Des cendres d'animaux dans un feu d'artifice

Empaillage? Cimetière canin? Urne sur la cheminée? Ringard! Pour une poignée de... (PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE)

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PHOTO JACQUES BOISSINOT, LA PRESSE CANADIENNE

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Amy Coopes
Agence France-Presse
Sydney

Empaillage? Cimetière canin? Urne sur la cheminée? Ringard! Pour une poignée de dollars, un pyrotechnicien australien propose d'envoyer les cendres de votre animal domestique au ciel dans une gerbe de feu multicolore. Et pour quelques dollars de plus, on peut l'y rejoindre.

Craig Hull a eu cette idée lumineuse après avoir dispersé les cendres d'un ami lors d'une cérémonie d'ouverture de Jeux olympiques - dont il tait l'édition.

Pour ses chiens, Zeus et Gyprock, il voulait quelque chose d'encore plus spectaculaire.

«Je me suis dit "je vais me trouver un job de pyrotechnicien et je vais les envoyer avec des feux d'artifice". C'est ce que j'ai fait», explique-t-il simplement.

Le 31 décembre 2010, Zeus, un croisement de berger allemand et d'akita, et Gyprock, croisement entre un labrador et un chien de berger, ont jailli ensemble d'un mortier, quelques centaines de grammes d'os, de canines et de poil embrasant la voûte céleste au-dessus de Sydney qui célébrait alors, avant le reste du monde, l'annonce d'une nouvelle année.

«Pouvoir scruter le ciel où séjournent ceux qui vous sont chers est un sentiment assez incroyable, au point que d'autres personnes devaient absolument connaître ça», s'enthousiasme Craig Hull qui dans la foulée a créé sa société, «Ashes to Ashes» (les cendres aux cendres).

Warren Blackwell est devenu son premier client.

Elle va faire un gros «bang»

Huit longues années durant, il n'a pu se résoudre à se séparer des poussières de Gypsy, une staffordshire bull terrier tuée par une voiture à l'âge de quatre ans malgré le bouche-à-bouche prodigué par son propriétaire.

«Je ne pouvais pas me débarrasser de ses cendres. Je ne trouvais aucune solution satisfaisante», confie-t-il par un splendide coucher de soleil sur le port de Sydney, à quelques minutes de la cérémonie.

«J'ai vu l'obus et je l'ai vue, elle, entrer dans le mortier là-bas, elle attend. Je sais qu'elle va faire un gros "bang"».

Lorsqu'enfin s'élève la gerbe à grand bruit, les amis rassemblés sous un eucalyptus soupirent d'aise. Le ciel se zèbre d'or, d'argent et de bleu. Le final les saisit tout à fait: c'est un coeur rouge qui lentement se dissipe et charbonne l'éternité d'une traînée grise.

L'oeil humide, Warren Blackwell lève son verre de champagne. «C'était Gipsy».

La cérémonie coûte 950 dollars australiens (987 dollars CAN), musique et restauration incluses. Les bêtes sont propulsées par groupe de quatre.

Naturellement, une équipe vidéo peut immortaliser les funérailles célestes en haute définition. Pour 280 dollars supplémentaires (291 dollars CAN).

Tous les lieux sont imaginables, moyennant les autorisations nécessaires, à l'exception des parcs nationaux et des plages, précise Craig Hull.

À partir de 4800 dollars (4989 dollars CAN), l'artificier - et accessoirement artiste de cirque - propose le même service pour... les êtres humains. Le protocole est individuel, intime. Officiellement, qu'il s'agisse d'un adieu «simple», «spectaculaire», «tranquille» ou «sur mesure», on ne mélange pas les cendres.

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