Être père ailleurs: papa parisien

Patrick Léger, sa femme et leurs filles Anaïs... (Photo fournie par la famille)

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Patrick Léger, sa femme et leurs filles Anaïs Léger Petit qui a 4 ans et Maya Léger Petit qui a 2 ans.

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Établi dans l'Hexagone depuis 11 ans, Patrick Léger connaît bien la société française. Sa conjointe (française) et lui (québécois) ont deux filles, Anaïs, 4 ans, et Maya, 2 ans. La Presse l'a joint à Le Perreux-sur-Marne, en banlieue de Paris, pour parler de paternité en France.

Avez-vous eu droit à un congé de paternité à la naissance de vos filles ?Pour l'aînée, j'ai eu droit au congé de paternité québécois, parce que j'étais sous un statut de salarié en mission, expatrié en France. Je payais toujours mes impôts au Canada. J'ai donc pris sept semaines de congé. À la naissance de la deuxième, j'étais devenu un salarié français. J'ai eu droit à 11 jours de congé, point barre, ce que prévoit le système français. En plus, ce sont 11 jours calendaires, ce qui fait que les samedis et dimanches sont comptés. C'est assez expéditif.

Votre aînée va-t-elle à l'école, qui commence à 3 ans en France ?

Effectivement, elle est à la maternelle, en moyenne section. À 3 ans, les enfants vont à la petite section, à 4 ans, en moyenne section et à 5 ans, en grande section de maternelle. C'est gratuit. On doit seulement payer la cantine - ici, les gens n'emportent pas de boîte à lunch. Aujourd'hui, ma fille a mangé en entrée une salade fraîcheur, puis un boeuf niçois avec haricots verts, du fromage brie et une tarte normande. Le tarif unitaire du repas est de 5,28 euros (7,46 $). Ça peut paraître cher, mais on a des allocations familiales nettement supérieures, je crois, à ce qu'on a au Québec.

La cadette est-elle inscrite à la garderie ?

Oui. Ça s'appelle la crèche, ici. Avoir une place relève du parcours du combattant, mais nous avons été chanceux. Les prix varient selon les revenus, les plus riches paient plus cher. Des garderies à 7,30 $ par jour comme au Québec, ce n'est vraiment pas cher par rapport à ce qu'on paie en France.

En quoi est-ce différent, être père en France ?

Les gens rentrent tard à la maison, en région parisienne. À cause des transports et aussi parce qu'on commence rarement le travail avant 9h30. On gagne de bons salaires, il ne faut pas se le cacher. Mais le coût de l'immobilier est extrêmement élevé. À un moment donné, les gens veulent une maison. Ils s'éloignent de plus en plus en région parisienne, et ils le paient en temps de transport. On passe beaucoup de temps dans le trafic, dans les métros bondés. Ça a un impact sur la qualité de vie. À l'école, les enfants sont accueillis à 7h30 et ça se termine à 16h15. Ensuite, ils vont au centre de loisirs jusqu'à 18h45 maximum. D'autres engagent une nounou pour aller les chercher.

Que font les pères français avec leurs enfants ?

Nous avons un appartement avec jardin, mais vu les petits espaces et la proximité des services, je dirais que nous allons plus souvent au parc avec les enfants, par rapport à des enfants québécois qui jouent dans la cour de leur maison. Nous habitons une petite ville vraiment bien, avec une piscine à 150 mètres de notre appartement.

Le dimanche, les gens sont plus en famille qu'au Québec. C'est davantage considéré comme un jour de repos qu'au Québec.

France

Population en 2014 : 66 millions

Taux de fécondité en 2012 : 2,01 enfants par femme

Congé de paternité : 11 jours consécutifs, indemnisés selon les revenus (minimum 9,26 € (13,05 $), maximum 81,27 € (114,57 $) par jour).

Québec

Population en 2014 : 8 millions

Taux de fécondité en 2012 : 1,67 enfant par femme

Congé de paternité : cinq semaines payées l'équivalent de 70 % du revenu (revenu maximal assurable de 69 000 $ par an).

Sources : Insee, service-public.fr, Institut de la statistique du Québec et Régime québécois d'assurance parentale

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