Vins sans alcool

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Quatre vins sans alcool... (Photos La Presse)

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Quatre vins sans alcool

Photos La Presse

 

Karyne Duplessis Piché
La Presse

Qui a dit qu'il faut boire de l'alcool pour savourer un verre de rosé ou de bulles? On trouve en épicerie et à la Société des alcools du Québec (SAQ) plusieurs bouteilles de vin dans lesquelles l'alcool a été retiré.

Les vins sans alcool ont la cote: depuis l'an dernier, les ventes de ces cuvées ont augmenté de 93% à la SAQ, et ce, même si leur réputation est souvent mauvaise. Nous avons mis une vingtaine de produits au test: en voici cinq qui ont satisfait nos papilles.

C'est après une soirée bien arrosée que le producteur alsacien Bruno Marret s'est promis d'élaborer un vin sans alcool. Mais il a rapidement constaté que ce n'était pas simple. Il lui a fallu deux années de tests avant de réussir ses nouvelles cuvées.

Pour y arriver, il produit des vins dans lesquels la quantité de sucre et d'alcool sont élevés. Il place ensuite ce liquide dans un contenant sous vide et le refroidit.

«Les éléments les plus légers vont monter au haut de la cuve, explique-t-il. Et quel est élément le plus léger présent dans le vin? L'éthanol ou l'alcool. Il suffit de le soutirer et de mettre directement le vin en bouteille.»

Cette technique est la plus réputée. Or, il en existe d'autres. On peut également séparer l'alcool du vin en chauffant le liquide. Selon les oenologues, il n'y a toutefois pas que l'alcool qui s'évapore avec cette méthode... les arômes aussi. On doit alors ajouter un peu de vin ou différents ingrédients avant l'embouteillage afin de rehausser la saveur du liquide. D'autres pratiquent encore l'«osmose inverse», processus semblable à celui utilisé pour dissocier le sel de l'eau. Mais peu importe le procédé choisi, il reste toujours une infime quantité d'alcool, soit autour de 1%.

En supprimant l'alcool, le vin perd aussi de ses calories. On en trouve en moyenne trois fois moins dans un vin sans alcool que dans une cuvée traditionnelle. La plupart des producteurs affichent d'ailleurs la valeur nutritive de leur boisson sur leurs bouteilles.

Pas de monopole sans alcool

Si la SAQ a le monopole du marché des vins traditionnels au Québec, elle n'a pas celui des bouteilles sans alcool. Si bien que la société d'État commercialise très peu de ces produits dans ses succursales. Pour dénicher davantage de choix de cuvées sans alcool, il faut alors se tourner vers les supermarchés et épiceries spécialisées.

1. Côte de Vincent

Vin mousseux sans alcool, 15,10$, à la Guilde culinaire

6381, boul. Saint-Laurent, Montréal

Bruno Marret utilise du riesling et du rivaner pour élaborer son mousseux. Comme la plupart des vins pétillants sans alcool, le vigneron ajoute du dioxyde de carbone à son liquide pour lui apporter de l'effervescence.

Et sa cuvée est réussie. Elle ne peut pas être comparée à la finesse d'un champagne, mais ses bulles et sa saveur sont agréables. Sa robe est presque incolore. Son nez est peu expressif. En bouche, le goût est légèrement sucré. On reconnaît les fruits blancs, la poire et la violette. C'est bien fait.

En tout, ce sont cinq cuvées de la Côte de Vincent qui sont représentées dans la province par la société La vigne des neiges. Elles sont distribuées dans une vingtaine de magasins. M. Marret réussit également un assemblage de rouge.

2. St. Regis réserve

Zinfandel blanc, 7,99$, chez IGA

Si de nombreux vins affichent sur leur étiquette le nom du cépage utilisé, il en va de même pour les cuvées sans alcool. La société californienne St. Regis offre un rosé à base de zinfandel blanc correct et honnête. C'est aussi l'une des rares bouteilles obturées avec un bouchon de liège plutôt qu'une capsule à vis.

Sa robe est de couleur rose avec quelques reflets orangés. Le nez n'est pas très expressif, mais on y note du cassis et des fraises. En bouche, on retrouve la fraise sentie précédemment. On a l'impression de déguster du jus et la finale est sucrée.

3. Vi-No-Ze-Ro Müller-Thurgau Tafelwein

Code SAQ: 00274720, 6,85$

Le Vi-No-Ze-Ro est présent sur les tablettes de la SAQ depuis plus de 20 ans. C'est l'une des cuvées les moins chères offertes chez nous. Et pourtant, c'est aussi l'une des plus faciles à déguster. Cette cuvée est élaborée avec des raisins de müller-thurgau, aussi connu sous le nom de rivaner. On produit généralement avec cette variété des vins simples, fruités et peu acides. Et celui-ci confirme cette règle. Sa robe est légèrement dorée. Son nez est très discret. On goûte des poires jaunes, des poires mûres. C'est délicat et légèrement sucré.

4. Muscat Natureo Torres 2010

Code SAQ: 11 334 794, 9,15$

On connaît bien la famille Torres en Espagne puisqu'on trouve une trentaine de leurs produits au Québec. Le domaine élabore plusieurs rouges d'une grande qualité. Le domaine commercialise depuis moins de deux ans dans la province une cuvée sans alcool qu'elle réussit avec brio. Le vin s'appelle Natureo et il est élaboré avec des raisins de muscat.

Le muscat est l'une des rares variétés de raisins utilisées dans la production du vin qui est délicieuse à manger. Ces fruits sont très aromatiques et sucrés.Contrairement à plusieurs vins sans alcool dégustés, le Natureo possède des arômes très soutenus et typiques des cuvées traditionnelles. Sa robe est dorée. On y sent les raisins de muscat et la pêche. En bouche, le goût ressemble à celui d'un jus de fruits, un jus de pêches. C'est sucré, mais très bien.

5. Carl Jung

Merlot, 7,49$, dans les épiceries Metro

L'Allemagne est l'un des premiers pays à avoir expérimenté les vins sans alcool. Et c'est grâce aux recherches du vigneron Carl Jung si les cuvées élaborées aujourd'hui sont de meilleure qualité. Car il a breveté il y a plus d'un siècle certains procédés pour les élaborer. Ses bouteilles sans alcool sont vendues dans plus de 25 pays.

On trouve plusieurs cuvées de ce domaine dans les épiceries de la province. Son rouge à base de merlot est bien fait. La robe est de couleur cerise soutenue. Au nez, on reconnaît la framboise et les cerises. En bouche, on ne sent pas la viscosité apportée par l'alcool comme dans un rouge traditionnel. Il ressemble davantage à un jus de raisin. Mais c'est bon et pas trop sucré. Servir frais.

Le mousseux de Carl Jung s'avère aussi un bon choix.

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