2016, une année marquée par l'essor de la réalité virtuelle

Une femme essaie le système de réalité virtuelle... (AFP)

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Une femme essaie le système de réalité virtuelle de Google Daydream View lors de l'ouverture d'une boutique éphémère à New York.

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Victoria Ahearn
La Presse Canadienne
TORONTO

La réalité virtuelle, une technologie qui pouvait paraître, il n'y a pas si longtemps, futuriste et inaccessible, est aujourd'hui plus qu'un champ d'expérimentation, et le Canada n'est pas en reste - même son premier ministre, Justin Trudeau, peut être vu dans un récent projet d'expérience immersive.

Brouillant les frontières entre le réel et le virtuel, cette technologie permet au public d'être transporté dans un environnement qui lui est souvent étranger, et peut même être l'occasion de se retrouver en compagnie du premier ministre canadien.

C'est ce que permet le documentaire Cut-Off, une immersion à 360 degrés dans la réalité d'une petite communauté autochtone isolée, Shoal Lake 40, située à la frontière de l'Ontario et du Manitoba.

On peut y voir Justin Trudeau avec des résidants de cette localité, énoncer notamment ses promesses aux peuples autochtones.

En appuyant sur un bouton, le spectateur se retrouve en présence de ce groupe et n'a qu'à tourner la tête pour mieux observer chacun aborder, tour à tour, autant d'enjeux qui les touchent comme l'épidémie de suicides chez les jeunes des Premières nations, les problèmes d'infrastructure et d'approvisionnement en eau potable.

Cette expérience immersive - produite par Vice - est l'un des nombreux projets cinématographiques de réalité virtuelle qui ont vu le jour en 2016.

Des réalisateurs aussi reconnus que Kathryn Bigelow, Doug Liman - connu pour The Bourne Identity - et, au Canada, Deepa Mehta, prennent le pas de cette technologie.

Le réalisateur québécois Denis Villeneuve entend également adapter son film à venir, Blade Runner 2049, dans une version en réalité virtuelle.

Selon Loc Dao, qui est directeur exécutif de la programmation et de la production des studios interactifs de l'Office national du film du Canada, on assiste présentement à la «deuxième vague» de l'essor de la réalité virtuelle.

La phase «expérimentale», qui s'est déroulée «en silence» au courant des dernières années est passée, explique-t-il, et les spécialistes sont aujourd'hui prêts à dévoiler leurs réalisations au grand jour.

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, a investi massivement dans cette technologie en faisant l'acquisition d'Oculus, une entreprise qui fabrique des écouteurs, pour la somme de 2 milliards $ US en mars 2014. Les écouteurs-casques de cette marque conçus pour la réalité virtuelle se vendent 849$.

Des modèles plus abordables se font aussi sous la marque Samsung. Un appareil qui coûte 99$ fonctionne en tandem avec un téléphone intelligent de la même marque et qui permet la visualisation du contenu de réalité virtuelle.

Google, Sony et d'autres compagnies conçoivent des produits qui fonctionnent sensiblement de la même façon. L'utilisateur n'a qu'à enfiler des lunettes de réalité virtuelle et il se met à voir des enregistrements vidéo qui répondent aux mouvements de tête qu'il fait en temps réel.

En tant qu'outil de mise en récit, la réalité virtuelle procure une expérience intimiste et viscérale sans nul pareil, fait valoir le réalisateur Thomas Wallner, fondateur et directeur général de la société DEEP, établie à Toronto.

«La distance entre l'observateur et ce qu'il observe est, pour la première fois dans l'histoire des médias, complètement éliminée. Cela veut dire que vous ne regardez pas un film qui est extérieur à vous; vous faites maintenant partie de ce film et ça suscite un sentiment tout spécial», expose-t-il.

Lorsqu'ils visionnent un documentaire, les spectateurs sont d'autant plus emmenés à éprouver de l'empathie et à mieux comprendre un enjeu et ses tenants et aboutissants, estime de son côté le chef de contenu pour Vice, Patrick McGuire, qui a été producteur de Cut-Off.

«Si tu regardes un film sur un écran de télévision, tu peux détourner le regard et porter attention plutôt à la pièce dans laquelle tu te trouves ou à l'ami qui est assis sur le canapé avec toi», explique-t-il, ajoutant qu'une telle chose n'est pas possible avec la réalité virtuelle.

Plusieurs films qui mettent de l'avant cette technologie ont été diffusés au cours de nombreux festivals de renommée internationale, tels que la Mostra de Venise qui a projeté Jesus Vr - The Story of Christ, un projet auquel a participé la maison de production torontoise Autumn.

De son côté, le Festival international du film de Toronto (TIFF) propose désormais un programme «POP VR» qui met en scène des projets de réalité virtuelle. L'initiative a été «un énorme succès», s'enthousiasme le directeur artistique de l'événement, Cameron Bailey.

«Je pense que nous en sommes encore aux premiers jours (de la réalité virtuelle). Je pense qu'il y a beaucoup de possibilités», dit-il.

Parmi les projets de réalité virtuelle attendus en 2017 figure notamment le documentaire de huit minutes The Protectors : Walk in the Ranger's Shoes, de Kathryn Bigelow, qui sera projeté en ouverture du festival Tribeca, en avril.

Kathryn Bigelow a été récompensée aux Oscars pour son film The Hurt Locker.




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