Qu'est-ce qu'un grand vin?

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Voici les cinq vins présentés cette semaine par notre chroniqueur Jacques Benoit.

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Qu'est-ce qu'un grand vin? ... Les opinions sur le sujet sont forcément partagées.

Les Anglais, qui furent les premiers consommateurs à vénérer les grands vins du Bordelais, il y a déjà quelques siècles de cela, s'en tiennent normalement à deux mots pour définir ce que c'est: puissance et finesse, disent-ils avec ce sens du raccourci qui, depuis toujours, caractérise leur façon de décrire les vins.

Lovely bouquet (charmant bouquet), écrivait ainsi communément feu Edmund Penning-Rowsell, qui tint pendant plusieurs années la chronique vin du Financial Times (Londres), au sujet des plus grands bordeaux. Et il s'en tenait bien souvent à ces deux mots...

Celui qui fut le plus célèbre et le plus influent oenologue du XXe siècle, Émile Peynaud, également décédé, en a déjà donné une définition... on ne peut plus originale.

Un grand vin, disait-il en substance (je le cite de mémoire), est un vin au sujet duquel une majorité d'experts s'accordent à dire qu'il est grand.

Si on décortique ce qu'il voulait dire, on s'aperçoit qu'il a de toute évidence pleinement raison. Car si une majorité d'experts, de connaisseurs, qui peuvent avoir des critères d'évaluation sensiblement différents, tombent d'accord, c'est signe que la grandeur est manifestement au rendez-vous!

Puissance, finesse, complexité, équilibre, pureté des arômes, tels sont, entre autres, les critères sur lesquels on juge les vins.

Sans oublier (car on peut avoir tendance à l'oublier), la longueur en bouche, la persistance des arômes une fois le vin bu - ou craché, comme on le fait dans les dégustations de nombreux vins.

Car si le vin est court, comme on dit, si la persistance de son goût est inexistante ou de durée très limitée, la grandeur est exclue.

Veut-on avoir une idée de qui était Émile Peynaud, il faut visionner sans faute sa participation, en 1980, en compagnie d'Alexis Lichine, à une émission d'Apostrophes, qu'animait Bernard Pivot.

C'était un très grand monsieur...



Gigondas 2009 «La Gille» Perrin

Vin issu de raisins de l'agriculture biologique, ce savoureux Gigondas, du niveau de nombre de Châteauneufs-du-Pape, ravira les amateurs de ces vins de la vallée du Rhône. Bien coloré sans être opaque, son bouquet, nuancé, large, que dominent des arômes de petits fruits rouges, s'agrémente de notes épicées, de garrigue, comme on dit là-bas, rappelant par exemple le thym sauvage. Concentré, corsé, tannique, il a une bonne persistance. 80% Grenache et 20% Syrah, avec élevage en cuves et en foudres. Sérieux. 14% (99 caisses). Garde: 2013-2017.

17,5

Gigondas 2007 «Les Garancières» Santa Duc, 26,50$ (709303)

Très coloré lui aussi, ce Gigondas, d'un grand millésime, se signale dès l'abord par l'ampleur et la profondeur de son bouquet de petits fruits noirs, sa netteté également, mais plutôt tout d'une pièce pour l'instant, bien qu'il affiche déjà certaines nuances avec l'aération. Riche, dense, tannique quoique sans rugosité, c'est, en ce qui me concerne, le meilleur vin que j'aie bu de ce domaine. 80% Grenache, 10% Syrah et 10% Mourvèdre, avec élevage en foudres et en cuves sur lies. Superbe Gigondas. 14,5% (51 caisses). Garde: 2013-2018.

17,8

Coteaux Varois en Provence 2010 Château des Chaberts, 17,75$ (11556397)

Vin rouge d'une appellation assez peu connue, bien coloré, son bouquet, difficile à décrire, avec les fruits rouges qui s'imposent avant tout, est harmonieux. Ne manquant ni de corps ni de matière, c'est un vin d'une bonne concentration, aux tannins serrés, un brin carré, avec le Cabernet Sauvignon qui domine au plan aromatique. 60% Syrah, 20% Cabernet Sauvignon, et 20% Mourvèdre, avec élevage en fûts. Très bon et à prix tout à fait raisonnable. 14% (87 caisses). Garde: 2013-2016.

17

Bourgogne 2009 «Gravel» Maréchal, 25,65$ (11903310)

Fort joli bourgogne rouge, au bouquet expressif, marqué par des arômes de framboises et de vanille (le bois), et faisant presque Nouvelle-Zélande. Les saveurs sont mûres, avec du corps pour un bourgogne, avec aussi de l'éclat et un boisé un peu trop insistant, laissant dans l'après-goût des arômes rappelant... le sirop d'érable. 100% Pinot noir, bien sûr, avec élevage en fûts, dont «15 à 20%» de fûts neufs, selon son producteur. Bref, on le souhaiterait un peu moins boisé. 13% (81 caisses). Garde: 2013-2016.

16,5

Mâcon-Péronne 2010 Domaine du Bicheron, 17,25$ (11387546)

Rares sont les vins blancs d'appellation Mâcon du niveau de celui-ci... Non boisé, son bouquet, qui a de la finesse, et qu'embellit une note minérale, le rapproche des chablis. Vin plutôt léger, gracieux, il confirme, au plan gustatif, ce qu'annonce le bouquet, avec une bonne persistance. Bref, à l'aveugle on pourrait presque croire un chablis. Délicieux, et à prix correct. 13,5% (88 caisses). Garde: 2013-2014.

16,5

La recommandation de la semaine

Rueda 2012 Verdejo Hermanos Lurton

Vin blanc espagnol, de la Castille-Leon, au nord-est de l'Espagne, non boisé et fait que de Verdejo, cépage donnant des vins qu'on peut assez aisément confondre, à l'aveugle, avec ceux de Sauvignon blanc. Le bouquet est expressif, et même exubérant, et la bouche n'est pas en reste. Une bouche délicate, aux saveurs pourtant relevées, nettes, avec de l'éclat et une bonne persistance. Aux a rômes herbacés rappelant le Sauvignon blanc s'en ajoutent quelques autres, très difficiles à décrire, et de toute évidence propres au Verdejo. Savoureux et à prix doux. Son producteur, le Bordelais François Lurton, a aussi des vignes, entre autres, à Bordeaux et en Argentine. 12,5% (535 caisses). 2013-2014.

15,95$ (727198)

16,2

12-13 CORRECT

14-15 BON

16-17 TRÈS BON

18-19 EXCELLENT

20 EXCEPTIONNEL

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