Pour bien doser la relâche des ados

Quand on la questionne sur l'attrait des écrans... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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Quand on la questionne sur l'attrait des écrans pendant les congés, Amaury Tucuna Chapdelaine, 16 ans, rigole. «Quand je reste sur mon cell, ce n'est pas que je n'ai rien à faire, nuance-t-elle. Je me tiens informée, aussi. Pour la maison des jeunes, par exemple, c'est par les réseaux sociaux qu'on sait ce qu'il y a à faire.»

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Si l'on souhaite que la relâche de nos adolescents ne se transforme pas en long tête à tête avec les écrans, mieux vaut aborder la question avec eux avant ce congé fort attendu. Trouver l'équilibre entre relaxer et bouger ? Entre la maison et les activités ? C'est possible, si toute la famille a son mot à dire.

« J'ai déjà vu des parents présumer qu'un voyage-surprise à Walt Disney pour la relâche serait une super idée, se souvient Nadia Gagnier, psychologue. Finalement, l'ado était fâché d'être coupé de ses amis, de son réseau. De leur côté, les parents le trouvaient un peu ingrat de les suivre en boudant... »

De pareilles situations sont évidemment plutôt rares, mais cet exemple met en lumière la nécessité pour les parents de mettre leurs jeunes dans le coup, quand il est question de relâche, illustre la psychologue.

«Il faut trouver le bon dosage. On peut dire à notre ado "dans la relâche il va y avoir des moments où on va te laisser tranquille, où tu pourras faire des activités avec tes amis, mais il y aura des journées où on aimerait passer du temps en famille". On peut aussi amener un ami dans nos activités familiales.»

Nadia Gagnier
Psychologue

À la maison des jeunes l'Hôte Maison, dans Rosemont, le coordonnateur Jimmy Rancourt abonde dans le même sens. Impossible de mobiliser des jeunes s'ils ne sentent pas qu'ils font partie du processus décisionnel.

Par contre, les attentes des adultes autour doivent être claires : « Si on donne le choix à nos ados, ils vont peut-être passer cinq jours sur Facebook. Mais si on leur dit qu'on s'attend à ce qu'ils fassent quelque chose, on va les amener à prendre une décision, à s'organiser. On leur dit quelque chose comme "tu as 15 ans, propose-moi un plan". »

La semaine dernière, les jeunes de l'Hôte Maison débattaient d'ailleurs entre eux des idées d'activités pour la relâche. Du karting, du cinéma, un atelier de cuisine... le défi maintenant est de respecter le budget dont dispose le groupe pour la semaine. Et de veiller à respecter l'horaire des jeunes pendant la relâche.

« On s'adapte, aussi ! Ils aiment dormir jusqu'à 10 h, 11 h ? Parfait, je vais ouvrir les portes à midi », prévoit Jimmy, qui ajoute que « pour sortir un jeune de son lit pendant la relâche, il faut tout de même que les activités sortent un peu de l'ordinaire. Qu'elles aient du punch ».

Les écrans? Et après?

Quand on la questionne sur l'attrait des écrans pendant les congés, Amaury Tucuna Chapdelaine, 16 ans, rigole. « Quand je reste sur mon cell, ce n'est pas que je n'ai rien à faire, nuance-t-elle. Je me tiens informée, aussi. Pour la maison des jeunes, par exemple, c'est par les réseaux sociaux qu'on sait ce qu'il y a à faire. »

Très impliquée, elle entend passer le plus clair de son temps à l'Hôte Maison au cours de la relâche. N'empêche, elle comprend que plusieurs jeunes ressentent le besoin de « prendre ça très relax » pendant leur congé.

« J'étais comme ça avant, à 13 ou 14 ans, raconte-t-elle. Mais je me suis rendu compte que soit je ne fais tellement rien de mon congé que je trouve qu'il est trop court, soit je fais tellement d'affaires que je trouve qu'il a passé trop vite ! De toute manière, un congé, c'est court ! Maintenant, je préfère en profiter. »

Elle compte aussi assister au Festival de films pour enfants de Montréal, avec ses jeunes soeurs. Une tradition familiale à laquelle elle tient beaucoup.

Seuls à la maison

Et parce que tous les parents ne peuvent prendre congé à la relâche, il s'agit aussi d'une occasion pour les plus jeunes adolescents d'apprendre à passer du temps seuls à la maison, note la psychologue Nadia Gagnier. « Pour un parent qui se questionne au sujet de la façon dont son ado va passer son été, s'il ne veut plus aller au camp, ça peut être une forme de laboratoire, si l'on veut. On peut voir où en est rendue notre confiance en sa capacité d'être seul en suivant les consignes de base », explique-t-elle.

La relation de confiance varie évidemment d'une famille à l'autre. Certains parents vont demander à leurs jeunes d'inviter un ami à la maison, ou encore faire une surveillance à distance, au téléphone. « Au début, on peut y aller par petits pas... résume la psychologue. Fonctionner ainsi, dans une approche graduelle, permet que tout le monde se sente plus à l'aise. »

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