«Goûter» aux changements climatiques

Fonte de Gonçalvinho Tinta Roriz Dao 2015, 19,80 $... (Photo fournie par la SAQ)

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Fonte de Gonçalvinho Tinta Roriz Dao 2015, 19,80 $ (12974531)

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Karyne Duplessis Piché

Collaboration spéciale

La Presse

Des experts étaient réunis la semaine dernière à Montréal pour discuter de l'impact des changements climatiques dans  le monde du vin. Régions viticoles en péril, diversification des techniques et bouleversements dans les vignobles, les spécialistes sont unanimes: les transformations seront majeures. Retour sur la conférence en cinq vins.

Régions en danger

«Les projections [sur le climat] sont un peu inquiétantes pour le monde du vin, du moins pour les régions traditionnelles», a expliqué Steven Guilbeault, d'Équiterre, en marge de la conférence. Le sud de l'Europe, l'Argentine et l'Australie devraient subir de plus en plus de sécheresses, selon les projections des organismes spécialisés comme la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) américaine. Ces conditions y rendront plus difficile la culture de la vigne et favoriseront les incendies, comme on l'a vu dernièrement en Californie.

Après avoir enregistré l'un des étés les plus chauds de l'histoire, le Portugal et l'Espagne ont combattu d'importants incendies au cours des dernières semaines. Les régions viticoles du Dão, au Portugal, et de Rías Baixas, en Espagne, ont été particulièrement touchées. En solidarité avec les vignerons de ces deux appellations, pourquoi ne pas déguster leurs vins, comme ce rouge portugais du domaine Fonte de Gonçalvinho? À base de tinta roriz (tempranillo), son attaque est charnue et il n'est pas trop boisé. Il s'ouvre sur des notes d'épices, de cerises noires, de griottes et de violette. Très beau vin d'automne.

Fonte de Gonçalvinho Tinta Roriz Dao 2015, 19,80 $ (12974531)

Coteau Rougemont Vidal Réserve 2015, 22,70 $ (12862951)... (Photo fournie par la SAQ) - image 2.0

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Coteau Rougemont Vidal Réserve 2015, 22,70 $ (12862951)

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Régions émergentes

Si le climat menace plusieurs régions traditionnelles du vin, d'autres sont appelées à profiter du réchauffement. C'est le cas de l'Angleterre, comme l'explique l'auteur anglais Jamie Goode, où la production de mousseux est en pleine croissance.

Le vignoble canadien devrait également bénéficier des changements climatiques, ajoute M. Goode, qui cite en particulier le cas de la Nouvelle-Écosse. «Jusqu'à tout récemment, il faisait trop froid pour y cultiver des vitis viniferas [les cépages les plus connus dans le monde], précise-t-il. La région fait maintenant d'excellents mousseux avec les mêmes cépages qu'en Champagne.»

Le Québec profite lui aussi d'une saison végétative plus longue. Et ça se ressent dans la qualité des vins d'ici, qui ne cesse d'augmenter. Pour trinquer québécois, le vidal réserve du vignoble Coteau Rougemont est à découvrir avec du poulet grillé. Ses parfums d'orange, de mangue et de vanille se retrouvent dans une bouche à l'acidité marquée.

Coteau Rougemont Vidal Réserve 2015, 22,70 $ (12862951)

Vida Organica Cabernet Sauvignon 2016, 16 $ (10985827)... (Photo fournie par la SAQ) - image 3.0

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Vida Organica Cabernet Sauvignon 2016, 16 $ (10985827)

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Changer les pratiques viticoles

Le climatologue américain Gregory Jones observe que plusieurs régions viticoles ont déjà commencé à adapter leurs méthodes afin d'être moins vulnérables aux changements climatiques. «Dans des endroits déjà très chauds, comme le sud de l'Italie et l'Australie, les vignerons ont changé la taille des vignes et laissent davantage de feuilles pour empêcher le soleil de brûler les grappes», dit-il.

La gestion de l'irrigation est un autre enjeu pour les vignerons. Au Chili, la neige des Andes est utilisée pour irriguer la vigne en été. Or, avec la hausse des températures, les précipitations tombent davantage sous forme de pluie dans les montagnes. Si bien que la disponibilité de l'irrigation change. Les vignerons doivent ainsi revoir leurs façons de faire.

De l'autre côté des Andes, l'irrigation pourrait aussi devenir problématique en Argentine. La famille Zuccardi est réputée depuis les années 60 pour l'efficacité de son système d'irrigation. Elle propose aussi des vins issus de l'agriculture biologique, comme ce cabernet sauvignon sur le fruit. Il rappelle les framboises et la fraise. Les tanins sont subtils. Parfait pour la fondue chinoise.

Vida Organica Cabernet Sauvignon 2016, 16 $ (10985827)

Alois Lageder Sauvignon Blanc 2016, 24,80 $ (12383686)... (Photo fournie par la SAQ) - image 4.0

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Alois Lageder Sauvignon Blanc 2016, 24,80 $ (12383686)

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Replanter les vignobles

Le spécialiste du terroir Pedro Parra croit que plusieurs vignobles devront être replantés, car les porte-greffes (la partie souterraine de la vigne) ne seront bientôt plus adaptés au climat. «Le porte-greffe est choisi selon la fertilité des sols et, en partie, la disponibilité en eau, explique-t-il. Or, si le climat change trop, le porte-greffe ne fonctionnera plus. Il faudra arracher et replanter.» Une situation qu'il observe partout dans le monde.

Pedro Parra encourage aussi les vignerons à mieux travailler leur sol afin que la terre soit moins compacte et permette le développement de racines de meilleure qualité. Plusieurs vignerons se tournent par ailleurs vers la biodynamie pour prendre soin de leur sol. C'est le cas du domaine italien Alois Lageder, situé dans le nord du pays, dont les vins sont toujours d'une grande pureté. Leur sauvignon blanc possède une texture onctueuse sur des notes d'ananas et de citron vert.

Alois Lageder Sauvignon Blanc 2016, 24,80 $ (12383686)

Henri Giraud Esprit, 63,75 $ (13332274)... (Photo fournie par la SAQ) - image 5.0

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Henri Giraud Esprit, 63,75 $ (13332274)

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Choix écoresponsables

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et freiner le réchauffement de la planète, la sommelière et organisatrice de l'événement Michelle Bouffard croit que les consommateurs ont un rôle à jouer. «Il faut soutenir des vignerons qui prennent les moyens de faire moins de dommages, dit-elle. Choisir des vins bios en fait partie.» Plusieurs vignobles optent désormais pour des bouteilles de verre moins lourdes, tandis que d'autres réduisent leur consommation d'énergie.

Les champagnes d'Henri Giraud ne sont pas certifiés bios. Mais la maison champenoise travaille en agriculture raisonnée, donc elle applique seulement si c'est nécessaire des produits chimiques. Elle utilise de plus en plus des amphores dans la vinification, une technique qui nécessite moins d'énergie que les cuves d'acier inoxydable. Elle procède à de nombreuses analyses pour s'assurer qu'il n'y ait aucune trace de pesticide dans ses vins. Sa cuvée Esprit nature changera par ailleurs d'étiquette en 2018. On pourra y lire la mention «zéro résidu de pesticides». Dans la bouteille, l'assemblage de pinot noir et de chardonnay engendre un champagne très fin sur des notes de biscuits, de poire et de pommes. C'est rond et très long.

Henri Giraud Esprit, 63,75 $ (13332274)




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