Aider un proche dépendant présente des risques pour la santé mentale

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Charlotte Hill
Agence France-Presse
Paris

Les personnes qui aident un proche dépendant s'exposent à des risques de problèmes de santé mentale accrus de 20%, signale mercredi l'OCDE dans un rapport, appelant les pays de la zone à ne pas trop se reposer sur ces «aidants familiaux».Selon le rapport, il existe «une prévalence des problèmes de santé mentale supérieure de 20% chez les aidants familiaux à ce qu'elle est chez les non-aidants», les auteurs précisant avoir mesuré des indicateurs de dépression.

Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui réunit 34 pays riches, ce phénomène s'explique par le fait que «s'occuper plus de 20 heures par semaine d'une personne âgée est physiquement dur et mentalement stressant».En outre, indique l'organisation, les aidants «ont moins de chances d'occuper un emploi qu'un non-aidant, et, s'ils en occupent un, ont plus de chances de travailler à temps partiel et moins d'heures. Ils sont également confrontés à un risque plus élevé de pauvreté».Les plus touchés au sein des pays de l'OCDE sont les Grecs, les Danois et les Sud-Coréens, tandis que les Suisses semblent y échapper, Suédois et Italiens étant aussi moins affectés.

Les Français sont dans la moyenne, aux côtés des Britanniques et des Espagnols.Pour Jérôme Mercier, coauteur du rapport, «le message principal, c'est que les tâches liées à la prise en charge de la dépendance ont un impact psychique sur les personnes qui les font».Or, selon l'OCDE, «les aidants informels sont le socle du système» de gestion de la dépendance.Un adulte sur dix (à près de 65% des femmes) s'occupe d'une personne fragilisée dans les pays de l'OCDE, où environ 70% des dépendants sont pris en charge à domicile, un système moins coûteux que les établissements.

Pour l'organisation, qui prévoit que la part de la population âgée de 80 ans et plus va passer de 4% à près de 10% d'ici à 2050, il n'est pas certain que les aidants informels assurent à l'avenir «la charge autant que dans le passé».L'OCDE note ainsi que «la disponibilité d'aidants familiaux potentiels devrait se contracter du fait du taux d'activité en hausse des femmes» et parce que «les politiques sociales n'encouragent plus la retraite anticipée».Pour maintenir le ratio actuel aidants familiaux/personnes dépendantes, «il faudrait dans certains pays augmenter le nombre de ces aidants de 20% à 30%», relève l'OCDE.

Or, selon le rapport, le soutien qui leur est accordé «est souvent purement symbolique, se contentant de marquer l'utilité sociale et la difficulté de leur action».Pourtant, les épauler est une «solution triplement avantageuse» : pour les aidants, les «bénéficiaires des soins qui préfèrent que des proches et des amis s'occupent d'eux», et enfin pour les finances publiques.L'OCDE suggère de fournir aux aidants «des prestations en espèces», «un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée», notamment en adaptant les aménagements du temps de travail, ou encore de proposer «des services de soutien» (formations, accompagnement psychologique, etc.).

Elle souligne aussi qu'«il est important de ne pas trop utiliser cette main-d'oeuvre informelle» et juge que «de nombreux pays doivent renforcer leur secteur formel» qui emploie aujourd'hui entre 1% et 2% de la population active.




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