Faut-il dénigrer le Carignan?

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«Existe-t-il un cépage plus injustement traité que le Carignan?», demande Pierre Galet dans Les grands cépages (Hachette Pratique).

Sa mauvaise réputation (si je puis dire) tient au fait que les rendements sont énormes, jusqu'à 200 hectolitres par hectare, lorsqu'il est cultivé en plaine, souligne Galet en substance.

Bref, du temps que le Languedoc-Roussillon produisait de grandes quantités de ce que Brassens appelait du gros bleu qui tache, commercialisé en bouteilles de plastique et dont le prix varie selon la teneur en alcool, le Carignan, avec l'Aramon, couvrait d'importantes superficies de ce vignoble.

Les rendements sont-il raisonnables, soit moins de 70 hectolitres par hectare et le Carignan est-il planté sur des coteaux bien exposés, il peut donner de fort bons vins, surtout s'il s'agit de vieilles vignes, estime-t-on.

Exemple de ce que peut donner le Carignan, ce très joli vin rouge qu'est le Costières de Nîmes 2012 Château La Tout de Beraud (voir ci-dessous).

Cépage d'origine espagnole, le Carignan, connu sous le nom de Carinena en Espagne, fut introduit en France au XIIe siècle. Et, rapidement, «il devint bientôt le premier cépage cultivé dans l'Hexagone», signale l'auteur.

Encore tout récemment, on entreprit d'en arracher massivement, afin de lui substituer des cépages jugés mieux aptes à donner des vins de qualité.

Trois vignobles français le cultivent, à savoir le Languedoc-Roussillon, la Provence et la Corse.

En Espagne, c'est surtout en Catalogne, dans le nord-est du pays, qu'il est davantage présent.

Enfin, à noter que le Mazuelo, de la Rioja, est en fait du Carignan.

Selon Pierre Galet, le Carignan occupe quelque 120 000 hectares du vignoble mondial, dont plus de la moitié, soit 74 000, en France.

C'est un cépage qui mûrit tardivement et qui, pour cette raison, demande à être cultivé uniquement dans des climats chauds.

Pour leur part, Oz Clarke et Margaret Rand ne sont pas tendres pour le Carignan dans leur Guide des cépages (Gallimard), se réjouissant de son «repli».

Costières de Nîmes 2012 Château La Tour de Beraud 17,90$ (12102629)

Fait de 50% de Carignan, plus 40% de Marsalan (un croisement de Cabernet Sauvignon et de Grenache), 5% de Grenache et 5% de Syrah, ce beau vin de la vallée du Rhône, de corps moyen, souple et aux saveurs franches, se présente avec un bouquet intriguant, aux notes de raisins rouges secs, et alléchant. En prime, c'est un vin qui a une bonne persistance aromatique. Élevage en cuve inox. Rappelons que les Costières de Nîmes étaient autrefois connues sous le nom de Costières du Gard. Délicieux. 13,5% (120 caisses). Garde: 2014-2016.

16,2

Cuvée Julien 2013 Léon Courville 16,70$ (10680118)

Très bien coloré sans qu'il soit opaque, ce vin rouge des Cantons-de-l'Est pourrait facilement être pris, à l'aveugle, pour un vin du sud de l'Italie, de quelque cépage peu connu. Le bouquet, aux arômes particuliers, est épicé, et... je l'ai cru boisé, ce qui n'est pas le cas, m'informe son producteur. Un peu plus que moyennement corsé, d'une bonne concentration, ses tannins sont aimables. 85% Maréchal Foch, 8% Baco Noir et 7% de Chaunac. Élevage en cuves inox. Fort bon. 13% (214 caisses). Garde: 2014-2015.

15

Bordeaux Supérieur 2009 Château De La Vieille Tour 20,75$ (858167)

La couleur est soutenue, le bouquet dense, marqué par des arômes de cuir, de tabac, avec aussi des notes épicées (le bois) pour ainsi dire englouties dans le vin et donc discrètes. La bouche suit, charnue, d'une bonne concentration, et ne manquant pas de corps, construite sur des tannins bien enrobés. 50% Merlot et 50% Cabernet Sauvignon. L'élevage, d'une durée de 12 mois, est mené en fûts de chêne français de réemploi. Généreux, à défaut d'être très fin. 14% (141 caisses). Garde: 2014-2017.

16,2

Sancerre 2013 Domaine La Moussière 29,25$ (33480)

Vin constant, ce Sancerre est encore une fois fidèle à lui-même dans ce nouveau millésime. Le bouquet est franc, fin, et le caractère variétal, de Sauvignon blanc, peu marqué. Tout au plus moyennement corsé comme Sancerre, ses saveurs sont plus relevées qu'on ne s'y attend et il a de la distinction de même qu'une bonne longueur en bouche. La moitié de ce vin est vinifié et élevé en demi-muids (600 L), dont une partie de neufs, et l'autre moitié en cuves, le vin n'étant pas du tout marqué par le bois. Impeccable. 13% (131 caisses). Garde: 2014-2016.

16,8

Crémant de Bourgogne Moulin des Vernay 19,80$ (12399645)

Impossible (à moins d'être riche!) de ne boire que du champagne à l'apéritif... Vin fait uniquement de Chardonnay, ce mousseux offre une bonne solution de rechange. Le bouquet a du charme, relevé qu'il est par une note biscuitée, la surprise survenant en bouche. Une bouche goûteuse, avec encore là plus de corps qu'on ne s'y attend, et tout ce qu'il faut d'acidité. Pour l'apéritif, bien qu'il puisse aussi fort bien accompagner les poissons et les fruits de mer, mais également les viandes blanches. 12,5% (145 caisses). Garde: 2014-2016.

15,2

12-13 CORRECT 14-15 BON 16-17 TRÈS BON 18-19 EXCELLENT 20 EXCEPTIONNEL

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