Les viticulteurs du Beaujolais ne sont pas à la fête

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Malgré l'arrivée du beaujolais nouveau, le coeur n'est pas à la fête en France.

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Myriam Lemetayer
Agence France-Presse
Lyon

La grande fête du beaujolais nouveau dans la nuit de mercredi à jeudi est ternie cette année par les difficultés financières des viticulteurs de la région, dont plusieurs centaines pourraient cesser leur activité, le rendement des vignes ayant été entamé par les intempéries.

«On a tout eu cette année: gel, grêle, maladies de la vigne comme le mildiou. J'ai 55 ans et je n'avais jamais vu un tel scénario», affirme Daniel Bulliat, président de la fête du beaujolais nouveau, à Beaujeu, qui marque traditionnellement le début de la campagne de vente du vin primeur le 3e jeudi de novembre.

«C'est difficile en ce moment mais on est obligé de continuer. L'image de notre produit, c'est la fête et la convivialité. On ne va pas cesser la fête parce que certains arrêtent» leur activité, soutient le vigneron.

«On n'oublie pas les difficultés, mais cette fête est un anti-dépresseur», ajoute celui qui critique par ailleurs la volonté de Marine Le Pen, attendue à Beaujeu mercredi après-midi, de «faire sa pub sur le dos» de la fête.

Avec des rendements moyens deux fois moindres qu'en temps normal, et une hausse des cours qui ne suffira pas à compenser la perte sèche pour les vignerons, le millésime 2012 est tombé comme un couperet sur des exploitations à la trésorerie fragile.

À ce jour, selon la préfecture de la région Rhône-Alpes, 800 viticulteurs du Beaujolais ont déposé une demande pour obtenir des aides financières de l'Etat (prise en charge de cotisations sociales, exonération totale ou partielle de la taxe sur le foncier non bâti...).

«Les dossiers sont en cours d'instruction», indique la préfecture.

Dégringolade du nombre d'exploitants

Des estimations ont circulé chez les professionnels du vin, selon lesquelles près de 300, voire 500, exploitants sur 2300 pourraient cesser leur activité à cause de la piètre récolte.

«Des exploitations sont techniquement en cessation de paiement, ce sont des problèmes de trésorerie à un moment donné», tempère le délégué général de l'organisation professionnelle Inter-Beaujolais, Jean Bourjade, qui juge le chiffre alarmiste et penche pour une cinquantaine de cessations d'activité.

Il loue la «capacité de résistance des exploitants» de la région, dont certains ne se versent pas de salaire en attendant des jours meilleurs.

«La petite récolte a de nouveau fragilisé des exploitations alors qu'on commençait à voir le bout du tunnel», regrette-t-il.

Le vignoble se bat depuis plusieurs années contre l'image peu qualitative du vin primeur, l'érosion des ventes et le manque d'attractivité qui freine l'installation de jeunes vignerons.

Quelque 3000 hectares de vignes ont ainsi été arrachés en six ans pour enrayer la surproduction et garantir une rémunération décente aux exploitants.

«On peut regretter que les vins en vrac soient souvent achetés en dessous du prix de revient, ce qui n'assure pas la pérennité du vignoble», relève Jean Bourjade.

Selon lui, l'équilibre entre la production et la demande a «pratiquement» été atteint en 2011, quand le vignoble a produit 115 millions de bouteilles, dont 36 millions de beaujolais nouveau.

«On a des satisfactions, la baisse du nombre d'exploitants s'est ralentie ces dernières années», souligne le représentant de l'Inter-Beaujolais, espérant que 2012 ne démentira pas ces efforts.

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