bougeait tous en même temps ? La tendance, dans plusieurs centres sportifs, est au décloisonnement : de plus en plus, les enfants, les parents... et même les grands-parents bougent en même temps.

FINI, LE TAXI

Les jeudis et les samedis, le YMCA de Cartierville, à Montréal, organise unbootcamp. Musique à fond la caisse, enchaînements énergiques, exercices de vitesse... et sur le plancher, aucune discrimination d'âge. Des « jeunes » de 3 à 77 ans y sont bienvenus.

Tennis, gym et arts martiaux : les activités familiales, autrefois réservées aux tout-petits de moins de 3 ans, se multiplient dans les centres sportifs. Le concept du parent-enfant s'étend à tous les âges.

Au YMCA Cartierville, l'initiative connaît un succès tel que le centre sportif pourrait ouvrir de nouvelles classes de zumba-famille et de bootcamp-famille pour répondre à la demande. « On n'aura pas le choix : il va falloir ajouter des cours ! C'est trop populaire. Ce sont d'abord les parents qui ont du plaisir et ce sont eux qui le communiquent à leurs enfants », explique Eugenia Nannas, responsable de la programmation.

Les sports extérieurs et les installations municipales permettent aux familles de bouger au même moment, mais l'aspect organisé de ces activités en fait un rendez-vous au moins une fois par semaine. Pas le choix : on s'habille tous et on sort. Ensemble. 

Une pause dans un quotidien qui va vite, précise Eugenia Nannas : « Ça change des soirées où la famille fait des devoirs, mange et regarde la télé. Les parents peuvent dire "allez, on va bouger" ! »

L'avantage collatéral des cours parents-enfants, précise Mme Nannas, c'est la possibilité pour les parents seuls de s'entraîner, sans culpabilité. « Pour les mères ou les pères de famille monoparentale, ça leur donne la chance de bouger, mais avec leurs enfants », explique-t-elle.

«Souvent, les parents ne peuvent pas laisser les enfants seuls à la maison, ou ils veulent bouger, mais ils ne veulent pas couper du temps qu'ils passeraient avec leur famille. En s'entraînant avec leurs enfants, ils peuvent faire les deux en même temps.»

Eugenia Nannas
Responsable de la programmation au YMCA Cartierville
Les avantages du sport parent-enfant sont nombreux, croit... (Photo Olivier Jean, La Presse) - image 3.0

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Les avantages du sport parent-enfant sont nombreux, croit Gabriella-Lilian Arredondo, qui s'entraîne régulièrement avec sa fille Bianca, 14 ans.

Photo Olivier Jean, La Presse

C'est exactement ça, confirme Gabriella-Lilian Arredondo, mère de famille monoparentale de trois enfants. Sa fille de 14 ans et elle profitent d'un programme qui permet aux jeunes de 12 à 15 ans de s'entraîner chez Nautilus Plus.

« Les mères de famille monoparentale ne peuvent pas prendre soin d'elles facilement, constate-t-elle. Mais si moi je tombe, parce que je ne suis pas en forme, qui va prendre soin de ma famille ? Je DOIS être en santé, et bouger avec ma fille me permet d'y arriver. »

PLUS LUDIQUE

Par la force des choses, les cours parents-enfants se font dans une ambiance ludique, moins compétitive que celle qui prévaut dans plusieurs activités réservées aux enfants seulement. N'empêche, même dans les séances parents-enfants, la notion de performance ou de compétition peut tout de même s'infiltrer.

« Ces activités font en sorte que les parents sont obligés d'être des modèles. Ils sont poussés à faire de l'activité physique plutôt que d'être uniquement des taxis. Mais attention : s'ils sont très autoritaires et très axés sur la performance, s'ils passent leur temps à reprendre leur enfant, à le pousser, ce n'est pas une panacée non plus », prévient Suzanne Laberge, professeure titulaire au département de kinésiologie de l'Université de Montréal.

La spécialiste remarque que les adultes se trouvent à peu près tout le temps dans un contexte compétitif. Bouger en famille devrait mettre la notion d'équipe (et de plaisir !) de l'avant, ajoute-t-elle.

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