Les agents immobiliers plongent dans l'ère du numérique

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Selon le président du réseau d'agences immobilières Era, la technologie doit aider l'agent à vendre ou à décrocher un mandat exclusif.

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Rebecca FRASQUET
Agence France-Presse
PARIS

Bientôt révolues les photos fanées ou à contre-jour, de salons de maisons à vendre, en vitrine des agences immobilières? Des États-Unis à l'Asie, entre géolocalisation et chat, la technologie dépoussière le métier d'agent immobilier.

«La technologie? Elle doit vous aider soit à vendre, soit à décrocher un mandat exclusif. Le reste on s'en fout, c'est de la littérature», résume François Gagnon, président d'Era Europe et d'Era France, un réseau d'agences immobilières d'origine américaine.

Lors du 2e salon RENT des nouvelles technologies pour l'immobilier, organisé mercredi et jeudi à Paris, il a présenté aux professionnels dix innovations utilisées dans son réseau, qui compte 2400 agences dans 35 pays.

Parmi elles, des logiciels conçus pour faciliter le travail des agents immobiliers.

Au Portugal, ceux-ci saisissent les critères de recherche d'un acheteur: dès qu'un bien susceptible de lui convenir fait l'objet d'un mandat de vente au sein du réseau, ils sont automatiquement alertés.

Et si les critères de l'acheteur changent (il veut un 3 pièces et plus un 2 pièces), il réactualise lui-même sa fiche et le logiciel en avertit le négociateur par courriel.

Sur chaque fiche individualisée, une photo de l'acquéreur ou du vendeur, glanée sur «son profil Facebook» donne au tout un côté convivial, assure-t-on chez Era, à l'instar du mail de «Joyeux Anniversaire», agrémenté d'une photo de l'agent et de ses collaborateurs, envoyé automatiquement aux clients.

Mais «le logiciel ne se substitue pas à la relation client», avertit M. Gagnon. Comment faire admettre à un client une baisse du prix de la maison qu'il a mise en vente, sans «relation humaine» avec lui ? «Pas question de lui dire: 'Mais je vous ai envoyé quinze courriels à ce sujet!'« Ainsi en Belgique, les agences font-elles remplir à leurs clients un questionnaire en ligne, très différent coté flamand et côté wallon: plus «technophiles» selon Era, les premiers répondent sans protester à une quinzaine de questions quand les francophones... se lassent au bout de deux.

Des différences culturelles à respecter dans l'usage de la technologie, souligne M. Gagnon.

«Ambiance cosy» et vidéos kitsch 

Ainsi les Japonais, très friands de technologie, sont-ils contactés via le site de partage de vidéos YouTube et des réseaux sociaux mondiaux tels Facebook, mais aussi locaux, comme Line et Mixi.

Et à Singapour où de nouveaux programmes immobiliers sortent de terre chaque mois, les promoteurs confient leur commercialisation aux agents immobiliers, qui disposent d'applications «mises à jour en temps réel».

Ce «contact permanent» se décline aux États-Unis sous forme d'un chat en ligne, intégré au site internet de l'agence immobilière. Et grâce à la géolocalisation, tout acheteur potentiel repère les biens pour lesquels l'agent détient un mandat de vente exclusif, dans le quartier de son choix.

«En France, l'agent immobilier met parfois deux jours à rappeler un acheteur: là il reçoit un texto dans les 5 minutes. Selon une étude, vous avez alors 80% de chances de conclure l'affaire. Au bout d'une heure, ces chances sont minimes», affirme M. Gagnon.

Aussi, dans une agence Era de Caroline du Nord, un café a été créé: un espace où les clients consultent les annonces, sur tablette ou téléphone intelligent, dans un cadre agréable.

Tenue de soirée, brushing impeccable et bijoux, la directrice d'agence Denise Strother, se met en scène dans des vidéos intitulées «Portes ouvertes avec Denise», présentant de cossues maisons à vendre.

Dans l'assistance, des rires fusent: l'esthétique kitsch rappelle la célèbre série TV des années 80, «Dallas».

«D'accord, c'est un truc très américain, mais ne pourrait-on pas l'adapter avec plus de culture et de sophistication, à la France ?», demande M. Gagnon.

En revanche l'arrivée dans l'Hexagone, d'ici «trois à cinq ans», de la transmission numérisée des documents, sécurisée par la société DocuSign, paraît inéluctable.

Elle permet déjà à un acheteur, rapporte Cyril Maurel, directeur informatique d'Era France, de boucler une transaction à New York... sans quitter la Floride.




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