En Écosse, le gin se dégêne

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La distillerie Edinburgh Gin est située en plein coeur de la capitale écossaise, à un jet de pierre du château d'Édimbourg.

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(ÉDIMBOURG) L'Écosse, c'est depuis toujours le pays du whisky. Or, voilà que, comme ailleurs dans le monde, le gin y gagne rapidement en popularité. Au point de menacer l'hégémonie du vénérable scotch? Petite tournée alcoolisée.

La visite n'est pas très longue, mais elle se termine bien. Après avoir fait le tour de la distillerie, notre guide, Tony, nous emmène dans une alcôve pour une dégustation de produits Edinburgh Gin. Notre groupe, jusqu'ici silencieux, s'anime. Après trois verres, ça rigole ferme autour de la table.

«En général, c'est le moment où les liens se créent» lance Tony, qui s'est bien gardé, lui, de boire une seule goutte.

Située en plein coeur de la capitale écossaise, à un jet de pierre du château d'Édimbourg, la distillerie Edinburgh Gin est ouverte tous les jours pour les touristes, de même que le soir, où l'endroit se transforme en bar. Ces activités «complémentaires», si l'on peut dire, comptent pour beaucoup dans le succès de cette société fondée en 2010, qui produit jusqu'à 1500 bouteilles par jour et entretient des visées internationales.

Phénomène isolé? Pas vraiment. Le gin connaît actuellement un énorme regain d'intérêt au Royaume-Uni et l'Écosse, qui produit 70 % du gin britannique, est au coeur de cette révolution.

En plus d'abriter deux géants du gin (Tanqueray et Gordon's) le pays du kilt compte quelque 25 distilleries indépendantes, dont une dizaine fondées l'an dernier. Une étude Euromonitor parue en décembre affirme par ailleurs que les ventes de gin au Royaume-Uni sont en hausse, et qu'à ce rythme, elles pourraient dépasser celles du whisky d'ici 2020.

Le retour du cocktail

Selon Tony Reeman-Clark, fondateur de l'Association des distilleries indépendantes écossaises (Scottish Craft Distillers), cette explosion s'explique en grande partie par le retour en force du cocktail et l'appétit du consommateur pour «quelque chose de différent».

«Les gens ne veulent plus de produits industriels au goût interchangeable. Ils veulent quelque chose qui ait une histoire. Et qui soit produit localement», dit-il. En ce sens, le phénomène du gin serait, selon lui, «comparable à celui des microbrasseries» il y a une vingtaine d'années.

Forte de son expertise en whisky, l'Écosse était bien placée pour répondre à la demande. Il y eut d'abord Hendricks en 2000, puis Edinburgh Gin en 2010, Eden Mills en 2012, Dunnet Bay en 2014... Outre les nouveaux acteurs, plusieurs producteurs de scotch se sont également mis au gin, en espérant profiter de la manne.

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La distillerie Edinburgh Gin est ouverte tous les jours pour les touristes, de même que le soir, où la place se transforme en bar.

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La route des gins

Signe d'un engouement, la Wine and Spirit Trade Association britannique (WSTA) vient pour sa part de publier une carte de la route des gins écossais (The Scotland Gin Trail) à l'intention des visiteurs intéressés par les distilleries et les bars à gin se trouvant aux quatre coins de l'Écosse, de Glasgow aux îles Shetland. Une carte qu'il faudra toutefois «repenser bientôt», admet Lucy Panton, de la WSTA, en évoquant l'éclosion ininterrompue de nouvelles distilleries.

Qu'on ne s'y trompe pas: le scotch whisky demeure l'alcool écossais par excellence, avec des retombées touristiques de plus de 80 millions de dollars canadiens en 2015. Mais le gin boom pourrait donner un autre goût à votre prochaine visite au nord de l'Angleterre: celui du chardon, des algues, du pissenlit, du cynorrhodon, ou de toute plante indigène issue du terroir écossais. Histoire à suivre.

Gins à goûter

Lussa Gin 

Trois passionnées de botanique ont créé ce gin artisanal, à partir de 15 plantes différentes trouvées dans les bois, les lochs et sur le bord de la mer. Un autre prétexte pour visiter l'île de Jura, aussi connue pour son scotch.

Shetland Reel

Un gin «océanique», fait à partir d'algues et de plantes locales. Distillerie située à l'extrême nord de l'Écosse sur les îles Shetland, au «boutte de toutte».

Edinburgh Gin

Deux distilleries, dont l'une en plein coeur d'Édimbourg. Les visites guidées coûtent 10 livres, incluant une généreuse dégustation. Pourrait suivre Hendricks sur la voie du succès international.




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