Une (autre) leçon d'humilité

Le vin est professeur d'humilité, dit-on... Que c'est vrai! (Photos fournies par la SAQ)

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Jacques Benoit
La Presse

Le vin est professeur d'humilité, dit-on... Que c'est vrai!

Personnellement, je viens, encore une fois, d'en faire l'instructive expérience.

C'était tout récemment, à l'occasion d'une dégustation à l'aveugle de neuf champagnes inscrits au répertoire général, plus précisément de huit de ces vins coûtant entre 60$ et 70$, plus un neuvième, le Nicolas Feuillate, à 46,50$.

«J'ai ajouté le Nicolas Feuillate parce qu'il a une bonne performance en termes de ventes», disait ce soir-là Louis Boisclair, de l'agence LBV International, qui avait mis sur pied cette dégustation.

Avantage certain que présente la dégustation à l'aveugle: en goûtant sans préjugé aucun, les pendules sont remises à l'heure, on ne peut faire autrement que de s'incliner.

Il me fallut donc ce soir-là m'incliner... devant mon propre palais! Car deux de ces vins, dont la réputation était pour ainsi dire couci-couça, du moins à mes yeux, s'en tirèrent haut la main. Soit Pommery et Nicolas Feuillate.

Bon nombre des ténors du répertoire général vendus dans cette fourchette de prix figuraient dans la dégustation. À savoir Moët&Chandon, Veuve Clicquot, Laurent Perrier, Roederer, Pol Roger, Pommery, Mumm Cordon Rouge, Duval-Leroy Cuvée Design et enfin, Nicolas Feuillate.

Or, le plus complexe de ces vins, au bouquet marqué par de séduisantes notes de grillé et comme de beurre, était, à mon sens, le Pommery (62,75$, 346106), auquel j'attribuai la note de 17,5/20.

Présent lui aussi, l'auteur du Guide Revel des champagnes et des autres bulles, Guénaël Revel, était aussi étonné que moi du niveau qualitatif du Pommery.

Suivait au deuxième rang le Roederer, distingué, fin, un grand classique (17,2/20, 65$, 268771).

Enfin, en troisième place, je plaçai à égalité (17/20) cet autre grand classique, toujours élégant, qu'est le Pol Roger (60,25$, 51953) et, de corps moyen, vineux, comme on dit, doté d'une bonne persistance, ce beau champagne de coopérative qu'est le Nicolas Feuillate (46,50$, 578187).

Il n'y avait pas un seul mauvais vin dans le lot, mais les précédents se détachaient du lot. À mon avis, bien sûr.

Côtes de Bordeaux 2011 Castillon Château Lamartine, 17,70$ (11374358)

Fait surtout de Merlot (85%), ce très joli bordeaux, vendu seulement (hélas!) aux six points de vente SAQ Dépot, est marqué par ce cépage, lequel lui confère au nez et en bouche quelque chose de particulièrement aimable et de tendre... Tout au plus moyennement corsé, ses tannins sont ronds, veloutés, et il est discrètement boisé, la plus grande partie de ce vin (70%) étant élevée en cuves béton et la portion restante (30%) en fûts. Au Merlot s'ajoutent 10% de Cabernet Sauvignon et 5% de Cabernet franc. Délicieux. 13% (702 caisses). Garde: 2014-2017.

16,5

Twenty Mile Bench 2010 Chardonnay Flat Rock Cellar, 22,45$ (11889474)

Vin blanc de l'Ontario, son bouquet, bien typé Chardonnay, est franc, quoique plutôt unidimensionnel, et pourvu d'une petite note de fruits exotiques (genre ananas). Vin de corps moyen, ses saveurs sont aussi nettes que le laisse prévoir le bouquet, le vin (ce qui surprend) laissant des arômes un peu fumés en fin de bouche. On se demande alors s'il n'est pas un peu boisé... ce qui est le cas, puisque 60% de la cuvée est élevée en fûts de chêne français. N'empêche, il n'a rien de trop boisé. 13,4% (54 caisses). Garde: 2014-2016?

15

Maremma Toscana 2011 IGT Sinarra, 23,45$ (11191447)

Les vins rouges de Toscane, dans lesquels le Sangiovese domine, ont très souvent un goût de fruits cuits. Rien de tel dans le cas de celui-ci, aux saveurs franches, de fruits rouges et au bon goût de fruit, avec aussi cette astringence assez marquée caractéristique du Sangiovese, lequel, dit-on en Toscane, n'est pas un cépage facile. 95% Sangiovese et 5% Petit Verdot, avec élevage en cuves béton. Très bon à sa manière, mais il ne faut pas avoir peur des tannins. 13% (211 caisses). Garde: 2014-2018.

16,2

Haut-Médoc 2009 Château Bel Air, 27,40$ (12116246)

Très beau bordeaux, d'une couleur soutenue sans que ce soit un vin opaque, son bouquet, de facture... classique, d'une bonne ampleur, est déjà nuancé. La bouche suit tout à fait, ne manquant pas de corps, équilibrée, bâtie sur des tannins bien enrobés et dotée d'une bonne persistance. 65% Cabernet Sauvignon et 35% Merlot, avec élevage en fûts de chêne dont 30% de neufs. Très bon, et à prix correct vu le niveau qualitatif. 13,5% (113 caisses). Garde: 2014-2020.

17,2

Coteaux d'Aix en Provence 2012 Château Revelette, 22,10$ (10259737)

Richement coloré, et même quasi opaque, ce vin rouge de Provence déploie un bouquet de très bon volume, de fruits noirs surtout et aux notes épicées dites de garrigue, avec aussi des nuances rappelant les conifères. Dense, charnu, corsé, ses tannins sont serrés et même un peu astringents, ce qui le rend plutôt austère. Très bon quand même. 55% Syrah, 34% Cabernet Sauvignon et 11% Grenache, une petite partie de ces deux derniers cépages étant élevée en fûts de réemploi. Sérieux. 13% (272 caisses). Garde: 2014-2019.

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