Lire pour minou

Les chats sont des auditeurs calmes et, contrairement... (Photo archives AFP)

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Les chats sont des auditeurs calmes et, contrairement à d'autres enfants ou à des adultes, ils ne seront jamais critiques quand un enfant fait des erreurs en lisant.

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Tous les moyens sont bons pour motiver les enfants à lire. Les élèves de 2e et 3e année de l'école primaire Champlain, à Welland, en Ontario, se sont rendus dans un refuge de la Humane Society il y a quelques semaines pour faire la lecture aux... chats!

Il s'agit d'un projet mis sur pied par Terra Webster, une enseignante de l'établissement qui veut favoriser l'apprentissage de la lecture de manière ludique. Les jeunes, divisés en trois groupes de cinq à sept élèves, se sont présentés au refuge afin de faire la lecture aux félins pendant une demi-heure.

L'objectif était d'améliorer leurs habiletés en lecture sans se sentir jugés par les autres. Les chats sont des auditeurs calmes et, contrairement à d'autres enfants ou à des adultes, ils ne seront jamais critiques quand un enfant fait des erreurs.

«Les élèves étaient très excités à l'idée de faire cette activité. Je leur ai dit que les chats aimaient qu'on lise de manière fluide. Alors, ils ont choisi un livre à leur niveau et se sont vraiment exercés plusieurs fois, et ont ensuite lu leur ouvrage dans la classe», explique Terra Webster.

Les enfants ont fait la sélection des livres avec le plus grand sérieux. Leurs choix se sont surtout portés sur des thématiques félines, mais l'un d'entre eux a carrément refusé de lire un livre au sujet des chiens, car il craignait que cela fasse peur aux chats!

«Nous avons également fait le point sur les chats, à propos de leur comportement et sur la manière de se comporter au refuge. C'était une bonne façon pour moi de les motiver à lire et de leur donner des conseils sur la lecture sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment!», précise l'enseignante.

Terra Webster a ainsi pu observer un grand changement dans les habitudes de lecture de ses élèves, surtout chez ceux qui avaient le plus de difficulté.

«C'était magnifique! Je voulais tenter l'expérience, car j'ai quelques lecteurs débutants, surtout des garçons, qui ont une faible estime d'eux-mêmes. Pendant deux semaines, j'avais plutôt des garçons qui n'aimaient pas la lecture, mais qui étaient en train de lire pour s'assurer qu'ils seraient assez bons pour les chats.»

Terra Webster

Les chats ont semblé apprécier cette visite. Certains, plus réticents, ont préféré garder leurs distances, mais plusieurs se sont approchés des enfants, allant jusqu'à s'asseoir sur eux.

La joie se lisait sur le visage des élèves pendant qu'ils lisaient les histoires à leur public animal.

Cette activité se poursuivra en juin, mais aussi l'an prochain avec un nouveau groupe d'élèves.

Une méthode populaire

Aux États-Unis, la lecture à voix haute à des animaux de compagnie en refuge est de plus en plus populaire. C'est d'ailleurs en Pennsylvanie que cette initiative a le plus fait parler d'elle lorsque des photos d'enfants faisant la lecture aux chats ont fait le tour des réseaux sociaux et des sites web.

En Estonie, des bibliothécaires de la ville de Tartu ont quant à eux «embauché» des chiens. Depuis février, à raison d'une séance par mois, les jeunes lecteurs en mettent plein les oreilles à Tentel, lévrier afghan à poil long, à Elli, golden retriever, et au terre-neuve Leero.

En Ohio, aux États-Unis, un programme très original, destiné à lutter contre l'ennui et la tristesse des chiens et des chats du refuge Bitter Root Humane Association, situé à Hamilton, a été lancé il y a trois ans. Chaque semaine, des enfants rendent visite aux animaux abandonnés, pas seulement pour les caresser et jouer avec eux, mais aussi pour leur faire la lecture afin de les apaiser.

Un bel échange entre les apprentis lecteurs et leurs fidèles compagnons à quatre pattes.

Bonne nouvelle en France

Les députés français ont reconnu aux animaux la qualité symbolique d'«être vivant doué de sensibilité», alors que jusqu'à maintenant, le Code civil les considérait comme «des biens meubles». Cette modification législative fait suite à une pétition lancée il y a près de deux ans et qui a reçu le soutien de plusieurs intellectuels. Au Québec, malgré la mobilisation des défenseurs des animaux, la situation demeure toujours la même. À suivre...




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