Le Chili peut faire mieux

Beaucoup de vins rouges chiliens (la majorité, en fait) se présentent avec des... (Photos fournies par la SAQ)

Agrandir

Photos fournies par la SAQ

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Jacques Benoit
La Presse

Beaucoup de vins rouges chiliens (la majorité, en fait) se présentent avec des arômes végétaux indésirables plus ou moins marqués rappelant la feuille de tomate qu'on froisse entre ses doigts.

Toujours perceptibles dans le bouquet, ces arômes se retrouvent également en bouche.

Résultat, on détecte presque immanquablement les vins rouges chiliens à l'aveugle...

À quoi est dû ce défaut?

Les viticulteurs et les oenologues chiliens à qui on pose la question l'expliquent de diverses façons. Cela serait peut-être dû, avancent-ils en substance, à un feuillage trop abondant sur les vignes ou encore - ce qui semble plus probable - à une irrigation trop poussée, ce qui a pour conséquence des rendements élevés.

Autrement dit, les vignes, surchargées de grappes, seraient pour cette raison incapables de porter leurs fruits à leur pleine maturité.

Mais... l'explication est peut-être ailleurs!

Les vins blancs du Chili n'ont pas ce défaut, mais j'en ignore la raison.

Chose heureuse, cependant, il existe quelques exceptions, c'est-à-dire des vins rouges chiliens aux arômes nets, à l'abri de ce défaut.

Personnellement, je connais trois domaines chiliens (mais il y en a sans doute d'autres) dont les vins sont exempts de ces arômes indésirables. À savoir Los Vascos, propriété des Rothschild de Château Lafite-Rothschild, Casa Lapostolle, qui appartient à la famille française Lapostolle, et enfin Montsecano&Copains, réunissant quatre associés, soit trois Chiliens et le Français André Ostertag, d'Alsace.

Est-ce un hasard? Toujours est-il que, dans les trois cas, il y a, pour ainsi dire, du doigté français...

Histoire de réaliser que le Chili peut produire des vins de qualité, aux arômes francs, il faut goûter sans faute le vin de Pinot noir 2012 de Montsecano&Copains (voir plus bas), on ne peut plus alléchant.

Le Chili, rappelons-le, a lancé il y a environ un an une campagne visant à rehausser la qualité générale de ses vins. Il faut souhaiter que cela mène à l'élimination de ces arômes qui entachent tant de ses vins rouges.

***

Casablanca 2012 Pinot noir Montsecano&Copains, 25,05$ (12184839)

«Un miracle!», ai-je noté à la dégustation. D'une couleur genre bourgogne, son bouquet de fruits rouges, typé, est net, sans rien de végétal. De corps moyen, peu tannique, velouté, ses saveurs ont de l'éclat et sont tout aussi franches que l'annonce le bouquet. Le rendement (33 hectolitres à l'hectare) est le même que celui des meilleurs bourgognes. La culture est menée en biodynamie et l'élevage est conduit en cuves béton tronconiques. Savoureux. 14% (126 caisses). Garde: 2015-2016.

16,5

Ventoux 2013 Grande Réserve des Challières, 12,90$ (331090)

Comptant ainsi parmi les bons choix comme vin de tous les jours, ce rouge de la vallée du Rhône, d'une couleur pourpre-prun bien transparente, se présente avec un bouquet d'ampleur moyenne, dominé par le Grenache, avec aussi quelques nuances de fruits noirs attribuables à la Syrah. Tout au plus moyennement corsé, tannique sans qu'il le soit beaucoup, c'est un vin fait en parts égales de Grenache et de Syrah, avec élevage en cuves inox. 13% (1427 caisses). Garde: 2014-2015.

15

Okanagan Valley 2011 Pétales d'Osoyoos, 27,70$ (11166495)

Deuxième vin (de jeunes vignes, donc) d'Osoyoos Larose, bien coloré, ce vin de Colombie-Britannique, vinifié à la bordelaise, offre un bouquet convaincant, surtout de fruits noirs, avec aussi des notes discrètes de fruits rouges et un boisé-épicé. Relativement corsé, équilibré, ses tannins sont bien enrobés. 67% Merlot, 14% Cabernet Sauvignon, 13% Cabernet franc, plus un peu de Petit Verdot et de Malbec. Élevage en fûts de chêne français de réemploi. Très bon. 13,5% (121 caisses). Garde: 2014-2018.

16,8

California 2011 Conundrum Caymus, 25,30$ (12095570)

Vin rouge de Californie on ne peut plus flatteur, d'une couleur soutenue quoique sans rien d'opaque, son bouquet, bien épicé-boisé, est aguichant. Ne manquant pas de corps, il est souple, velouté. «Commercial... chic», ai-je noté. 37% Petite Syrah, 28% Zinfandel, 22% Cabernet Sauvignon et 12% Muscat, avec élevage... on ne sait dans quel type de fûts ou grâce à des copeaux. 14,5% (191 caisses). Garde: 2014-2018?

16,5




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer