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Le défi du rouge québécois

Depuis qu'il a acheté son vignoble à Saint-Jacques-le-Mineur... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE)

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Depuis qu'il a acheté son vignoble à Saint-Jacques-le-Mineur en 2004, la viticulture est la principale occupation du vigneron Yvan Quirion.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND LA PRESSE

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(Saint-Jacques- le-Mineur) Le Québec, région trop froide pour faire du rouge? Le vigneron Yvan Quirion réfute cette idée. Pour le prouver, il a mis au point un textile isolant avec lequel il couvre ses vignes en hiver à son Domaine Saint-Jacques, situé au sud de Montréal.

Ne cherchez pas Yvan Quirion derrière son bureau. Le vigneron, aussi propriétaire de deux entreprises d'emballage, passe plutôt ses journées au milieu des vignes. Depuis qu'il a acheté son vignoble à Saint-Jacques-le-Mineur en 2004, la viticulture est sa principale occupation.

«J'ai toujours aimé la vigne, raconte M. Quirion. Quand j'étais petit, je jouais dans les vignes cultivées par les Italiens dans mon quartier à Ville-Émard. Ça me fascinait. Depuis que j'ai le vignoble, c'est devenu une obsession folle.»

Comme tous les vignerons québécois, il s'est rapidement heurté à un problème de taille: le froid hivernal. Si le gel tue les bourgeons, la vigne repart plus lentement au printemps et ses fruits peinent à mûrir à temps pour les vendanges. Dans ces conditions, il a constaté qu'il est plus difficile de réussir les rouges.

M. Quirion, ingénieur de formation, en a fait son affaire. Il a mis au point un géotextile avec lequel il recouvre ses 10 hectares de vignes. Ce tissu permet à la fois d'isoler les vignes du froid, de garder la chaleur du sol près des plants et de protéger les bourgeons. Six ans plus tard, ses vins rouges sont devenus la marque de commerce de son domaine.

Des vignes européennes

Yvan Quirion a voulu tenter l'expérience avec les variétés européennes, encore plus sensibles au gel. Il a planté en 2009 du chardonnay, du pinot noir, du riesling, du gewurztraminer et du pinot gris. Contre toute attente, les cinq cépages ont survécu.

Il a vinifié l'an dernier les premiers raisins de ses variétés européennes. Il est si satisfait des résultats qu'il croit maintenant que le Québec a un potentiel inattendu pour les investisseurs viticoles. Il ne serait guère étonné si plusieurs s'installaient dans la province.

«Il fait très chaud en été, les journées sans gel sont assez nombreuses et on a les bons sols, soutient-il. Il faut maintenant trouver les cépages qui nous conviennent le mieux.»

Le vigneron ne croit pas pour autant qu'il faille abandonner la culture des hybrides au Québec. Ces variétés permettent, selon lui, aux producteurs québécois de se démarquer dans un marché très vaste.

Pour ce faire, il mise entre autres sur les cépages seyval blanc et vidal qui donnent des blancs fruités et rafraîchissants. En rouge, il croit au potentiel du lucie-kuhlmann et du maréchal foch. Dans les verres, ses rouges sont concentrés et plutôt corsés.

Le club de vin du Domaine

Lors de ses premières vinifications en 2007, Yvan Quirion avait peur de ne pas réussir à vendre toutes ses bouteilles. Pour pallier ce problème, l'homme d'affaires s'est inspiré d'un concept utilisé en Californie. Il a mis sur pied un club de vin.

En échange de frais d'inscription de 225$, ses membres reçoivent une caisse de 12 bouteilles d'une valeur de 260$. Cinq ans plus tard, son club compte plus de 300 personnes. Ses membres seront d'ailleurs parmi les rares clients à pouvoir mettre la main sur ses bouteilles de gewurztraminer et de pinot gris 2012.

Comment s'y rendre

Saint-Jacques-le-Mineur est situé à moins de 40 minutes de Montréal. Une fois sur la Rive-Sud, on rejoint l'autoroute 15 Sud par la route 132 Ouest. On prend ensuite la sortie 29 et on roule sur la route Édouard-VII jusqu'au vignoble.

615, boulevard Édouard-VII, Saint-Jacques-le-Mineur www.domainest-jacques.com

À déguster

ROUGE Sélection 2012

Cet assemblage de maréchal-foch, de lucie-kuhlmann et de baco noir est savoureux. Dans le verre, la robe est noire avec des reflets pourpres. Au nez, on sent les griottes, les mûres, les bleuets et une pointe de cannelle. En bouche, c'est dense, presque sirupeux, poivré et la longueur est satisfaisante. Que demander de mieux? 13,5%.

Offert à la SAQ, code: 11506306, 17,95$

BLANC Réserve 2011

Élevé en cuves inox, le mélange seyval blanc et vidal donne des vins croquants et rafraîchissants. On le retrouve ici dans sa version boisée, à la suite d'un élevage de sept mois en fûts de chêne. On sent les fruits tropicaux, les poires cuites et une pointe d'oxydation. En bouche, on goûte le miel, l'attaque est grasse et parfumée sur des notes d'acacia. Très bien fait. 13%.

Offert à la SAQ, code: 11506390, 24$

À suivre

La cuvée de pinot noir 2012 sera embouteillée cet automne après neuf mois en barriques de chêne françaises. Beaux fruits et belle complexité, c'est le plus beau pinot noir du Québec goûté jusqu'à maintenant. Avis aux intéressés, il y aura peu de bouteilles en vente.




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