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L'internet haute vitesse et une vaste couverture mobile en héritage du G7

Certains résidants de La Malbaie rapportent que leurs... (Photo Ryan Remiorz, Archives La Presse Canadienne)

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Certains résidants de La Malbaie rapportent que leurs proches établis dans des secteurs plus éloignés n'ont accès à l'internet que par ligne commutée.

Photo Ryan Remiorz, Archives La Presse Canadienne

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Giuseppe Valiante
La Presse Canadienne
Charlevoix

Lorsque les limousines, les agents de sécurité, les hélicoptères et les politiciens auront quitté Charlevoix après le 44e sommet annuel du G7, le mois prochain, la région profitera d'un grand legs technologique.

Le gouvernement fédéral alloue environ 15 millions en subventions à Bell Canada pour l'ajout de 13 tours de téléphonie cellulaire le long de la route qu'emprunteront les dirigeants du G7 à partir de l'aéroport de Bagotville, à Saguenay, jusqu'à leur hôtel, à La Malbaie.

Ottawa apporte un soutien supplémentaire de 6 millions à Bell pour l'installation de fibre optique autour de La Malbaie afin de mettre l'internet haute vitesse à la disposition des dirigeants et de leur entourage pendant la rencontre des 8 et 9 juin.

Après la conclusion du sommet, Bell continuera d'offrir une vitesse de téléchargement allant jusqu'à un gigabit par seconde à quelque 2500 résidences et entreprises - chose rare dans les villages et zones rurales du Québec.

Dans le relief montagneux de Charlevoix, une région pittoresque d'environ 30 000 habitants, longeant le fleuve Saint-Laurent à 150 kilomètres au nord-est de la ville de Québec, la couverture du réseau fait souvent défaut.

Et certains résidants de La Malbaie rapportent que leurs proches établis dans des secteurs plus éloignés n'ont accès à l'internet que par ligne commutée.

Le maire de La Malbaie, Michel Couturier, se réjouit que la région ait enfin droit à une couverture mobile fiable à l'extérieur de ses zones plus populeuses, de même qu'à un accès internet «de Formule 1».

Si ce n'était du G7, «il n'y aurait jamais eu de tours solitaires dans ces coins-là - ou peut-être juste dans quelques années», fait-il valoir.

Neuf des treize tours promises étaient déjà fonctionnelles en mai, selon la porte-parole du bureau de gestion du sommet à Affaires mondiales Canada, Alexandra Young.

La fibre optique de Bell aborde un problème majeur auquel sont confrontés les Québécois à l'extérieur des grandes villes: comment empêcher les jeunes de quitter les régions et comment les encourager à fonder leurs entreprises dans les communautés qui les ont vu grandir.

«Je ne peux pas vendre [un mode de vie] urbain», reconnaît Michel Couturier, le regard tourné vers les eaux du fleuve Saint-Laurent à travers la fenêtre de son bureau.

Mais pour un professionnel qui aime skier, faire du kayak de mer entouré de baleines et conclure la journée avec un feu de camp sur son terrain, il devient intéressant de s'installer à La Malbaie et d'y gagner sa vie par le biais des nouvelles technologies, souligne le maire.

«Il y a des gens qui rêvent de s'établir dans des milieux comme le nôtre, ajoute-t-il. De plus en plus, on voit une migration de gens qui décident qu'ils sont écoeurés de la ville, écoeurés d'élever des enfants sur un balcon.»

«Il faut leur donner les mêmes outils pour se réaliser ici qu'ailleurs», insiste-t-il.

L'accès à internet en milieu rural

Le gouvernement du Québec reconnaît le besoin criant d'infrastructures technologiques solides à l'extérieur des grands centres urbains pour freiner l'exode des nouvelles générations.

L'an dernier, le premier ministre Philippe Couillard a annoncé que son gouvernement injecterait 105 millions dans 82 projets visant à offrir l'internet haute vitesse à quelque 100 000 résidences, dans le cadre du programme «Québec branché».

Selon un porte-parole du ministère de l'Économie, ce programme a pour but d'offrir aux Québécois en milieu rural une vitesse de téléchargement d'au moins 5 mégabits par seconde. Pour 2021, cette cible passe à 50 mégabits par seconde.

Le gouvernement estime que près de 340 000 foyers québécois n'ont actuellement aucun accès à internet ou disposent seulement d'une connexion médiocre.

L'organisme sans but lucratif IHR Télécom compte parmi les entreprises qui aident le gouvernement à remplir ses engagements.

Son président, Patrick Bonvouloir, a récemment conclu une entente avec les autorités provinciales pour améliorer les vitesses de téléchargement dans la MRC de Brome-Missisquoi, dans les Cantons de l'Est.

«Généralement, les villes sont bien desservies par l'internet par câble, précise-t-il. Le coeur des villes est desservi, mais dès que l'on quitte la zone urbaine plus dense, on commence à rencontrer des problèmes.»

M. Bonvouloir indique que son entreprise garantit une vitesse de téléchargement de 5 à 125 mégabits par seconde, selon les besoins des clients - ce qui est relativement rapide, mais tout de même inférieur à ce qu'obtiendra La Malbaie.

Le directeur général de la municipalité régionale de comté, Robert Desmarais, affirme que près du quart des bâtiments de Brome-Missisquoi, la plupart en zone rurale, n'ont pas d'accès internet convenable.

Est-ce étonnant qu'une région si proche de Montréal n'ait toujours pas accès à l'internet haute vitesse en 2018?

«Absolument», dit-il.

Du côté de Charlevoix, le président de la chambre de commerce locale, Julien Dufour, applaudit l'arrivée des nouvelles stations cellulaires.

Celui qui travaille à Baie-Saint-Paul, où ne se rend pas l'internet haute vitesse par câble de Bell, n'est pas rongé de jalousie. Au contraire, il espère que la bonne fortune de La Malbaie aura un effet «boule de neige».




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