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Les brasseries historiques tchèques renaissent de leurs cendres

«La brasserie a été érigée en 1680. La... (Photo Michal Cizek, archives Agence France-Presse)

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«La brasserie a été érigée en 1680. La voir disparaître, ce serait une honte», déclare Roman Holoubek, directeur de marketing de la brasserie Pivovar Vyskov, situé à 230 km au sud-est de Prague.

Photo Michal Cizek, archives Agence France-Presse

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Jan Flemr
Agence France-Presse
Unetice

Des brasseries tchèques centenaires moribondes renaissent de leurs cendres sous l'impulsion de nouveaux propriétaires qui veulent titiller les papilles d'un peuple amateur de bière avec des saveurs originales.

À côté d'une vague de nouvelles brasseries artisanales, de vieilles maisons qui s'étaient assoupies reprennent vie, offrant une alternative aux bières blondes tchèques les plus connues, comme Pilsner, devenues propriétés de multinationales.

La brasserie la plus ancienne du pays remonte à 993. Les Tchèques sont fiers de leur boisson nationale qui, dans la plupart des pubs, est moins chère que l'eau en bouteille. Ils en sont les plus grands consommateurs dans le monde, avec 145 litres par habitant en 2011, selon les statistiques locales.

Née en 1710, la brasserie Unetice, dans la banlieue nord de Prague, est restée endormie pendant six décennies après sa fermeture en 1951, trois ans après l'instauration du régime communiste.

C'est un couple, riche de l'expérience acquise dans une grande brasserie, qui a réveillé Unetice de son long sommeil.

«C'est en nous promenant dans les environs que nous avons remarqué un bâtiment avec enseigne "brasserie"», se souvient Lucie Tkadlecova qui dirige l'établissement avec son mari.

Après en avoir rénové tout le matériel en faisant appel à des technologies de pointe, ils l'ont remise en activité et tablent sur des bénéfices dès l'an prochain.

Unetice a produit près de 6000 hectolitres de bière en 2012. Selon Mme Tkadlecova, la brasserie qui emploie actuellement six personnes pourrait à terme produire annuellement 10 000 hectolitres de bière spéciale non filtrée.

«Ce développement nous permettrait d'embaucher deux personnes de plus, ce qui serait une augmentation spectaculaire de l'emploi», sourit-elle.

L'ancienne Tchécoslovaquie, divisée en République tchèque et Slovaquie en 1993, avait hérité après la Seconde guerre mondiale de 150 brasseries industrielles.

Leur nombre a chuté à 90 durant l'époque communiste de l'économie planifiée en 1948-89, puis à 50 avec le retour à l'économie de marché et l'arrivée massive de géants étrangers.

Deux décennies plus tard, certaines brasseries closes rouvrent leurs portes, en dépit de l'écrasante domination des grands groupes, Pilsner Urquell, détenu par SABMiller, et Staropramen Pivovary du canado-américain Molson Coors.

«Nous avons 47 brasseries industrielles et environ 150 micro-brasseries» en République tchèque, indique Jan Vesely, chef de l'Association nationale des brasseurs.

«Aucune n'a été fermée récemment, au contraire, certaines rouvrent, ce qui est un bon signe», ajoute-t-il

Sauvée de la faillite in extremis en 2011, la brasserie Pivovar Vyskov voit son avenir dans une large gamme de bières, allant des stouts aux blondes, exportées en Allemagne, en Russie, dans les pays baltes, en Hongrie et en Slovaquie.

«La brasserie a été érigée en 1680. La voir disparaître, ce serait une honte», déclare Roman Holoubek, directeur de marketing de l'établissement, situé à 230 km au sud-est de Prague.

«Quand nous l'avons reprise, elle était dans un trou noir en termes de chiffre d'affaires et de marketing», affirme M. Holoubek en précisant que la production à l'époque était très loin en dessous de ses capacités de 100 000 hectolitres.

En 2012, la brasserie a accusé une légère perte, mais elle a vu sa production augmenter de 47% par rapport à 2011, à 22 000 hectolitres. Elle a remporté des prix régionaux et des médailles, notamment au Japon, si bien qu'elle espère un bénéfice cette année, selon M. Holoubek.

Mais, malgré l'engouement actuel pour des bières originales, les petites brasseries tchèques ne représentent toujours qu'un pour cent de la production et de la consommation. Elles ne sont donc pas une concurrence sérieuse, sur un marché dominé par des multinationales, estiment les experts.

«Elles rendent le marché intéressant, y apportent du piment, mais elles n'ont pas d'impact sur le marché dans son ensemble», constate M. Vesely.

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