Rumeurs sur WhatsApp: trois autres lynchages en Inde

Les rumeurs infondées, dont la diffusion est amplifiée... (Photo Dado Ruvic, archives Reuters)

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Les rumeurs infondées, dont la diffusion est amplifiée par les nouveaux moyens de communication numériques que les Indiens adoptent en masse, provoquent ces derniers temps des épisodes d'hystérie collective.

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Agence France-Presse
New Delhi

L'internet était coupé vendredi dans un petit État du nord-est de l'Inde au lendemain d'une nouvelle vague de lynchages liés à de fausses rumeurs, qui a coûté la vie à trois personnes.

Ces morts sont les dernières victimes en date de lynchages par la foule attribués à des fausses nouvelles sur la soi-disant présence de trafiquants d'enfants, messages qui se répandent comme une traînée de poudre sur la très populaire messagerie WhatsApp.

Ce phénomène a, à ce stade, tué au moins 25 personnes en un an dans cette nation d'Asie du Sud, selon une recension de la presse indienne.

«L'administration a décidé de couper internet et les services de messagerie mobile pour les 48 prochaines heures [...] pour arrêter la propagation de rumeurs», a déclaré à l'AFP Smriti Ranjan Das, porte-parole de la police de l'État à majorité tribale du Tripura.

Cette mesure, récurrente en situation de crise en Inde, fait suite à trois cas de lynchages survenus séparément jeudi dans la région.

Parmi les victimes figurent notamment un «chasseur de rumeurs» tué à Sabroom, à 100 km au sud de la capitale régionale Agartala.

Missionné par les autorités, Sukanta Chakraborty mettait justement en garde contre les fausses informations à l'aide d'un mégaphone lorsqu'il a été attaqué par des locaux à coups de bâtons et de briques. L'élément déclencheur de l'agression n'était pas clair, selon la police.

Le «chasseur de rumeurs» a péri sur le coup, et son chauffeur a été blessé dans ce passage à tabac qui a duré près d'une heure. «C'était une attaque brusque et vicieuse et ils n'ont pas eu le temps de s'échapper», a déclaré le policier Smriti Ranjan Das.

Quelques heures plus tôt, dans le district du Tripura occidental, un attroupement de près d'un millier de personnes s'en est pris à quatre marchands originaires d'Uttar Pradesh. Les soupçonnant d'être des ravisseurs d'enfants, les agresseurs ont tué l'un des membres du groupe et grièvement blessé les autres.

Pourchassés, les victimes s'étaient réfugiées dans une base paramilitaire. Mais la foule a pénétré dans l'enceinte, malgré les tirs de sommation des force de sécurité, et s'en est pris au véhicule et à ses occupants.

Des photos montraient leur van complètement démoli par les coups de bâtons et de barres de fer, les vitres pulvérisées. Un soldat a également subi de graves blessures.

Dans la même journée et le même district, une femme de 40 ans a également été battue à mort au nom pour des accusations similaires.

Les enlèvements d'enfants constituent un réel fléau en Inde, où près de 90 000 mineurs disparaissent chaque année.

Cependant, les rumeurs infondées, dont la diffusion est amplifiée par les nouveaux moyens de communication numériques que les Indiens adoptent en masse, provoquent ces derniers temps des épisodes d'hystérie collective.

Les victimes sont généralement des personnes étrangères à la zone où elles sont attaquées, et par là perçues comme de potentiels ravisseurs par les résidents.




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