Remise en question du monopole de la SAQ: le syndicat s'inquiète

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Hier, La Presse a révélé que la commission mise en place il y a un an pour passer au crible les dépenses publiques conseillait au gouvernement de faire plus de place au privé dans le marché de la vente d'alcool.

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Le principal syndicat des employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) s'est dit inquiet, hier, après que La Presse eut dévoilé que la commission Robillard sur les finances publiques recommandait au gouvernement de libéraliser la vente d'alcool.

La société d'État, pour sa part, a défendu son bilan et critiqué la voie de la privatisation, tout en prônant la « prudence » avant la publication officielle du rapport.

« C'est une mauvaise nouvelle », a affirmé Marc-André McSween, vice-président du Syndicat des employé-es de magasins et de bureaux de la SAQ (SEMB-CSN), en entrevue téléphonique.

Le SEMB-CSN s'oppose à toute forme de privatisation de la SAQ et la fin du monopole de l'entreprise publique, « ça revient du pareil au même ».

« On ouvre quand même la porte aux entreprises privées, ce qui va réduire - d'une façon ou d'une autre - les profits que va faire la SAQ et donc des dividendes qu'elle remet au gouvernement. »

M. McSween souligne aussi que le commerce d'un produit comme l'alcool est une tâche délicate à confier à l'entreprise privée parce qu'elle est intimement liée à la santé publique.

Hier, La Presse a révélé que la commission mise en place il y a un an pour passer au crible les dépenses publiques conseillait au gouvernement de faire plus de place au privé dans le marché de la vente d'alcool. Cette voie serait bénéfique pour l'économie, augmenterait le choix pour les consommateurs et serait neutre du point de vue des recettes du gouvernement, selon les membres du groupe présidé par l'ex-ministre Lucienne Robillard.

Ce rapport critiquerait aussi la gouvernance de la société d'État, ainsi que ses pratiques commerciales.

«Une performance soutenue»

Piquée au vif, la SAQ a publié hier matin un communiqué qui attaque indirectement l'idée de casser son monopole.

« Si on regarde concrètement le parcours de la SAQ au cours des 10 dernières années, on constate une performance soutenue année après année », fait valoir la société d'État, ajoutant que « les ventes de la SAQ ont augmenté de plus de 66 % en 10 ans. » Le communiqué cite aussi une étude d'un chercheur qui estime à 1,5 milliard les pertes engendrées par le gouvernement albertain à la suite de la privatisation du commerce de l'alcool.

Le gouvernement, pour sa part, n'a pas voulu commenter les informations de La Presse. « Le gouvernement entend faire connaître les suites qu'il va donner au rapport quand le rapport va être rendu public », a indiqué Marie-Ève Pelletier, attachée de presse du président du Conseil du trésor.

Même son de cloche du côté de la SAQ. « Il importe de rappeler que le rapport mentionné dans l'article n'a pas été déposé officiellement, et donc que nous n'avons pas pu en prendre connaissance, a écrit la société. Dans ce contexte, la prudence est de mise. »

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