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Vignoble Aux pieds des noyers: une histoire de famille

Aux pieds des noyers, toute la famille met... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Aux pieds des noyers, toute la famille met la main à la pâte: Hugo et Julie ont rejoint leurs parents, Manon Dazé et Alain Bussières, dans leur aventure vinicole, qui a débuté en 1997.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

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(Lanoraie) Impossible de ne pas croiser l'un des quatre membres de la famille Bussières quand on arrive au vignoble Aux pieds des noyers, à Lanoraie. Le père et le fils sont au champ ou au chai. La fille tient un service de traiteur. Et la mère est derrière son bureau, quand elle n'est pas en train d'accueillir les visiteurs.

L'aventure vinicole des Bussières a débuté en 1997 quand Alain, ancien pompier de la Ville de Montréal, s'est lancé dans le vin comme projet de retraite. Avec sa femme Manon, il a décidé de planter ses vignes dans la banlieue nord de l'île, que le couple connaît bien.

«On était les premiers à installer notre vignoble au nord de Montréal, se souvient Manon Dazé. Les agronomes nous ont découragés.»

Ils ne savaient pas à l'époque si leurs vignes allaient survivre sur la Rive-Nord. De plus, les agronomes de Lanaudière étaient surtout spécialisés dans la culture des petits fruits.

Rien toutefois pour démotiver les nouveaux vignerons. Au contraire. Ils ont même ajouté une difficulté supplémentaire à leur projet: ils ont planté des cépages vitis vinifera (des variétés européennes) encore rares au Québec à la fin des années 90.

Le domaine produit maintenant une cuvée 100% gewurztraminer, quand le volume de la récolte est suffisant, et une autre de chardonnay. On y assemble aussi quelques variétés rustiques avec du merlot et du zweigelt, un cépage que l'on trouve surtout en Autriche.

Manon ne le cache pas, le couple a fait plusieurs erreurs avant d'obtenir une production stable et de qualité. Le domaine compte aujourd'hui 15 000 pieds de vigne et cultive 15 cépages différents.

Les enfants à bord

Au moment où Alain et Manon ont démarré leur vignoble, leur fils Hugo faisait des études en agriculture. Il rêvait alors de se spécialiser dans la culture sous serre. Il s'est toutefois joint à l'entreprise familiale afin de donner «un coup de pouce» à ses parents.

«Hugo apporte à l'entreprise le respect de l'environnement, dit sa mère. On n'est pas bios, mais on travaille en culture raisonnée [ils utilisent le moins possible de produits chimiques].»

Ce n'est pas la seule contribution d'Hugo au projet familial. Le jeune homme a planté aux côtés des vignes 2500 noyers, arbres en voie de disparition au Québec, afin de protéger cette espèce. C'est ce geste qui a inspiré le nom du domaine.

Sa soeur Julie apporte elle aussi sa touche personnelle à l'entreprise. Titulaire d'un diplôme de pâtisserie à l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec (ITHQ), elle a travaillé dans plusieurs restaurants en France, avant de cuisiner dans certains établissements de Lanaudière. Mais la jeune femme rêvait de mener son propre projet. Elle a choisi de poser ses chaudrons au vignoble en 2006. Elle y offre depuis un service de traiteur.

«Julie connaît les goûts, les saveurs, ajoute Manon. Elle nous aide dans les accords mets et vins. Elle juge aussi les produits finis.»

Chacun ses goûts

Aux pieds des noyers, toutes les décisions sont prises à quatre. Ce qui ne rend pas toujours la tâche facile, avouent les Bussières. C'est pourquoi le domaine élabore autant de variétés de produits, 10 vins au total. Chacun des membres de la famille doit posséder au moins une cuvée qui corresponde à ses goûts.

Pour ce faire, ils ont trouvé un terrain d'entente dans le style des vins: ils doivent être fruités, pas trop acides, pas trop tanniques ni trop boisés et doivent mettre en valeur les cépages.

Il reste que la famille n'élabore pas de vin de glace. «Mon père est un ancien pompier. Il s'est assez gelé dans sa vie pour éteindre des feux l'hiver, se souvient Hugo. Il ne voulait pas couper du raisin à -15 degrés.»

En plus d'occuper à temps plein les quatre membres de la famille, l'entreprise engage aussi cinq employés à temps partiel. Le service de traiteur est ouvert toute l'année et le vignoble produit annuellement 12 000 bouteilles.

Neuf ans après leurs premières vendanges, Alain et Manon s'entendent: ils ne pensent plus à la retraite!

Comment s'y rendre?

Le vignoble est situé à une heure de route de Montréal ou de Trois-Rivières. On doit d'abord emprunter la sortie 130 de l'autoroute 40, puis prendre la direction de Lanoraie. Le domaine se trouve au 71, Grande Côte E., sur le chemin du Roy.

Pour manger au vignoble

Aux pieds des noyers accueille les groupes de 10 personnes et plus toute l'année. Les repas sont servis l'été sous un chapiteau et l'hiver, au sous-sol de la maison familiale.

À déguster

Le Bouche-bée 2010

Élaboré à 100% avec du chardonnay du domaine, ce vin est étonnant. La robe est brillante et de couleur jaune. Au nez, on a des fruits tropicaux et des pommes cuites. C'est expressif. En bouche, la texture est agréable. On goûte les abricots. La finale est rafraîchissante. Un vin à déguster avec de la volaille ou des poissons. 11%, 15$ pour 500 ml.




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