À la découverte du vin de l'«Ancien Monde»

L'ensoleillement atteint en moyenne 250 jours par an... (Photo Thomas Abgrall, collaboration spéciale)

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L'ensoleillement atteint en moyenne 250 jours par an sur les vignes du Château Ksara, au Liban.

Photo Thomas Abgrall, collaboration spéciale

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Thomas Abgrall

Collaboration spéciale

La Presse

(Beyrouth, Liban) Le Liban produit un vin méditerranéen généreux et raffiné, qui n'est encore souvent connu que par une clientèle d'initiés. Découverte.

Si la cuisine libanaise a franchi depuis bien longtemps les frontières trop étroites de ses 10 452 km, les vins du pays du Cèdre n'ont pas encore eu la même destinée. Encore méconnue, la vigne libanaise commence pourtant à se faire un nom au-delà de la Méditerranée.

Le pays compte une quarantaine de domaines qui misent avant tout sur la qualité et la confidentialité, plus que sur une production de masse. Le terroir et le climat libanais apportent une identité bien particulière aux vins.

«La forte amplitude thermique permet une maturation exceptionnelle des raisins, en particulier pour les rouges. L'ensoleillement atteint en moyenne 250 jours par an, et les importantes réserves d'eau ne nécessitent pas d'irriguer les vignes», explique Elie Maamari, oenologue et responsable de l'exportation au Château Ksara.

Le Liban possède de remarquables sols argilo-calcaires dans la plaine de la Bekaa - situé dans la partie orientale du Liban - qui accroissent l'acidité des vins, tout en équilibrant les tannins. «Les vins sont chaleureux et offrent un mélange de force et de douceur. Les arômes qui s'en dégagent sont souvent ceux de fruits mûrs, de prune et de confiture. Les notes épicées se mélangent à celles des fruits secs, comme les raisins et les figues», estime l'oenologue Diana Salamé.

«En bouche, l'attaque est structurée et charpentée, les tannins sont puissants», ajoute l'oenologue.

Des cépages internationaux et locaux

Pour les rouges, les cépages utilisés sont surtout français, comme le cabernet sauvignon, le cinsault, le merlot ou la syrah. Plus récemment, les viticulteurs libanais ont aussi introduit du tempranillo, utilisé pour les vins espagnols Riojas, ou du sangiovese d'Italie.

En blanc, on retrouve surtout du chardonnay, du viognier, du sauvignon et deux cépages locaux, l'obeideh et le merwah, redécouverts par certains producteurs, et qui servent surtout dans la composition de l'arak, une anisette fameuse dans tout le Levant.

«Ces cépages autochtones existent depuis des millénaires, et sont plantés à plus de 1200 m d'altitude. Ils sont fermentés puis élevés en fûts pendant neuf mois», explique Gaston Hochar, l'un des propriétaires de Château Musar, dont le père a été le premier à utiliser ces cépages.

L'histoire de la vigne au Liban ne date en effet pas d'hier, puisqu'elle remonte à la civilisation phénicienne, 5000 ans av. J.-C. «Le vin libanais est celui du retour aux origines, de l'Ancien Monde. Il ne cherche pas à copier ceux du Nouveau Monde, les vins d'Amérique du Sud, d'Afrique du Sud ou d'Australie», affirme Ramzi Ghosn, propriétaire avec son frère Sami du Domaine Massaya.

Le vin libanais peine encore à se faire connaître au Canada, soit, mais une dizaine de vins sont actuellement offerts à la SAQ, alors n'attendez plus pour tenter l'expérience!

Trois bouteilles libanaises à découvrir

> Massaya Sélection de Tanail 2010, 21$ (904102)

Composition: grenache, cinsault, cabernet sauvignon, mourvèdre

Le Massaya Sélection de Tanail 2010 se marie parfaitement avec une cuisine méditerranéenne hivernale. Élevé dans des cuves en chêne, c'est un vin rouge plutôt traditionnel, velouté, légèrement boisé, qui dégage des arômes de fruits rouges. Riche et équilibré, il offre une complexité intéressante en bouche. Il est conseillé de le laisser vieillir un ou deux ans. Le Domaine Massaya a été lancé en 1998 par les frères Ghosn, en partenariat avec des viticulteurs français prestigieux: Dominique Hébrard, l'ancien propriétaire du Cheval blanc, à Saint-Émilion, et Daniel Brunier (Vieux Télégraphe).

> Château Ksara Réserve du Couvent 2011, 15,35$ (443721)

Composition: cabernet sauvignon, cabernet franc, syrah

Vin à la robe rouge rubis foncé, le Réserve du Couvent allie des arômes boisés et vanillés, des tannins ronds, souples et enrobés, qui lui donnent une belle longueur en bouche. Dense tout en restant fruité, et sa structure lui permet d'accompagner les viandes rouges et les petits gibiers. La Réserve du Couvent est produite par Château Ksara, le premier producteur libanais, mais aussi le plus ancien, puisque l'histoire du domaine a débuté en 1857, quand des pères jésuites se sont installés dans le village de Ksara en y plantent leurs premiers pieds de vigne.

> Château Musar Cuvée Rouge 2010, 19,65$ (10700393)

Composition: cinsault, syrah, cabernet sauvignon

Le nez de la cuvée 2010 de Musar est riche et fruité, délivrant des arômes de fruits rouges, de prunes, de cassis et de myrtille, la syrah apportant même une touche de violette. En bouche, c'est un vin très frais et équilibré, qui dégage des arômes de noix de muscade et de cannelle. Il est recommandé pour les viandes grillées et les plats méditerranéens épicés. Le Château Musar, fondé en 1930, est souvent le vin libanais le plus connu à l'étranger. Depuis la guerre civile libanaise (1975-1990), il exporte chaque année une grande partie de sa production (75% aujourd'hui).




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