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La Chine devient le deuxième vignoble mondial après l'Espagne

Le vignoble chinois qui représentait moins de 4 %... (Photo Philippe Lopez, AFP)

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Le vignoble chinois qui représentait moins de 4 % des vignes mondiales en 2000 compte aujourd'hui pour près de 11 %.

Photo Philippe Lopez, AFP

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Anne CHAON
Agence France-Presse

En moins de 15 ans, la Chine est devenue le deuxième vignoble du monde, derrière l'Espagne, et devance ainsi désormais la France, même si sa production la maintient encore au 8e rang mondial, loin derrière des acteurs plus classiques.

Avec près de 800 000 hectares, les vignes chinoises, qui occupaient en 2000 moins de 4 % des terres consacrées à cette activité dans le monde, en constituent aujourd'hui près de 11 %, a révélé lundi l'Organisation mondiale de la Vigne et du vin (OIV).

«Il faudra encore que ces chiffres soient confirmés», nuance le directeur général de l'OIV Jean-Marie Aurand, qui fait également valoir que la destination finale du raisin ainsi récolté reste à préciser entre vin, raisins secs, raisins de table.

«Cependant, les variétés plantées laissent penser qu'elles sont bien destinées à la vinification», à produire «cabernet, sauvignon, merlot, syrah, etc., des variétés internationales qu'on retrouve partout», fournies par les pépiniéristes du monde entier, dont la France, explique-t-il à l'AFP.

Selon M. Aurand, les vignes se sont surtout développées en Chine dans les régions historiquement productrices, le Hebei autour de Pékin et le Shandong, la riche province agricole de l'est, mais aussi dans deux nouvelles provinces, le Ningxia et le Sichuan.

«Ce sont des plantations de plusieurs dizaines, voire centaines, de milliers d'hectares effectuées avec des capitaux chinois, mais qui ont recours à une expertise étrangère de viticulteurs et d'oeonologues venus d'Australie, des États-Unis, d'Espagne, de France et d'Italie».

Déclin européen

Réciproquement, note M. Aurand, beaucoup de jeunes Chinois vont se former à l'étranger et la Chine se dote de ses propres centres de formation aux métiers de la vigne et du vin.

C'est d'ailleurs en Chine et en Amérique du Sud qu'apparaissent principalement les nouveaux vignobles alors que l'Union européenne continue de réduire ses surfaces qui sont aujourd'hui de 3,4 millions d'hectares (soit un recul de 21 000 ha).

Entre 2008 et 2011, l'UE a eu un plan de régulation du potentiel de production afin de soutenir les cours et d'améliorer la qualité de ses productions, ce qui l'a amenée à réduire en moyenne de 94 000 ha/an la superficie de ses vignobles.

Aujourd'hui, l'Espagne reste largement en tête avec plus d'un million d'ha (1,021 million) devant la France (792 000 ha) et l'Italie (690 000). Mais la France, qui a perdu près de 10 % de ses surfaces vinicoles en dix ans, conserve son rang de premier producteur mondial de vin, avec 47 millions d'hectolitres en 2014.

Elle devance l'Italie, l'Espagne et les États-Unis, qui sont pour la troisième année consécutive les premiers consommateurs de vins du monde, avec 30 millions d'hectolitres l'année dernière.

Les États-Unis qui ont produit 22 millions d'hectolitres en 2014 en exportent environ quatre millions et en importent un peu plus de 10 millions.

«Ils sont encore loin de la France ou de l'Italie pour la consommation par tête, mais celle-ci augmente et surtout le nombre des consommateurs s'accroît».

Deux bouteilles sur cinq exportées

Quant au marché chinois, «il subsiste une grande inconnue sur son équilibre entre importations et production et une grande difficulté d'appréciation de la consommation de vin» reprend M. Aurand.

Les importations se sont légèrement tassées ces deux dernières années, note-t-il, en partie sous l'effet de la politique anti-bling bling imposée aux cadres du régime, qui a frappé de plein fouet les grands Bordeaux et les Cognac, mais a pu affecter, par rebond, des vins plus modestes.

«80 % du vin consommé en Chine est produit localement. Sur les 20 % importés, 10 % viennent de France - principalement grands vins et champagne», relève l'expert.

Une tendance paraît certaine d'une année sur l'autre, souligne-t-il encore, c'est «l'internationalisation du marché du vin» dont les exportations/importations ont atteint 104 millions d'hectolitres (+2 %) en 2014.

«Il y a 10 ans, un quart des vins consommés dans le monde étaient importés, contre 43 % aujourd'hui».

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