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Les enfants et le sport: au soccer quatre fois par semaine

C'est sur le terrain de soccer qu'Isabelle Lamarre... (Photo Andre Pichette, La Presse)

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C'est sur le terrain de soccer qu'Isabelle Lamarre passe l'été, avec ses filles Sophie Elzina, Mikaëla et Alexandra René.

Photo Andre Pichette, La Presse

C'est sur un terrain de soccer de Brossard qu'Isabelle Lamarre passera l'été. Tout l'été. Ses filles aînées, âgées de 5 et 8 ans, jouent au soccer de 18 h 30 à 20 h, deux soirs par semaine. Le hic ? Mikaëla et Sophie Elzina ne jouent pas les mêmes soirs. « Je devrai donc courir tout l'été », résume Mme Lamarre.

Après sa journée de travail, elle devra aller chercher ses trois filles à la garderie, à l'école ou au camp de jour, les faire souper, puis emmener tout ce beau monde au soccer, du lundi au jeudi. Son conjoint ? Il ne finit de travailler qu'à 18 h 30. « Une fois les bains donnés, le dodo sera vers 21 h ou 21 h 30, calcule-t-elle. Quatre soirs par semaine, c'est trop ! »

Seuls 7 % des Canadiens de 5 à 11 ans - et 4 % des 12 à 17 ans - sont suffisamment actifs, selon le dernier bulletin de Jeunes en forme Canada, publié le 20 mai. Pour satisfaire aux directives canadiennes, les jeunes doivent faire au moins 60 minutes d'activité physique d'intensité moyenne à élevée, quotidiennement.

« Tous les parents désirent que leurs enfants fassent du sport, observe Nataly Chantal, de

Notre-Dame-de-Grâce. Mais l'implication en temps que ça demande est parfois surréaliste. » L'été dernier, ses deux plus vieux jouaient au soccer quatre soirs par semaine et deux week-ends par mois. Leur âge, à l'époque ? À peine 4 et 6 ans. Son mari avait, quant à lui, accepté d'être entraîneur bénévole. « Nous avons fini notre saison de soccer épuisés de courir les terrains, les matchs », se souvient la mère de trois garçons.

Cet été, pas de soccer au menu de cette famille. Plutôt des cours de natation, donnés une fois par semaine. « Ce n'est pas exigeant pour les parents et les gars s'amusent autant », constate Mme Chantal.

PAREIL AU BASEBALL

Vérification faite, plusieurs ligues récréatives de soccer requièrent, en effet, que les joueurs soient présents deux soirs par semaine, bien que d'autres se contentent d'une seule présence hebdomadaire. « SOYEZ PRÉSENT À TOUTES LES PRATIQUES ET TOUS LES MATCHS ; NE SOYEZ PAS EN RETARD », précise en majuscules le site internet de l'Association de soccer de Notre-Dame-de-Grâce.

« Pour ce qui est des 4 à 8 ans, si les enfants jouent deux fois par semaine, ce sont des exceptions, car nous manquons de plateaux, indique Michel Dugas, coordonnateur aux communications de la Fédération de soccer du Québec. Selon mes informations, les jeunes jouent une fois par semaine, et dans certains cas, il y a aussi une pratique. » Pour les parents, ça fait donc deux soirs de soccer. « Il est tout à fait normal que les jeunes pratiquent avant de jouer, réplique M. Dugas. C'est comme ça partout dans le monde ! »

C'est aussi comme ça au baseball, un sport d'été qui suscite un regain d'intérêt au Québec, avec une hausse de près de 30 % en six ans des inscriptions dans les ligues mineures. « Dans le secteur récréatif, il y a un match et un entraînement par semaine », confirme Maxime Lamarche, directeur du marketing de Baseball Québec. Un horaire parfait si on a la bonne idée d'avoir un seul enfant - ou des jumeaux, qui peuvent intégrer la même équipe...

VARIER LES PLAISIRS

La majorité des jeunes - soit 75 % des 5 à 19 ans - participent néanmoins à des activités physiques et à des sports organisés, d'après Jeunes en forme. « On est forts dans les sports organisés, confirme Jean Lemoyne, professeur au département des sciences de l'activité physique de l'Université du Québec à Trois-Rivières. Par contre, on ne trouve pas les alternatives pour faire bouger les jeunes qui ne sont pas impliqués dans les sports organisés. » C'est souvent tout ou pas grand-chose, selon les disponibilités des parents.

Or, il n'est pas toujours idéal de faire jouer les enfants comme s'ils se préparaient pour la Série mondiale ou la Coupe du monde de 2026. « On dit que le soccer est populaire et fortement pratiqué, mais on oublie de dire que le soccer a aussi un taux de décrochage assez élevé », observe M. Lemoyne.

Le plus important, selon lui ? « Que les jeunes touchent à une multitude d'activités, de façon régulière, en ayant du plaisir, sans que ce soit obligatoirement une pratique organisée, explique- t-il. On ne veut pas développer des athlètes spécialisés à 12 ans. On veut des jeunes capables de courir, sauter, attraper un ballon, lancer un ballon. Ensuite, ils pourront faire des choix. »

Isabelle Lamarre est résolue à consacrer son été au soccer. « Malgré tout, on arrive à aimer ça,

souligne-t-elle. On passe nos soirées dehors, les filles sont actives, elles se font des amies. Mais je peux vous dire que personne ne pleure quand il y a des orages et que le soccer est annulé. »

«Mon mari et moi avons toujours insisté pour... (Photo Olivier Jean, La Presse) - image 2.0

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«Mon mari et moi avons toujours insisté pour que nos enfants pratiquent une activité sportive l'été», dit Martine Bélisle, de Boisbriand, ici avec son conjoint Paul Tamas. Mission accomplie : Audrey, 14 ans, est une cavalière tandis que Félix, 12 ans, entame sa troisième saison de football.

Photo Olivier Jean, La Presse

« Une école de la vie »

Quand elle monte Jazz, son cheval couleur sable, Audrey Tamas se sent libre. « J'aime être dans ma bulle », affirme la cavalière de 14 ans, qui passe l'été à faire des compétitions équestres. « Ce que je préfère, ce sont les sauts d'obstacles, dit-elle. Ça procure de l'adrénaline, c'est le fun ! »

Pour sa part, son frère Félix, 12 ans, est un mordu de football. « J'aime ce sport pour les contacts et l'esprit d'équipe », explique le joueur des Tigres de Boisbriand.

Chaque semaine, ces adolescents ont deux ou trois entraînements chacun, « pas nécessairement le même soir ni dans la même ville », résume leur mère, Martine Bélisle. Leurs week-ends ? Ils sont consacrés aux matchs et aux compétitions.

D'avril à novembre, « nous n'avons pas le temps de nous ennuyer ni de faire la grasse matinée », reconnaît Mme Bélisle, sans amertume aucune. « Pas une seconde nous ne regrettons les sacrifices en temps et en argent que nous devons consentir pour que nos enfants pratiquent leurs sports préférés, assure-t-elle. Le sport leur permet de développer leur estime de soi, d'apprendre à donner leur 100 %, même quand c'est difficile, et leur inculque une excellente discipline. C'est une école de la vie. »

SEULEMENT TROIS SEMAINES DE VACANCES

Claudine Sauvadet, mère de Marie, gymnaste de 11 ans, est du même avis. « C'est le fun de la voir passionnée, ça n'a pas de prix », souligne-t-elle. Inscrite en sports-études, Marie fait 20 heures de gymnastique par semaine, été comme hiver. « Quand elle n'est pas en train de s'entraîner, elle regarde des vidéos de gym », dit sa mère en riant.

Ça a du bon. « Marie est super organisée et autonome, indique Mme Sauvadet. La gymnastique lui a donné une discipline. » Des vacances sont heureusement prévues cet été, mais seulement « pendant trois semaines, ce que prévoit le club de gymnastique », précise la mère de l'athlète.

Les Bélisle-Tamas se réservent aussi deux semaines de vacances en famille. C'est important « pour nous retrouver et prendre une pause de nos semaines chargées », conclut Mme Bélisle.




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