Des vins chinois au crible de grands oenologues français

Devenue le premier pays consommateur de vin rouge... (PHOTO PHILIPPE LOPEZ, ARCHIVES AFP)

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Devenue le premier pays consommateur de vin rouge en 2014 devant la France, la Chine intéresse de plus en plus les guides oenologiques internationaux.

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Agence France-Presse
PÉKIN

Le sourire sur les lèvres bleues par la dégustation, Michel Bettane et Thierry Desseauve deux grands noms français de l'oenologie, ont salué vendredi à Pékin la qualité croissante des vins chinois, dont une trentaine seront intégrés à la deuxième édition en mandarin de leur célèbre guide.

Parmi les 173 crus examinés lors de cette dégustation, à laquelle participaient une dizaine de critiques français et chinois, «on en a goûté 15 % à 20 % de très bien faits, assez proches du style [de ceux] qu'on trouve en France et en Europe», s'est félicité Michel Bettane.

Tout en notant qu'il y en avait «d'autres plus imprécis», signe que «tout n'est pas encore gagné pour les vins chinois».

Au final, 24 vins rouges, six vins blancs et un vin pétillant ont obtenu une note d'au moins 13 sur 20, le minimum pour entrer dans le prestigieux guide Bettane & Desseauve.

Parmi les crus candidats, figuraient beaucoup de premières ou secondes cuvées pour des domaines créés après 2012 et qui cherchent à se faire un nom. À l'inverse, la plupart des grandes marques chinoises établies, comme Greatwall, n'ont pas souhaité prendre part à la dégustation.

«Elles participent moins aujourd'hui. Avec la concurrence de tous les nouveaux petits producteurs, ils ne sont plus sûrs d'arriver dans les trois premières places», a expliqué Nicolas Carré, sommelier français exerçant en Chine depuis 14 ans.

La fin de l'époque où les producteurs payaient des dessous de table pour s'assurer la tête du classement peut aussi avoir refroidi les grands châteaux, a indiqué un autre organisateur.

Devenue le premier pays consommateur de vin rouge en 2014 devant la France, la Chine intéresse de plus en plus les guides oenologiques internationaux.

L'an dernier, la première édition en chinois du Bettane & Desseauve s'est vendue à 50 000 exemplaires. L'édition 2015, adaptée au marché local, sera la première à intégrer des vins chinois.

Signe de l'engouement croissant en Asie, c'est un groupe d'investisseurs singapouriens qui avait racheté en 2012 l'influente revue Wine Advocate de Robert Parker, considérée comme une référence mondiale. La Revue des vins de France, elle, avait lancé en 2011 une édition en mandarin.

Les experts français pointent cependant des problèmes endémiques de viticulture dans le pays.

«Il faut encore faire des progrès pour obtenir de meilleurs raisins. On a planté beaucoup, on a planté très vite, et avec les ouvriers dont on disposait», pas nécessairement suffisamment formés, a regretté M. Bettane.

«C'est le défi actuel du vignoble chinois», confirmait Thierry Desseauve. Avant de nuancer: «C'est le plus récent des grands vignobles du monde, et cette expérience-là s'acquiert beaucoup plus vite en Chine que partout ailleurs. Il faut lui donner encore un peu de temps.»

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