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Face à la montée des problèmes de santé... (Photo: Ivanoh Dermers, La Presse)

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Face à la montée des problèmes de santé mentale, des chercheurs tentent de mettre au point de meilleures stratégies pour détecter les problèmes de stress professionnel de manière précoce.

Photo: Ivanoh Dermers, La Presse

Mathieu Perreault
La Presse

Périodiquement, les employés d'une entreprise donnent de manière anonyme un échantillon de salive.

À l'aide de marqueurs biologiques, on parvient à mesurer le niveau de stress moyen. S'il augmente trop, une alerte est sonnée.

Cet exemple pourrait fort bien devenir réalité d'ici quelques années. Face à la montée des problèmes de santé mentale, qui sont responsables de la moitié des dépenses d'assurances médicales des entreprises québécoises, des chercheurs tentent de mettre au point de meilleures stratégies pour détecter les problèmes de stress professionnel de manière précoce et de mieux traiter les cas de surmenage.

«De plus en plus de professionnels se demandent si le retrait du travail est vraiment la meilleure manière de répondre à un surmenage», explique Sonia Lupien, professeure de psychologie à l'Université de Montréal, qui dirige le Centre d'études sur le stress humain de l'hôpital Louis-H. Lafontaine.

«Les employés sont souvent les amis les plus proches et la vie sociale à l'extérieur du travail est parfois très vide, dit-elle. Je ne suis pas convaincue que la meilleure manière d'aider une personne surmenée ou déprimée est de l'envoyer passer ses journées seule à la maison.»

De toute façon, les congés médicaux sont de moins en moins vus comme des temps morts où le patient se repose totalement.

«Aux États-Unis, il y a des programmes de cardiologie qui prévoient que les patients ont des obligations durant un congé suivant une chirurgie, dit la chercheuse montréalaise. Ils doivent assister à des formations en nutrition, en activité physique, etc. Je pense qu'on aura le même type de programmes pour les personnes qui sont en arrêt de travail à cause d'un problème de santé mentale. Elles seront obligées d'assister à des psychothérapies et à des réunions d'information sur la santé mentale.»

Vendredi dernier, Mme Lupien organisait à l'hôpital Louis-H. Lafontaine un colloque pour faire le point sur le sujet. Un débat sur le dépistage précoce a rassemblé des spécialistes du stress, des éthiciens, des dirigeants d'entreprise et des compagnies d'assurances.

«Le but est d'avoir une manière biologique de définir un excès de stress, dit Mme Lupien. C'est crucial pour avoir un bon diagnostic des médecins. Pour le moment, les médecins utilisent le diagnostic de «troubles d'adaptation» pour décrire le surmenage, parce qu'il n'existe pas de diagnostic médical.»

Un dépistage biologique du surmenage permettrait aussi de faciliter le versement des prestations des compagnies d'assurances, qui rechignent souvent à reconnaître la validité des cas de surmenage.

Le colloque a permis à une équipe de chercheurs québécois de présenter un projet de mesure de deux hormones liées au stress dans la salive de 3000 travailleurs de 60 entreprises.

«On va prendre les mesures cinq fois par jour, la semaine et la fin de semaine, pendant deux ans et demi», explique Pierre Durant, épidémiologiste à l'École des relations industrielles de l'Université de Montréal, qui fait partie du projet.

«Avec un marqueur biologique, nous pourrons plus facilement faire la différence entre le surmenage et la dépression, qui génèrent souvent les mêmes réponses sur les questionnaires même s'ils représentent des réponses très différentes au stress.»

La possibilité d'une mesure du stress dans la salive inquiète les syndicats, selon M. Durant. «Mais l'objectif n'est pas du tout de détecter avant l'embauche les gens qui sont plus sensibles au stress, dit-il. D'ailleurs, le gouvernement devrait interdire ce genre de pratique, tout comme l'utilisation des données génétiques d'une personne pour une décision d'embauche.»

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