France: le vin bio en plein boom

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À lui seul, le Languedoc Roussillon (sur la photo) représente 32 % des surfaces de vignobles biologiques et le grand Sud - de l'Aquitaine à Rhône-Alpes - les trois quarts des 65 000 ha certifiés (soit 8% du vignoble français) selon les chiffres de l'Agence bio chargée de la promotion de l'agriculture bio.

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Anne CHAON
Agence France-Presse
PARIS

Le succès du vin bio a porté la France au 2e rang des producteurs mondiaux derrière l'Espagne, conduisant la filière à s'organiser pour défendre ses intérêts et préserver son âme.

«Alors qu'on a du mal en (vin) conventionnel à assurer la relève, en bio les jeunes viennent spontanément, soit reprendre le domaine soit s'assurer de sa conversion», s'est félicité mardi à Paris Patrick Guiraud, président de Sudvinbio, l'association interprofessionnelle du sud de la France.

À lui seul, le Languedoc Roussillon représente 32 % des surfaces de vignobles biologiques et le grand Sud - de l'Aquitaine à Rhône-Alpes - les trois quarts des 65 000 ha certifiés (soit 8% du vignoble français) selon les chiffres de l'Agence bio chargée de la promotion de l'agriculture bio.

«La France se trouve ainsi dans le trio mondial de tête avec l'Espagne et l'Italie», souligne sa présidente Elisabeth Mercier. «Sur 293 000 ha de vignes bio dans le monde, 90% sont en Europe dont les trois quarts dans ces trois pays».

En France, les surfaces ont augmenté de 188% entre 2007 et 2012, de 373% en Espagne et 56% en Italie dans le même temps.

En 2013, 4900 exploitations françaises avaient obtenu leur certification ainsi que 197 caves coopératives - contre 70 en 2009 - et la consommation avait bondi de 22% sur l'année avec près de la moitié de la production exportée (44%) vers l'Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni ou la Scandinavie.

Mais dans chacun des trois grands pays producteurs, après une poussée très forte des conversions à la fin des années 2000, l'heure est à la consolidation, explique Mme Mercier. En 2013, le nombre de producteurs est même en repli de 3 à 4% en Champagne, en Alsace et en Pays de Loire; de 8% en Corse, en Poitou-Charentes et même de 1 à 2% en Languedoc.

«C'est un mal qui fait du bien», assure Patrick Guiraud: «on a vu affluer une multitude d'opportunistes qui ont vu la possibilité de gagner plus, sans réelle conviction». Car le vin bio se vend 40% plus cher en moyenne que le vin conventionnel (8,70 euros la bouteille contre 6,90 euros).

En 5 ans, «on est passé de 5000 à 30 000 ha en 2010» en Languedoc-Roussillon, résume-t-il. Mais il faut tenir pendant les trois ans de conversion.

Pas du volume à tout prix

«Certains sont arrivés en pensant gagner de l'argent: au début de la conversion on ne le sent pas, mais à la 3e ou 4e année on commence à voir les rendements baisser, de 20 à 30% et beaucoup ne tiennent pas», reprend François Delhon, jeune vigneron du nord de Béziers qui a repris le domaine familial certifié bio depuis 25 ans.

Des années climatiques difficiles, marquées par des excès de pluie et de fraicheur, ont achevé d'en décourager d'autres.

«Même si le rythme ralentit aujourd'hui, nous avons encore 15 000 ha en conversion», nuance Mme Mercier qui rappelle qu'en 2009-2010, les surfaces en conversion étaient à elles seules supérieures au total du vignoble certifié bio. «On a de nouveaux arrivants dans toutes les régions de France et la moitié des départs constatés sont des départs en retraite».

Pour Patrick Guiraud, il est temps désormais d'organiser la filière, du producteur au négociant. Francevinbio, créé en 2013, a démarré avec le Languedoc-Roussillon et l'Aquitaine. Aujourd'hui, Rhônes Alpes, la Champagne et la Bourgogne l'ont rejoint: «On représente désormais 60% de la production bio, qui s'organise pour être représentée au niveau national. Avec PACA, on atteindra bientôt les 80%».

Pour autant, la filière bio tient à son âme: «On ne veut pas faire du volume à tout prix ni faire du bio comme un produit industriel comme on l'a vu avec certaines filières animales», dit-il, louchant sans les nommer vers les oeufs bio produits à très grande échelle. «On veut vendre à des prix rémunérateurs pour le producteur et tant que la grande distribution ne l'aura pas compris, ça ne marchera pas».

Pour le moment, les grandes surfaces ne représentent que 19% des ventes, contre 38% en vente directe.

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