Un casque, trois ambiances: silence, on danse!

Des gens dansent avec leurs écouteurs au festival... (PHOTO OLI SCARFF, ARCHIVES AFP)

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Des gens dansent avec leurs écouteurs au festival de Glastonbury, en juin dernier.

PHOTO OLI SCARFF, ARCHIVES AFP

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Anthony LUCAS
Agence France-Presse
PARIS

Des noctambules dansant sur des rythmes électros face à un DJ déchaîné. Cela semble être une scène classique de discothèque, mais avec une différence de taille: tout est silencieux et c'est dans un casque que les «clubbers» entendent la musique.

Alternative originale aux habituelles virées en boîte de nuit, les soirées silencieuses rassemblent de plus en plus d'adeptes, de San Francisco à Manille en passant par Londres, Paris, Amsterdam... et jusqu'à l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne ou la Suisse.

«Silent Party», «silent disco», «quiet clubbing», «soirées silencieuses», «soirées casques»: les appellations divergent, mais le concept est partout le même.

En Europe, les toutes premières soirées silencieuses sont nées au début des années 2000 aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne.

Samedi soir à Paris, une «Silence Station Night» doit rassembler près de 2500 personnes dans la gare du Nord, reconvertie pour une nuit en temple de l'électro silencieuse, après des fêtes du même type organisées cet été en plusieurs endroits en France, notamment à Lille (nord) et Besançon (est).

Deux avantages mis en avant par les promoteurs de ces soirées: aucun problème de voisinage à redouter; les participants décident sur quelle musique ils veulent danser en choisissant d'écouter l'un ou l'autre de plusieurs DJ qui mixent en même temps.

«C'est une nouvelle façon de faire la fête, une nouvelle expérience du clubbing», résume Melik Menacer, responsable de la communication de la soirée de la gare du Nord.

«Le casque, c'est un peu comme un masque, les gens ont l'impression d'être un peu déguisés», assure cet habitué des planchers de danse.

Même «la drague» devient, paraît-il, «moins lourdingue», le casque permettant de renouveler le genre en demandant l'air de rien à son [ou sa] voisin[e] ce qu'il est en train d'écouter...

«Le casque, ça désinhibe», confirme DJ Mum's, 41 ans, l'un des 11 DJ à l'affiche de la soirée de samedi, qui a déjà mixé dans plusieurs de telles soirées.

Pour les particuliers aussi 

«Parfois, j'enlève mon casque pour me payer une tranche de rigolade: on entend les gens chanter ou parler entre eux, ce qu'on n'entend pas d'habitude», s'amuse-t-il. Le casque crée aussi une relation plus personnelle entre le DJ et chaque danseur: «Les gens ont vraiment l'impression qu'on mixe pour eux», dit-il.

Autre scène inhabituelle par rapport à une discothèque classique: avoir 3 DJ mixant côte à côte sur scène des musiques différentes et se livrant à un match très amical pour tenter de séduire le maximum de gens sur le dancefloor.

Mum's aura notamment face à lui, samedi, Cut Killer, 44 ans, vedette des platines, mais novice des soirées silencieuses. «Techniquement, il va falloir que je m'adapte, ça va être une manière inédite de balancer du son», reconnaît Cut Killer, un peu stressé par le fait de devoir mixer sans entendre le retour de sa musique dans des enceintes.

«On n'a pas le gros son qu'on peut avoir avec des enceintes, c'est vrai, mais on a une meilleure précision sonore», le rassure DJ Mum's.

Diverses sociétés dans le monde se sont lancées sur le créneau des «soirées silencieuses».

Parmi elles, Silence Events, par exemple, propose ses casques HF (hautes fréquences) et dotés de plusieurs canaux pour accompagner d'autres événements: présentation lors de salons professionnels, soirées cinéma en plein air, etc.

Elle propose aussi à la location, comme d'autres de ses concurrentes, un kit avec émetteur et une cinquantaine de casques pour les particuliers souhaitant faire la fête sans gêner les voisins.

À Paris, pour la fête silencieuse de samedi soir, la compagnie des chemins de fer français (SNCF) met à disposition la gare du Nord de 23H30 à 05H00 du matin. Elle a prévenu qu'«aucun impact sur la circulation des trains» n'était prévu, puisque la fête «se déroulera après le dernier train et avant les premiers départs du dimanche matin».

À Londres, des soirées silencieuses ont déjà été organisées dans le passé dans diverses gares de la ville, Liverpool Street, Waterloo et Charing Cross.




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