À chacun son gin

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Le Québec produit maintenant huit gins qui ont tous une personnalité qui leur est propre.

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Le site de la SAQ répertorie plus de 200 gins. Le Québec en produit maintenant huit. Comment savoir à quel gin se vouer ? Nous avons demandé à des pros de déguster, de suggérer, bref, de nous faire découvrir leurs chouchous du moment. Buvez-le nature, en gin tonic, en negroni ou en martini, le gin est le spiritueux d'été par excellence !

Gins d'ici

Les huits gins produits au Québec ont tous une personnalité qui leur est propre. Voici une courte présentation de chacun d'eux.

Gin Thuya, 650 ml, 39,25$ (12573519)

La distillerie acadienne Fils du Roy a maintenant des installations à Saint-Arsène, près de Rivière-du-Loup. Le gin qui en sort est particulièrement puissant sur le plan aromatique. Thuya (cèdre), coriandre et agrumes dominent. La bouteille n'est pas très sexy, mais il faut aller au-delà des apparences.

Canopée, 750 ml, 34,75$ (12880851)

Le « gin forestier » de la Distillerie Mariana mise sur les arômes du bois : épinette noire, bois d'érable, thuya et bois de chêne. La baie de genévrier s'y trouve aussi, bien entendu. La première version de Canopée présente un potentiel certain. Un peu plus de puissance aromatique et on y sera !

Piger Henricus, 500 ml, 30,25$ (11950597)

À sa sortie, en 2013, le premier produit des Subversifs a fait jaser, entre autres parce qu'il contient un ingrédient pour le moins inhabituel : du panais ! Bien dosé, le légume racine n'est pas du tout envahissant. Le fameux « gin au panais » a désormais sa place derrière la plupart des bars du Québec.

Madison Park, 750 ml, 39,25$ (12746184)

La Distillerie 1769, à Verdun, a voulu produire un London Dry Gin très classique, où le genièvre et les agrumes brillent. Le nom nous donne envie de le boire avec le petit doigt en l'air ! Une version vieillie en fûts et une variation « déjeuner », avec des notes de bergamote, devraient être offertes sous peu.

Gin St.Laurent, 750 ml, 48$ (12881538)

Avec son étiquette très travaillée, qui rappelle les vieilles gravures et l'univers de Jules Verne, la bouteille attire l'oeil. Mais le gin de Rimouski réussit également à retenir l'attention avec ses arômes floraux et nordiques très présents. L'impression iodée-saline laissée par la macération finale avec des algues en fait un produit bien unique.

Ungava, 750 ml, 35,35$ (11156764)

Produit par le Domaine Pinnacle, c'est le premier gin québécois à avoir accédé aux tablettes de la SAQ, en 2011. La couleur jaune « flash » provient de l'assemblage du gin distillé avec un macérat de plantes indigènes. Sa palette aromatique demeure néanmoins bien classique, ce qui en permet une utilisation passe-partout.

Romeo's gin, 750 ml, 38,25$ (12873984)

Le père de Pur Vodka a lancé ce nouveau produit juste avant Noël. Avec son « Montreal Dry Gin », Nicolas Duvernois joue un peu dans la cour de Hendrick's. Ici, le concombre et l'aneth dominent. Plutôt que de la rose, Romeo séduit les amateurs avec de la lavande. Produit par ajout d'essences naturelles plutôt que par distillation, Romeo's est un exemple de « compound gin » réussi.

Gin de neige, 500 ml, 30,50$ (12755081)

L'été dernier, la Face cachée de la pomme a lancé un gin allongé à l'eau récupérée après la production de son cidre de glace Neige. Le produit contient également des aromates de chez nous, comme l'épinette blanche et le mélilot. Le résultat est doux et subtil.

Banc d'essai

La Presse a décidé de soumettre les gins produits ici à des papilles aguerries, qui ont goûté des gins de toutes les nationalités. Philip Duff et Nico de Soto ont accepté de se prêter au jeu.

Le directeur de la formation du festival Tales of the Cocktail à La Nouvelle-Orléans, Philip Duff, et le chef de bar et copropriétaire de Mace (New York) et de Danico (bientôt à Paris), Nico de Soto, étaient de passage à Montréal dans le cadre d'Invasion Cocktail. À titre de membre de la Gin Guild, M. Duff s'y connaît en matière d'alcool aromatisé à la baie de genièvre. L'année dernière, toujours à Invasion Cocktail, le conférencier à la langue bien pendue ne s'était pas gêné pour dire qu'il avait goûté des gins (artisanaux) si mauvais, ces dernières années, qu'il avait parfois eu peur de s'empoisonner au méthanol !

Barman transatlantique, M. de Soto a pour sa part concocté son lot de cocktails à base de gin. Il ne se proclame pas spécialiste de ce spiritueux, mais si on se fie à la carte de Mace, on devine qu'il a un palais bien raffiné.

Les deux hommes n'ont pas eu à se faire prier pour venir découvrir huit nouveaux produits. La dégustation s'est déroulée à l'aveugle. Le nez plongé dans leurs verres, nos deux juges réagissaient peu et prenaient des notes.

« Il y a tant de gins sur le marché, aujourd'hui, que tout le monde essaie de se différencier », lance finalement Philip Duff. « Ce gin est aromatisé au requin fermenté ! », aime-t-il répéter, à la blague. L'homme aux goûts plutôt classiques aimerait bien voir de petites distilleries faire compétition aux Tanqueray et aux Beefeater de ce monde, plutôt que d'essayer de réinventer la roue.

On devine donc qu'il a une préférence pour les dry gins plus traditionnels, comme Ungava et Madison Park. L'Ungava, du Domaine Pinnacle, malgré sa couleur jaune fluo et ses herbes indigènes québécoises, n'a rien de choquant au goût. M. Duff estime aussi que le côté familier et l'emballage universel du gin de la Distillerie 1769 (Madison Park) lui confèrent un beau potentiel commercial au-delà des frontières du Québec.

Les deux juges se sont montrés un peu mystifiés par Romeo's Gin et le gin Piger Henricus. Pour le premier, Duff l'Irlandais a noté « fish ? ». Lorsqu'on lui parle d'aneth et de concombre, eurêka, il fait le lien ! Quant au gin des Subversifs, l'apparition de la bouteille, avec son illustration de panais, a généré un grand « Ahhhhhhh ! ».

Nico de Soto n'hésite pas à nommer ses préférés. Le côté salin et puissant du gin St. Laurent, distillé à Rimouski, lui plaît beaucoup. Et que dire de la magnifique bouteille ? Piger Henricus et Romeo's Gin font également partie de son palmarès des trois « meilleurs ».

En regardant les bouteilles, une fois dévoilées, il aime bien le Gin de Neige, de la Face cachée de la pomme. « Si j'avais eu à choisir un gin québécois au magasin, j'aurais sans doute pris celui-là, avec la belle étiquette et l'histoire de la pomme, etc. » On achète aussi souvent avec les yeux.

Philip Duff nous rappelle que toutes ces distilleries artisanales ayant émergé en Amérique et ailleurs au cours des dernières années sont encore en train de faire leurs classes. « Mais j'ai goûté bien pire ! », conclut-il en riant.

Et nous de conclure que les gins québécois se classent tout à fait honorablement dans le grand palmarès mondial des alcools à base de genièvre.

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