L'histoire du Merlot à Saint-Émilion

Le village de Saint-Émilion.... (Photo AFP)

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Le village de Saint-Émilion.

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Le vin et ses producteurs ont toujours quelque chose à nous apprendre, qu'on soit amateur débutant ou dégustateur chevronné...

Qui sait, par exemple, que la prédominance du Merlot dans l'appellation Saint-Émilion est un phénomène encore récent et dû à ce qui fut une véritable catastrophe pour ce vignoble, à savoir les grandes gelées de l'hiver 1956, lesquelles décimèrent ce vignoble ?

«À Saint-Émilion, le cépage historique c'est le Cabernet franc. Le Merlot s'est implanté après les gelées de 1956», expliquait récemment à ce propos Alain Vauthier, propriétaire de Château Ausone (Saint-Émilion), lequel compte parmi les huit premiers grands crus classés du Bordelais.

Chose qui a poussé à la roue, expliqua-t-il en substance, le Merlot est un cépage plus facile à cultiver que le Cabernet franc.

Vendu aujourd'hui à un prix hallucinant (environ 1500$ la bouteille), le Château Ausone, monumental, très concentré, est réputé pour sa complexité et sa longévité, le 1964 ayant ainsi laissé «des souvenirs impérissables», écrit Michel Dovaz dans son Encyclopédie des crus classés du Bordelais.

«Le 64 commence à bien se déguster, le 59 est remarquable en ce moment», disait pour sa part Alain Vauthier. Le domaine, de 7,3 hectares seulement, compte dans son encépagement 40 % de Cabernet franc et 60 % de Merlot.

C'était lors de la 11e édition - les 2 et 3 novembre - de Montréal Passion Vin, lequel reste un événement phare du milieu québécois, et même mondial, du vin.

Dégustés à cette occasion, trois millésimes (2002, 2000, 2005) de la Chapelle d'Ausone, deuxième vin, de jeunes vignes, donc, du Château Ausone, étaient... quasi du même niveau que les trois millésimes du grand vin (2002, 2000, 1998)!

Montréal Passion Vin fut aussi l'occasion de découvrir cette année un vin mythique, à savoir le Ribera del Duero Dominio de Pingus (Espagne), dont la SAQ commercialise en ce moment le 2009... à 1010$ la bouteille.

Vin puissant, mais sans lourdeur, de facture moderne, que j'ai eu le privilège de déguster avec son producteur Peter Sisseck, il a droit au titre de grand vin.

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- Saint-Émilion Grand cru 2009 Château Gaillard, 29,50$ (919316)

Très coloré, quasi opaque, son bouquet, de fruits noirs surtout, est pour l'instant tout d'un bloc, mais très prometteur. La bouche est concentrée, compacte, corsée, avec cette densité propre aux 2009, et, tout comme le bouquet, pour le moment monolithique. L'assemblage réunit 70 % de Merlot et 30 % de Cabernet franc, l'élevage étant fait en fûts, dont le tiers de neufs. Sérieux. 14 % (658 caisses). Garde : 2013-2018.

17,5

- Saint-Émilion Grand cru 2009 Château Haut-Gravet, 34,75$ (11793026)

Quasi opaque également, il se distingue du précédent par un boisé plus perceptible au nez, mais d'ampleur égale. Très 2009 lui aussi par sa riche matière, il n'a pourtant rien du mastodonte et donne même l'impression, à cause de ses tannins bien serrés, d'être un peu austère. 70% Merlot, 20% Cabernet franc et 10 % Cabernet Sauvignon, avec élevage en fûts, dont 50 % de neufs. Très beau vin. 13,5 % (101 caisses). Garde : 2013-2018.

17,5

- Vin de Pays Val de Montferrand 2011 La Bergerie de l'Hortus, 19,35$ (10506937)

Vin blanc du Languedoc, d'un domaine réputé, non boisé, c'est... une véritable salade de fruits, au bouquet expressif, et même exubérant ! La bouche, tout au plus moyennement corsée, d'une texture un peu grasse (c'est une qualité), est aussi goûteuse que l'annonce le bouquet, quatre cépages entrant dans son élaboration : Sauvignon blanc, Viognier, Roussanne et Chardonnay. 13 % (75 caisses). Garde : 2012-2013.

16

- Côte de Brouilly 2011 Jean-Charles Pivot, 16,85$ (486449)

Étonnamment coloré pour un beaujolais, ce vin, d'un domaine ayant appartenu au frère de Bernard Pivot (l'ex-animateur de la télévision), charme dès l'abord, au nez, par la netteté de son fruit, aux accents de petits fruits rouges. La bouche, un peu tannique, ne manque pas de chair, avec encore là une franchise d'arômes qui ne peut que plaire. 13 % (76 caisses). Garde : 2012-2016?

16

- Pessac-Léognan 2009 La Croix de Carbonnieux, 33,25$ (11792445)

Deuxième vin du Château Carbonnieux, ce vin rouge des Graves, au sud du Bordelais, a sans doute l'étoffe du Château Carbonnieux lui-même dans des millésimes secondaires. La couleur est soutenue, le bouquet d'une bonne ampleur, relevé de notes torréfiées discrètes (genre café). La bouche, aux saveurs de fruits rouges, distinguée, aux tannins de qualité, est tout aussi satisfaisante. 14 % (88 caisses). Garde : 2012-2019 ?

17,7

Navarra 2011 Garnacha Artazzuri

Vin rouge espagnol, dans lequel n'entre que du Grenache (Garnacha, disent les Espagnols), et goûté sans en connaître le prix, bien coloré quoique sans rien d'opaque, son bouquet, dominé par les arômes de fruits rouges, ne manque pas d'une certaine complexité. Plus que moyennement corsé, ses saveurs sont nettes, avec une texture de velours, qui étonne vu son prix plus que raisonnable. L'élevage, en fûts de chêne français, est d'une durée de six mois. Vin de la Navarre, au nord de l'Espagne, il est produit par l'un des plus célèbres viticulteurs de ce pays, à savoir Juan Carlos DeLacalle. 14 % (635 caisses). Garde : 2012-2014.

13,75 $ (10902841)

16,8

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