Scandale de Cambridge Analytica: Ottawa et le G7 se pencheront sur Facebook

Le scandale dans lequel Facebook et la firme... (PHOTO CHRIS WATTIE, REUTERS)

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Le scandale dans lequel Facebook et la firme Cambridge Analytica sont plongés depuis quelques jours rebondira au Sommet du G7 en juin, dans Charlevoix, a promis hier Justin Trudeau, au moment où le commissaire à la vie privée du Canada a annoncé le déclenchement d'une « enquête officielle » sur cette affaire.

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La glissade de Facebook s'est poursuivie hier, en Bourse comme dans l'opinion publique. Le géant technologique a cédé 2,5 % additionnels sur les marchés et son sort sera étudié aux quatre coins du monde, dont à Ottawa et au prochain sommet du G7, dans Charlevoix.

Le scandale dans lequel Facebook et la firme Cambridge Analytica sont plongés depuis quelques jours rebondira au Sommet du G7 en juin, dans Charlevoix, a promis hier Justin Trudeau, au moment où le commissaire à la vie privée du Canada a annoncé le déclenchement d'une « enquête officielle » sur cette affaire.

Talonné par un député néo-démocrate à la Chambre des communes, le premier ministre a assuré que la question de la protection des données personnelles des Canadiens fera - et a même déjà fait- partie des discussions avec ses homologues des plus grandes puissances mondiales.

« Cela fait plusieurs fois que nous avons ces conversations aux sommets du G7, que j'ai ces conversations avec mes homologues, que ce soit Theresa May ou d'autres, pour parler de la responsabilité des géants du web de bien respecter la vie privée, de protéger nos institutions démocratiques », a fait valoir M. Trudeau.

PROCESSUS ÉLECTORAL

Le ministre par intérim des Institutions démocratiques, Scott Brison, a confirmé en point de presse que le commissaire à la vie privée avait pris contact avec Facebook pour faire la lumière sur la question.

« En tant que gouvernement, nous croyons que nous avons la responsabilité fondamentale de protéger les informations confidentielles des citoyens canadiens de même que l'intégrité de notre processus électoral », a dit M. Brison, ajoutant que plusieurs ministères et organisations du gouvernement fédéral travaillent sur ce dossier.

Il a lui aussi fait valoir la nécessité de travailler avec les autres pays du G7 sur ce dossier, en raison de la « nature mondiale » des plateformes de médias sociaux. « C'est un secteur ou le multilatéralisme est très important, plutôt que de voir chaque gouvernement travailler séparément. »

« ENQUÊTE OFFICIELLE »

Le commissaire à la vie privée Daniel Therrien a confirmé par communiqué le déclenchement d'une « enquête officielle » sur cette affaire. Cette démarche permettra de vérifier la conformité de Facebook à la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques, a indiqué hier son bureau.

« Les allégations mentionnées dans les reportages des médias soulèvent des questions très graves du point de vue de la protection de la vie privée, a indiqué M. Therrien dans un communiqué. Le monde numérique et les médias sociaux en particulier font partie intégrante de nos vies au quotidien et les citoyens veulent que leurs droits soient respectés. »

Cambridge Analytica suspend son président

L'entreprise britannique par qui le scandale est né, Cambridge Analytica, a annoncé hier après-midi que son conseil d'administration avait suspendu son président, Alexander Nix. Cambridge est la firme qui aurait utilisé des données personnelles de 50 millions d'utilisateurs américains de Facebook dans le cadre de la campagne électorale de Donald Trump.

L'entreprise a aussi été active dans d'autres campagnes électorales à l'échelle internationale, et ses méthodes sont contestées. Dans un reportage diffusé lundi par Channel 4, au Royaume-Uni, une caméra cachée montre M. Nix offrant à un homme se faisant passer pour le représentant d'un parti politique sri-lankais de compromettre son adversaire en utilisant des prostituées.

Enquêtes à gogo

Il n'y a pas qu'Ottawa qui a des questions pour Facebook. Les annonces d'ouverture d'enquête se sont multipliées un peu partout, hier. Au Royaume-Uni, un comité parlementaire a convoqué le fondateur de l'entreprise, Mark Zuckerberg, à venir témoigner sur les pratiques de l'entreprise. Le président du comité, Damian Collins, estime que Facebook a trompé les parlementaires par le passé. La Commissaire à l'information britannique, la Federal Trade Commission (FTC) américaine, le Sénat américain et les procureurs en chef des États de New York et du Massachusetts, notamment, ont aussi annoncé vouloir obtenir des réponses sur la façon dont Cambridge Analytica avait pu se procurer ces données et ce qu'elle avait pu en faire. Selon Bloomberg, l'enquête de la FTC consiste à voir si les nouvelles révélations font en sorte de placer Facebook en défaut d'un règlement de dispute intervenu en 2011, toujours à propos de l'utilisation des données personnelles des utilisateurs.

Journée chargée en Bourse

Vingt-quatre heures après avoir cédé près de 7 % - et quelque 37 milliards de capitalisation boursière - lundi, l'action de Facebook a poursuivi son dérapage, hier. Elle perdait encore plus de 6 % en milieu de journée, avant de reprendre son aplomb pour clôturer à 168,15 $, en baisse de 2,56 %. Pas moins de 126 millions d'actions ont changé de main en cours de journée, soit cinq fois son volume moyen des 50 derniers jours. En entrevue au réseau américain CNBC, l'analyste en chef du secteur internet chez Goldman Sachs, Heath Terry, a convenu que les derniers événements « introduisent un niveau d'incertitude que nous n'avons encore jamais vu avec cette entreprise ».

Silence radio

Les deux plus hauts dirigeants de Facebook, le président et chef de la direction Mark Zuckerberg ainsi que la chef des opérations Sheryl Sandberg, étaient tous les deux toujours enfermés dans le mutisme au sujet de la controverse, hier. Selon l'entreprise, ils attendent de disposer de toute l'information nécessaire sur la façon dont les données ont été collectées et utilisées avant d'émettre leurs commentaires. Dans un communiqué de presse, Facebook s'est dite « scandalisée d'avoir été trompée » par l'utilisation de ses données.

L'action de Twitter chute après des menaces israéliennes

Twitter chutait lourdement hier à Wall Street alors que le gouvernement israélien réfléchirait à des « poursuites » contre le réseau social, cette nouvelle amplifiant le vent de scepticisme qui touche actuellement ce secteur en Bourse. Le titre a plongé de plus de 10 % à 31,35 $US, soit un creux de cinq semaines. La ministre de la Justice israélienne Ayelet Shaked a menacé hier de « poursuites » Twitter après que celui-ci a ignoré, d'après elle, des demandes de retrait de contenus incitant au terrorisme, selon des informations de presse aux États-Unis. Les organisations visées par la ministre israélienne sont principalement le Hamas et le Hezbollah. « À travers Twitter, ces organisations terroristes promeuvent la terreur et incitent à la violence », a affirmé la ministre citée par plusieurs médias, dont Bloomberg. - Agence France-Presse




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