Lapins de Pâques: un sérieux engagement

Contrairement au cliché de la bête en cage... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Contrairement au cliché de la bête en cage grignotant des carottes, le lapin a besoin de quatre heures de liberté par jour et se nourrit de légumes frais et variés.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Si, pour Pâques, l'envie vous est venue d'adopter un vrai lapin au lieu d'en dévorer un chocolat, vous aurez sûrement besoin de conseils pour prendre soin de votre nouveau compagnon. Tout comme pour un chat ou un chien, il s'agit d'un engagement à long terme qui vous demandera du temps et du dévouement.

Chaque année, plus de 260 lapins sont abandonnés à la SPCA de Montréal, dont la plupart après la relâche de Pâques. Alors qu'une cinquantaine d'entre eux sont placés en famille d'accueil, les autres élisent domicile au refuge en attendant de trouver un nouveau foyer.

Les bénévoles de la SPCA ont ainsi organisé le week-end dernier une campagne de sensibilisation au cours de laquelle ils ont incité des familles potentielles à accueillir pour une période de trois mois un lapin orphelin.

«C'est une bonne durée pour que la famille et l'animal aient le temps de s'apprivoiser. On découvre la personnalité de son compagnon seulement après quelques semaines», explique Anita Kapuscinska, coordonnatrice aux relations de presse à la SPCA de Montréal. Les personnes intéressées ont ainsi la chance de partir avec le lapin de leur choix. L'organisme leur fournit une cage aménagée pour les besoins de l'animal, ainsi que de la nourriture. Un conseiller les guidera également et leur donnera les informations nécessaires pour bien prendre soin de leur lapin. Un dépôt de 100$ est exigé et sera remboursé lors du retour à la SPCA. À la fin du séjour, les familles ont bien entendu l'option de rendre leur nouveau compagnon très heureux en l'adoptant pour la vie.

Idées reçues

Les lapins font l'objet d'un certain nombre d'idées reçues. Tout d'abord, ils ne sont pas des rongeurs, mais des lagomorphes. La différence? Ils sont dotés de six incisives (deux en haut et quatre en bas), contrairement aux rongeurs qui n'en possèdent que quatre. Ils ont donc des besoins propres à leur espèce qu'il faut impérativement respecter. Si on l'imagine le plus souvent dans une cage en train de grignoter des carottes, sachez que le lapin a besoin d'au moins quatre heures de liberté par jour. Une promenade qui lui permet notamment d'activer son système digestif complexe.

«On conseille des cages d'au minimum huit pieds carrés. Il faut le voir comme un chat, en liberté à l'intérieur», explique la coordonnatrice aux relations de presse de la SPCA de Montréal qui conseille également de recouvrir les fils électriques de manière sûre en présence de lapins dans une maison.

Autre mythe entourant le lapin: son alimentation. «Le lapin ne mange pas que des carottes. Il doit avoir du foin à volonté et au moins trois tasses de légumes frais variés par jour, comme du chou, du brocoli, des fines herbes, etc. C'est vraiment très important, et toutes les personnes désireuses d'adopter un lapin n'ont pas toujours ce genre d'alimentation dans leur frigidaire», précise Anita Kapuscinska.

La luzerne est quant à elle à proscrire, car elle est trop riche en calcium. «Le lapin a un système digestif très complexe. Ne vous affolez pas si vous voyez votre lapin manger ses excréments. Il produit en effet deux sortes de crottin: des selles molles appelées caeostrophes (qu'il ingère) et des selles fermes qui sont les «vrais «excréments. Les caeostrophes sont enrobés de mucus et contiennent beaucoup de protéines, de fibres, de vitamines K et B», précise Carole Laflamme, bénévole à la SPCA et famille d'accueil de deux lapins.

S'il demande presque autant d'attention qu'un chien, le lapin a le tempérament d'un chat, mais aussi sa propreté, utilisant lui aussi une litière s'il y est entraîné dès le départ. «Dès les premiers jours, il va choisir où il aime faire ses besoins. Vous n'avez qu'à le suivre et mettre sa litière à cet endroit, conseille Carole Laflamme. J'ai choisi de laisser mes lapins sans cage: un a une pièce juste pour lui, l'autre, un grand enclos.»

Fragiles et nerveux, les lapins ne sont pas les compagnons idéaux pour de très jeunes enfants, mais s'entendent particulièrement bien avec les chiens et les chats.

La principale cause d'abandon reste la crise d'adolescence des lapins, qui survient entre l'âge de 4 et 6 mois. Durant cette période, votre petit compagnon aura besoin d'encadrement et de patience, et pourrait, s'il n'est pas stérilisé, se mettre à mordre ou à gruger vos meubles. La stérilisation est donc essentielle et est garantie à la SPCA. Les frais d'adoption y sont de 60$ pour un mâle et de 80$ pour une femelle.

Une visite annuelle chez le vétérinaire est suggérée, notamment pour surveiller les problèmes dentaires éventuels de votre lapin.

N'oubliez pas: un animal n'est pas un cadeau, c'est une responsabilité.




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