Le pitbull, un chien comme les autres

Il n'existe aucune preuve scientifique que le pitbull... (Photo fournie par Pit Stop Montréal)

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Il n'existe aucune preuve scientifique que le pitbull est plus agressif qu'un autre type de chien. Son tempérament très déterminé et sa fidélité inconditionnelle en font un chien formidable, mais aussi capable de comportement contre nature.

Photo fournie par Pit Stop Montréal

Le pitbull a mauvaise presse, et sa réputation de chien dangereux ne l'aide pas à trouver un nouveau foyer quand il est abandonné dans un refuge. Pourtant, il n'existe aucune preuve scientifique qu'il est plus agressif qu'un autre type de chien, bien au contraire.

En mai 2011, observant que près de la moitié des chiens en adoption étaient des pitbulls, trois bénévoles de la SPCA ont décidé de créer Pit Stop Montréal, un organisme à but non lucratif. En moins de deux ans, Pit Stop a réussi à placer plus de 130 chiens. «Les pitbulls n'ont pas les mêmes chances que les autres en raison de leur réputation. Pourtant, s'ils sont en adoption à la SPCA, cela signifie qu'ils ont passé leur évaluation comportementale haut la main, tout comme les autres chiens», explique Adrien Cogan, vice-président de Pit Stop Montréal qui consacre tout son temps libre à l'organisme tout comme cinq autres bénévoles.

«On essaye de sensibiliser les gens en organisant des journées d'adoption dans les boutiques pour animaux. Le pitbull n'a rien de spécifique, il n'a pas plus de pouvoir que les autres chiens!», dit-il.

Légende urbaine

Contrairement à la légende urbaine, plusieurs études démontrent que la mâchoire du pitbull n'est pas munie d'un mécanisme de verrouillage. Il n'est également pas doté d'un cerveau trop gros pour sa boîte crânienne qui le rendrait fou! Au début des années 90, le pitbull était en effet considéré comme un bon chien de famille, s'illustrant dans les campagnes publicitaires en Angleterre et aux États-Unis, mais aussi à la télévision dans la série The Little Rascals. C'est aussi la mascotte des chaussures pour enfants Buster Brown. Dès les années 60 et 70, avec la progression des gangs de rues et la recrudescence des combats de chiens, il va rapidement devenir la nouvelle bête noire du monde canin.

Son tempérament très déterminé et sa fidélité inconditionnelle en font un chien formidable, mais aussi capable de comportement contre nature pour satisfaire les désirs de son maître.

«Les éleveurs de «cours arrière» ne savent pas ce qu'ils font et le nombre de chiots devient rapidement hors de contrôle. Ils placent ces chiens avec n'importe qui: plus un chien a mauvaise réputation, plus il se retrouve entre les mains de mauvaises personnes», précise le vice-président de Pit Stop.

Devenir famille d'accueil

Si vous n'êtes pas encore certain de vouloir adopter un pitbull ou si vous désirez donner un coup de main à Pit Stop, vous pouvez devenir famille d'accueil pour une période de deux semaines à six mois. L'organisme n'ayant pas encore de lieu physique, il est essentiel qu'il trouve un toit à ses nouveaux pensionnaires en attente d'adoption.

Pour cela, vous devez remplir dans un premier temps un formulaire qui se trouve sur le site de l'organisme.

«Il s'agit de 50 questions qui nous permettront de savoir quel genre de chien vous conviendra. On demande aussi des références de vétérinaire, et le numéro de téléphone du propriétaire de l'appartement où vous habitez. Une fois l'adoption acceptée, on commence par laisser le chien 3-4 jours chez vous pour voir si tout va bien. Une fois l'adoption finalisée, on continue à faire un suivi jusqu'à la fin des jours du chien», précise Adrien Cogan.

Pit Stop offre un soutien complet aux familles d'adoption ou d'accueil. Seule la nourriture devra être achetée.

«On a à peu près 10-12 chiens en famille d'accueil. On n'accepte pas n'importe quel chien, il doit d'abord passer un test comportemental avant d'être placé. Comme nous n'avons pas de local, nous ne pouvons travailler à long terme sur les problèmes de comportement. Alors, on en refuse beaucoup. On connaît nos limites et c'est pour ça qu'on a autant d'adoptions», explique Adrien Cogan.

Chance Mahtani est famille d'accueil pour Pit Stop depuis juillet 2012. Elle a accueilli la semaine dernière Lily, son 13e chien en provenance de Pit Stop.

«Je suis étudiante et je n'ai pas les moyens d'être propriétaire d'un chien. Alors, être famille d'accueil est idéal pour moi puisque tout est payé. C'est toujours difficile de les voir partir. Mais je suis contente, car je sais qu'ils ont trouvé un foyer», explique la jeune femme, qui garde toujours contact avec les familles d'adoption et sert parfois de gardienne pour ses anciens pensionnaires.

Aujourd'hui, Pit Stop tente d'amasser assez de fonds pour ouvrir un sanctuaire qui pourra accueillir une cinquantaine de pitbulls et leur offrir plusieurs services comme la réhabilitation, la pension à court et long terme et un sanctuaire où les chiens non adoptables pourraient passer le reste de leurs jours dans un endroit sécuritaire et enrichissant.

***

Le mythe de la mâchoire verrouillée

Le docteur Brady Barr, de National Geographic, a étudié les morsures d'animaux, testant ainsi autant les humains, les chiens domestiques que des animaux sauvages. Voici les chiffres qui sont ressortis de cette expérience analysant la pression en livre de la morsure.

Humains : 120 lb

Requins blancs : 600 lb

Hyènes : 1000 lb

Crocodiles : 2 500 lb

Chiens domestiques : 320 lb en moyenne

Un berger allemand, un pitbull terrier américain et un rottweiler ont été testés grâce à une manche de morsures équipée d'un ordinateur spécialisé. Il en ressort que la morsure du pitbull terrier américain a moins de pression que celle des trois autres chiens.




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