La maison Taittinger veut produire du vin pétillant en Angleterre

La célèbre maison de champagne Taittinger a annoncé mercredi avoir acquis des... (Photo Archives AFP)

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Julien MIVIELLE
Agence France-Presse
LONDRES

La célèbre maison de champagne Taittinger a annoncé mercredi avoir acquis des terrains dans le sud de l'Angleterre pour y produire du vin pétillant, au moment où la production locale bénéficie du réchauffement du climat britannique.

Champagne Taittinger a acquis un terrain de 69 hectares dans le Kent, un comté du sud-est de l'Angleterre, dont une partie sera plantée de vignes de cépages Chardonnay, Pinot Noir et Pinot Meunier pour produire du vin mousseux anglais.

C'est la première fois qu'une maison champenoise se lance dans une telle aventure, soulignent ses promoteurs.

«Nous pensons que nous pouvons produire un vin pétillant anglais de grande qualité en nous inspirant de notre expertise de 80 ans dans la production viticole. Notre but est de faire un vrai produit d'excellence dans un climat britannique de plus en plus tempéré, sans le comparer au champagne ou à tout autre vin mousseux», a expliqué Pierre-Emmanuel Taittinger, président de la maison du même nom.

Le vin sera connu sous la marque Domaine Evremond, d'après Charles de Saint-Evremond (1614-1703), un poète et épicurien français qui a favorisé la popularité du champagne à la cour du roi Charles II d'Angleterre.

Concrètement, le projet de plusieurs millions de livres sur plus de dix ans sera porté par Champagne Taittinger (55%), son agent britannique Hatch Mansfield et des investisseurs britanniques.

La première récolte sera embouteillée en 2021 avec l'objectif de produire plus de 300.000 bouteilles par an, essentiellement destinées au marché domestique. Il faudra d'abord planter des vignes sur plus de 40 hectares à partir de 2017 sur des terres autrefois dédiées à la culture des pommes.

«Ce sera une petite production de très grande qualité» et dont «les volumes seront petits à l'échelle du monde», a souligné Pierre-Emmanuel Taittinger, dans un entretien à l'AFP.

Production nationale modeste 

L'évolution du climat, associée à un sol calcaire, a ces dernières années largement bénéficié aux vins effervescents anglais, qui représentaient les deux tiers des plus de 6 millions de bouteilles produites dans le pays en 2014.

«Pour moi le réchauffement climatique, c'est la troisième guerre mondiale donc c'est une urgence absolue mais c'est un fait qu'en Champagne ou dans certaines régions du monde ces facteurs font qu'on a moins de gelées donc des récoltes plus abondantes et constantes», reconnaît Pierre-Emmanuel Taittinger.

«Cela n'a pas échappé aux Anglais de voir que ça permettrait peut être d'élever dans de meilleures conditions des raisins, avec moins de gelées», ajoute-t-il.

Aujourd'hui certains crus anglais sont jugés de grande qualité par les experts et ont récolté des prix à travers le monde. Consécration suprême, c'est un effervescent anglais, le Ridgeview Grosvenor 2009, que Buckingham Palace a choisi comme apéritif pour le dîner officiel donné fin octobre en l'honneur du président chinois Xi Jinping.

L'Angleterre reste toutefois encore une toute petite nation du vin, avec seulement plus de 2000 hectares plantés de vignes, mais la surface a doublé ces sept dernières années.

La production nationale ne représente encore que moins de 1% du marché britannique, qui dans le domaine des vins effervescents fait aujourd'hui la part belle au prosecco italien, relativement bon marché.

Quant à la famille Taittinger, ce n'est pas la première fois qu'elle s'aventure à l'étranger, puisqu'elle a lancé un vin pétillant aux États-Unis en 1987, le Domaine Carneros dans la Napa Valley californienne.

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