Satya Nadella tente de dépoussiérer l'image de Microsoft

Beaucoup des produits présentés depuis l'arrivée de Satya... (PHOTO ROBERT GALBRAITH, ARCHIVES REUTERS)

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Beaucoup des produits présentés depuis l'arrivée de Satya Nadella étaient en préparation depuis plusieurs années, mais ils ont contribué à l'image de dynamisme qu'entend véhiculer le nouveau patron.

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Sophie ESTIENNE
Agence France-Presse
NEW YORK

Démodé et dépassé Microsoft? Satya Nadella tente de prouver le contraire depuis un an à la tête du mastodonte informatique américain.

«Il n'a pas réglé tous les problèmes, mais il a pris des mesures allant dans la bonne direction sur le plan stratégique», résume à l'AFP J.P. Gownder, un analyste du cabinet Forrester.

Satya Nadella vient de fêter son premier anniversaire à la direction générale, où il a remplacé Steve Ballmer avec la mission de redonner à Microsoft son lustre de la grande époque du PC, avant qu'il ne rate le virage du mobile et cède les premières loges à Apple et Google.

Beaucoup des produits présentés depuis son arrivée étaient en préparation depuis plusieurs années, mais ils ont contribué à l'image de dynamisme qu'entend véhiculer le nouveau patron.

Le «changement de culture» promis s'est symbolisé notamment par deux produits: Office pour iPad, une application qui ouvrait pour la première fois les logiciels de bureautique Microsoft à l'écosystème du rival Apple; et HoloLens, un prototype de lunettes de réalité augmentée qui a marqué pour beaucoup d'observateurs le retour de l'innovation chez Microsoft.

Word, Excel, PowerPoint, Outlook... ne sont plus aujourd'hui réservés à Windows, le système d'exploitation de Microsoft, mais existent aussi en versions compatibles pour iOS et Android, les systèmes concurrents d'Apple et Google.

«Une mesure sage», selon J.P. Gownder, car «quand on a des logiciels, on doit les faire fonctionner là où sont les consommateurs», et pas «les utiliser comme une arme dans la guerre des systèmes d'exploitation».

Les HoloLens ont elles redonné un côté «cool» à Microsoft, un message positif vers les développeurs jusqu'ici plus enclins à concevoir des applications pour iOS et Android.

Améliorer sa popularité auprès des jeunes et des développeurs, c'était aussi l'un des paris du rachat en septembre du jeu vidéo Minecraft, apprécié tant des enfants que des joueurs chevronnés.

Couacs

«Microsoft est une entreprise différente maintenant», qui «ne fait plus d'erreurs stupides», comme quand il a ignoré la montée des appareils mobiles, affirme Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research.

La nouvelle ère Nadella a quand même connu quelques gaffes, comme ses déclarations maladroites sur le «bon karma» des femmes ne demandant pas d'augmentation de salaire.

Il a aussi annoncé l'an dernier le plus grand plan social de l'histoire du groupe: 18 000 suppressions d'emplois, soit 14 % des effectifs mondiaux, justifiées par la volonté de simplifier l'organisation interne et par l'intégration du fabricant de téléphones Nokia.

L'accueil initialement favorable à Wall Street s'est pour sa part un peu rafraîchi ces dernières semaines.

L'action Microsoft avait grimpé de 36 % entre l'arrivée de Satya Nadella et mi-novembre, où Microsoft a même détrôné provisoirement ExxonMobil comme deuxième capitalisation boursière mondiale derrière Apple.

La moitié des gains ont été reperdus depuis, en grande partie quand les derniers résultats trimestriels ont montré un recul de 13 % des revenus tirés des ventes de licences Windows.

«Les investisseurs ont récompensé Microsoft prématurément», juge Trip Chowdhry.

Pour lui, «cette [première] année a été une année de réinvention et de changement de stratégie», tandis que 2015 devrait commencer à montrer «des progrès sur des initiatives comme le mobile ou le nuage», les services dématérialisés en ligne.

Nuage et mobile

«Le nuage et le mobile d'abord», c'est en effet le mantra de Satya Nadella depuis son arrivée.

Le pari sur le nuage paye déjà, avec de bonnes performances dans les produits pour entreprises comme la plateforme Azure.

Microsoft poursuit aussi sa transition vers l'offre de logiciels non plus sur supports physiques (disquettes puis CD), mais sur abonnement en ligne. Elle est saluée par les analystes même si elle crée pour l'instant «un degré de turbulences» car les nouveaux revenus sont plus réguliers, mais les prix unitaires moins élevés, relève Colin Gillis chez BGC.

Côté mobile, Microsoft espère réparer cette année les erreurs commises en 2012 avec Windows 8. La prochaine version du système d'exploitation, Windows 10, ambitionne de s'adapter aux ordinateurs comme aux téléphones intelligents et aux tablettes, au grand public comme aux entreprises, et permettra aux développeurs de concevoir des applications compatibles avec l'ensemble de ces appareils.

C'est «la meilleure chance pour Microsoft de revenir dans le jeu dans le mobile», estime J.P. Gownder.




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