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Entraînement: à deux, c'est mieux?

À quoi bon le faire seul quand on peut le faire à deux ? De la course à pied au... (PHOTO Martin Chamberland, LA PRESSE)

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À quoi bon le faire seul quand on peut le faire à deux ? De la course à pied au badminton, l'entraînement en duo offre plusieurs avantages... et quelques inconvénients. Rencontre avec trois duos pour qui l'entraînement à deux demeure une grande source de motivation.

COMPLICITÉ MÈRE-FILLE

Le duo 

  • Noms : Annie Bilodeau et Alyssa Ricard
  • Âge : 46 ans et 18 ans
  • Enseignante en adaptation scolaire et cégépienne
  • Lien : mère-fille
  • Sport : boxe (entre autres)
  • S'entraînent ensemble à la boxe depuis janvier, 2 à 5 fois par semaine

Comment s'est formé votre duo ?

En décembre, Annie Bilodeau a remarqué qu'il se donnait un cours de boxe au World Gym de Rosemère, où elle s'entraîne. Curieuse, elle a essayé... et elle a tout de suite aimé. Elle en a parlé à sa fille Alyssa, elle aussi une grande sportive, avec qui elle a l'habitude de faire du sport. On devine la suite : Alyssa a accroché elle aussi.

L'avantage de s'entraîner à deux ?

Annie Bilodeau : « La motivation, la saine compétition entre nous. On s'encourage ! Le plaisir, aussi, et la complicité. On partage de beaux moments. »

Alyssa Ricard : « On se motive mutuellement. Ça aide beaucoup. Si, un soir, ça nous tente moins, on se force à y aller. Si on est fatiguées pendant une combine [un enchaînement de coups], on peut se booster un peu. »

L'inconvénient de s'entraîner à deux ?

Annie Bilodeau : « Je n'en vois pas. C'est super positif. Si elle ne vient pas, je change de partenaire. »

Alyssa Ricard : « Si l'une de nous deux veut y aller plus fort, plus vite, l'autre peut avoir de la misère à suivre. »

Quel est votre rôle dans le duo ?

Annie Bilodeau : « Je suis l'adulte, j'ai peut-être plus d'entregent. J'ai tendance à être l'instigatrice, à organiser. J'ai aussi peut-être un rôle de modèle. »

Alyssa Ricard : « Je la motive beaucoup. Quand ça lui tente moins, je la force en niaisant. Si, par exemple, sa journée n'a pas bien été, je l'invite à se défouler ! »

Quel est le rôle de votre partenaire dans le duo ?

Annie Bilodeau : « Quand on fait certaines combines, elle va me corriger. Et quand on prévoit s'entraîner, le soir, elle m'envoie des textos dans la journée. C'est motivant ! »

Alyssa Ricard : « Son rôle, c'est de me motiver. Quand je me décourage, quand je suis fatiguée, elle m'invite à la suivre. »

Parlez-nous d'un moment marquant de votre duo...

Annie Bilodeau : « Un jour, on a filmé une combine au gym. Quand on est arrivées à la maison, on l'a refaite devant la famille. On était vraiment contentes, fières de nous. »

Alyssa Ricard : « Pendant un cours, on pratiquait une longue combine et on avait de la misère à la faire sans faute et on voulait se filmer. Ça nous a pris une trentaine de minutes à l'avoir. Quand on l'a eue, on était super contentes, super fières. »

LES CONJOINTS QUI SE COMPLÈTENT

Le duo

  • Noms : Sébastien St-Hilaire et Mélanie Labelle
  • Âges : 39 ans et 36 ans
  • Conseiller en placement et chef de famille
  • Lien : conjoints et parents de Louis, 7 ans, et Jane, 2 ans
  • Sport : course en sentier (ultramarathon)
  • Ils s'entraînent ensemble depuis 5 ans, parfois ensemble, souvent séparément, mais font des épreuves en duo.

Comment s'est formé le duo ?

Il y a cinq ans, Sébastien a commencé à courir pour son bien-être (il pesait 40 lb de plus et sa santé n'était pas optimale). Mélanie s'y est mise aussi. En 2013, Sébastien a demandé à sa douce d'être sa coéquipière à la Transrockies Run, une course de six jours au Colorado qui avait lieu l'année suivante. Elle a accepté. Depuis, ils ont relevé plusieurs défis en duo.

L'avantage de s'entraîner à deux ?

Sébastien St-Hilaire : « S'entraîner en duo, c'est aussi se comprendre, avoir des objectifs communs et permettre à l'autre de faire de longues sorties tout en ayant de jeunes enfants et des carrières. »

Mélanie Labelle : « La motivation. Quand tu as quelqu'un à côté de toi, ça t'aide à attacher tes souliers. En plus, ça nous permet de passer plus de temps de qualité ensemble. »

L'inconvénient de s'entraîner à deux ?

Sébastien St-Hilaire : « Si j'arrêtais de courir, ce serait un peu comme si je la laissais tomber... Mais ce n'est pas vraiment un inconvénient. Il y a tellement de bénéfices. »

Mélanie Labelle : « Ce n'est pas un inconvénient, mais un défi : on a dû adapter notre communication et s'entendre sur l'objectif de notre présence à une course étant donné que Sébastien est plus rapide que moi. »

Quel est votre rôle dans le duo ?

Sébastien St-Hilaire : « Je me vois comme le transmetteur de passion, comme l'initiateur. Je suis celui qui allume le feu, mettons. »

Mélanie Labelle : « En complément, je crois être le bois de chauffage ! Je suis la fille qui alimente, qui maintient la motivation. La trouper, quoi ! »

Quel est le rôle de votre partenaire dans le duo ?

Sébastien St-Hilaire : « C'est un rôle un peu intangible : elle est mon soutien, mon âme soeur. Quand elle est là, elle m'accompagne physiquement de sa présence. Quand elle n'est pas là, elle m'accompagne mentalement. »

Mélanie Labelle : « Je le vois comme un mentor, un coach. C'est la personne qui me connaît le mieux - peut-être plus que moi-même - et il sait comment faire pour m'aider à me dépasser et me sortir de ma zone de confort. »

Parlez-nous d'un moment marquant de votre duo...

Sébastien St-Hilaire : « Un jour de février, Mélanie a lâché son émission de télé et a dit : "Moi aussi j'aimerais ça courir." On est partis courir ensemble autour du bloc. Le chemin qu'elle a parcouru en cinq ans est incroyable. »

Mélanie Labelle : « En terminant ma première course de 38 km, j'ai pleuré ma vie parce que je pensais que j'allais y laisser ma peau. Ç'a été un déclic : j'ai compris la symbolique que ça avait de faire ça avec l'homme que j'aime. »

LES COLLÈGUES COMPÉTITIFS

Le duo

  • Noms : Sylvain Montmarquette et Marc Vachon
  • Âge : 53 ans et 52 ans
  • Enseignant et conseiller en formation scolaire
  • Lien : collègues et amis
  • Sport : badminton
  • Ils s'entraînent ensemble depuis 20 ans, 4 à 5 fois par semaine (surtout le matin), à raison de 90 minutes.

Comment s'est formé le duo ?

Sylvain Montmarquette et Marc Vachon ont commencé à jouer au badminton ensemble il y a une vingtaine d'années, dans un gymnase du cégep Marie-Victorin, où ils travaillent. Au départ, ils étaient une demi-douzaine de collègues à jouer, mais l'équipe s'est dissoute avec le temps. Depuis plus de 15 ans, ils ne sont qu'eux deux, toujours fidèles au rendez-vous et plus motivés que jamais.

L'avantage de s'entraîner à deux ?

Sylvain Montmarquette : « Le plaisir d'être deux, c'est la rencontre. Une rencontre amicale qui se termine par une rencontre amicale. Et entre les deux, il y a nos joutes, qui sont amicales, mais aussi compétitives. »

Marc Vachon : « C'est rire ensemble sur le terrain, aimer voir l'autre se fâcher un peu, relever un défi de titan chaque fois... je ne vois pas le temps passer. »

L'inconvénient de s'entraîner à deux ?

Sylvain Montmarquette : « C'est la déception quand l'autre n'est pas disponible. L'an dernier, Marc est parti pendant un an dans le Grand Nord... Et Marc, il est souvent blessé ! Une petite déchirure ici, un petit mal là (rires). »

Marc Vachon : « Je suis pour, complètement. Je me suis longtemps entraîné avec mon frère - karaté, escrime, course à pied - et c'étaient les meilleurs moments de ma vie. J'ai trouvé un autre frère sur le terrain. »

Quel est votre rôle dans le duo ?

Sylvain Montmarquette : « Je suis extraverti au départ, davantage que Marc, qui est peut-être plus discret. De nous deux, je suis le frondeur, celui qui va attaquer plus que se défendre, celui qui va pointer l'autre, le "baver" davantage. »

Marc Vachon : « Il dira peut-être la même chose de son côté, mais c'est de lui offrir un défi de taille. Je suis le plus intense possible, autant pour moi que pour lui. »

Quel est le rôle de votre partenaire dans le duo ?

Sylvain Montmarquette : « Marc, c'est un gars qui écoute beaucoup, d'une part, et qui va agir dans l'action. Il va faire ce que moi, je dis très haut... et qui me retombe bien souvent sur le nez. »

Marc Vachon : « Il m'est indispensable sur le plan de mon entraînement, de ma forme physique. C'est un gros, gros, gros avantage à mon emploi. Je me lève à 5 h 50 le matin sans aucune difficulté. »

Parlez-nous d'un moment marquant de votre duo...

Sylvain Montmarquette : « C'est la ligne de constance qui me marque le plus. Après 15 ans, c'est plus motivant que ça ne l'a jamais été. Je suis toujours un peu fasciné par ça. »

Marc Vachon : « Durant plus d'une année, lorsque l'un de nous gagnait tous les matchs de la journée, il avait le privilège d'appeler la femme de l'autre et de lui dire quelques mots afin qu'elle motive son homme pour le lendemain. »

PLUS EFFICACE À DEUX ?

L'entraînement en duo, c'est plus efficace ? Parfois oui, parfois non, nous expliquent Madeleine Hallé, psychologue en performance sportive, et Karine Larose, kinésiologue et directrice des communications chez Nautilus Plus.

TOUT DÉPEND DES MOTIFS

Ça dépend, en fait, des raisons pour lesquelles on fait de l'activité physique, indique Madeleine Hallé. Les gens qui carburent aux résultats ne trouveront pas nécessairement leur compte dans l'entraînement en duo. Par contre, cette habitude peut convenir à ceux qui visent moins la performance. « C'est comme si l'on passait par la porte d'à côté : l'activité physique devient un prétexte pour aller chercher ou pour donner du soutien à une autre personne, à être en relation, à développer une amitié », énumère Madeleine Hallé.

MOTIVATION ET ENGAGEMENT

L'entraînement à deux est souvent plus agréable, plus motivant, note Karine Larose. Les gens qui ont tendance à trouver un prétexte quand arrive le moment de partir au gym ou d'enfiler ses souliers de course auront plus de chances d'être assidus. « Tu as comme un devoir moral d'y aller parce que quelqu'un t'attend, dit-elle. Inévitablement, ça hausse la motivation. » En fait, résume Madeleine Hallé, « les raisons qui nous amèneraient à ne pas y aller perdent de l'importance comparativement à l'engagement qu'on a pu prendre avec une deuxième personne. »

DÉCOUVERTES ET INTENSITÉ

Quand on est deux, on est aussi moins gêné... et plus ouvert à découvrir de nouvelles choses. « Parfois, s'entraîner à deux, ça nous permet d'essayer des activités ou des sports que l'on n'aurait pas nécessairement essayés seul », souligne Karine Larose, qui donne la Zumba en exemple. « Quand on est deux, trois, quatre personnes ensemble, il est probable qu'on ait plus envie de se dépasser que si on s'entraînait seul », ajoute-t-elle. L'autre devient donc une source d'inspiration.

PAS TOUJOURS ADAPTÉ

Autant l'entraînement à deux peut-il motiver certaines personnes, autant est-il susceptible d'avoir l'effet contraire : démotiver. Ça peut être le cas chez les sportifs qui tirent leur satisfaction de leurs résultats. « L'entraînement de ton ami n'est pas nécessairement adapté à toi, à ta condition physique et à tes besoins », rappelle Karine Larose, qui souligne que cela peut aussi s'appliquer, par exemple, à des joueurs de tennis de différents calibres. Quand on s'entraîne en salle, mieux vaut suivre un programme d'entraînement adapté à soi, quitte à le faire en parallèle avec son ami.

DÉPENDANCE

Enfin, s'entraîner à deux peut créer une certaine dépendance, note Madeleine Hallé, au même titre qu'on peut devenir dépendant de la musique, illustre-t-elle. « Le problème, c'est quand la personne ne sera plus là. Que va-t-il arriver ? L'intérêt pour l'activité physique peut partir quand la vraie raison de l'activité physique, ce n'était pas l'activité physique, c'était l'autre personne. » Aux yeux de Karine Larose, pour maintenir une vie active, il est important de se trouver d'autres sources de motivation... et de garder en tête qu'on s'entraîne d'abord et avant tout pour la santé.

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