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Trois vins, trois pays et un Québécois

Le vigneron Thomas Bachelder à Niagara-on-the-Lake.... (Photo fournie par Thomas Bachelder)

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Le vigneron Thomas Bachelder à Niagara-on-the-Lake.

Photo fournie par Thomas Bachelder

Karyne Duplessis-Piché

Karyne Duplessis-Piché, collaboration spéciale
La Presse

Les arrivages de la SAQ comptent cette semaine trois cuvées toutes spéciales pour un vigneron d'origine montréalaise. Ce sont les premiers vins commercialisés par Thomas Bachelder, un passionné du vin qui a fait ses premiers pas dans le métier dans un appartement du Plateau-Mont-Royal. Portrait.

Ce n'est pas d'hier que Thomas Bachelder et sa conjointe Mary préparent leurs propres vins.

«On a commencé à faire du vin en 1987 dans notre appartement, angle Mentana et Saint-Joseph, à Montréal, explique-t-il. À cette époque, il y avait des Italiens qui vendaient des raisins pour faire du vin.»

Le couple déménage par la suite rue de l'Esplanade, dans une maison où la cave a été convertie en chai par les propriétaires d'origine portugaise. Thomas et Mary redonnent vie à l'endroit. Ils nettoient la cave et utilisent les vieilles cuves de béton pour y faire leur vin. L'oenologue se rappelle, sourire en coin, que son vin était «pas mal bon».

Le jeune Bachelder rêve alors d'une carrière de journaliste vinicole. Il collabore à différents magazines spécialisés. Et il écrit avec sa conjointe Mary le premier guide sur les restaurants «apportez votre vin» de Montréal. Leur ouvrage sera édité en 1993 par Boréal.

Mais le couple réalise que la passion du vin ne permet pas de payer les factures.

Grand amateur de pinot noir, Thomas décide d'aller étudier en Bourgogne au début des années 90. Le Centre de formation professionnelle promotion agricole de Beaune (CFPPA) lui offre ses cours de viticulture et d'oenologie gratuitement. En échange, il enseigne l'anglais aux étudiants de son programme. Et lui découvre l'autre grand cépage de la Bourgogne: le chardonnay.

Meursault, Oregon et Niagara

Diplômé de Beaune, Thomas accepte l'invitation d'une ancienne camarade de classe qui lui propose d'aller travailler avec son père, Dick Ponzi, en Oregon. Cet emploi lui permet de peaufiner son expertise des cépages bourguignons, mais cette fois, en Amérique.

Pendant plusieurs années, le couple Bachelder partage son temps entre différents domaines de la Bourgogne et de l'Oregon. Puis la famille Boisset, un important négociant de vin et investisseur bourguignon, recrute Thomas afin de démarrer le vignoble du Clos Jordanne dans la péninsule du Niagara en 2003.

C'est grâce aux vins produits au Clos Jordanne que le travail de Thomas sort de l'ombre. Lors du Jugement de Montréal en 2009, les spécialistes du Québec encensent à l'aveugle son chardonnay ontarien. Il rafle la première place devant plusieurs crus d'Europe.

Mais en entrevue, Thomas et Mary répètent sans cesse qu'ils s'ennuient du Québec. Rencontrés à Montréal la semaine dernière, ils racontent avoir cherché des terres propices à la culture du pinot dans la province. Mais le couple a abandonné ce projet.

«Mon rêve, c'était de faire du pinot, dit Thomas. C'était impossible au Québec. Ici, on travaille encore plus fort que dans les grands crus de Bourgogne et pourtant, on n'arrive pas à d'aussi bons résultats.»

Les cuvées Bachelder

Thomas Bachelder commercialise cette semaine ses trois premiers vins à la Société des alcools du Québec (SAQ), en provenance de chacune de ses régions d'adoption. Et les vins n'ont plus rien à voir avec ces bouteilles autrefois préparées dans sa cave de la rue de l'Esplanade.

Ne soyez pas surpris: les premiers vins de l'oenologue ne sont pas des pinots noirs, mais bien des chardonnays. Il était selon lui plus facile de commencer avec le chardonnay. C'était aussi plus simple avec ce cépage de coordonner la période des vendanges dans les trois régions. Mais il assure que ses cuvées de pinot noir devraient être en vente en 2013 au Québec.

Sa technique est la même dans les trois régions: il tente de mettre en valeur le terroir, achète un maximum de raisins issus de l'agriculture biologique, utilise les mêmes fûts de chêne et vinifie ses cuvées de la même manière.

«On pense honorer nos racines dans les trois places avec nos vins, explique Thomas Bachelder. Et en étant très présents avec nos vins sur le Québec, on honore aussi nos racines québécoises.»

Bachelder Bourgogne 2009, 34$ (11584620)

Une cuvée crémeuse en bouche. On a beaucoup de fruits: pommes jaunes et poires. L'acidité est soutenue. Le boisé est bien intégré. Un bon vin!

Bachelder Oregon, Willamette Valley États-Unis 2009, 34$ (11584814)

Le nez est moins ouvert. On y sent les fleurs et les pommes jaunes. On goûte davantage le bois.

Bachelder Niagara, Niagara peninsula 2009, 33,75$ (11584857)

Ce vin est rempli de bananes mûres, de poires et de noisettes au nez. En bouche, l'acidité est soutenue. On y goûte les poires cuites, les amandes et le beurre en finale.

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